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Genre des termes médicaux

Le genre n’est pas le sexe, et le genre du mot qui désigne une fonction ne devrait pas être lié au sexe (au genre) de la personne qui exerce cette fonction.


Comme tous les mots de la langue française, ceux que l’on emploie en médecine sont soit masculins, soit féminins, sans qu’aucune logique ne permette de s’y retrouver si on ne connaît pas le genre du mot que l’on souhaite employer.

Il existe au moins un exemple de mot médical qui est, au choix, masculin ou féminin, c’est le mot « alvéole », qui désigne l’unité de base du poumon.


Inversions de genre

Certaines inversions de genre sont très fréquentes, comme de mettre « appendice » au féminin. Une autre erreur extrêmement fréquente concerne le mot « testicule ». La plupart des patients disent, par exemple : « j’ai mal à la testicule droite ». Cela m’a toujours intrigué, et, en y réfléchissant,  je suis arrivé à la conclusion que si les patients se trompent si souvent, c’est parce que la quasi-totalité des synonymes de testicule, argotiques ou pas, sont féminins, à l’exception notable de « rouston ». Essayez avec ceux que vous connaissez, et vous vérifierez que c’est vrai.

A propos de testicule, notons que les mots qui se terminent par « cule »  sont soit masculins, comme diverticule ou ventricule, soit féminins comme clavicule ou vésicule...

Mots comportant un suffixe

Nombre de mots médicaux finissent par un suffixe, qui indique alors le genre du mot. C’est ainsi que tous les mots qui se terminent par « ite », comme « otite », sont féminins, de même que ceux qui se terminent par « ose » ou « pathie ».

Anesthésie péridurale

Adjectif comme substantif (adjectif substantivé)

Quand on emploie un adjectif comme substantif, en élisant ce dernier, le genre est celui du substantif absent : on dit une « péridurale », parce qu’il s’agit en fait d’une anesthésie péridurale.

Genre des abréviations

Le genre d’une abréviation est toujours celui du premier mot abrégé : un ASP pour abdomen sans préparation, un ECBU pour examen cytobactériologique des urines, mais une CBU pour cytobactériologie urinaire.

Bizarreries de la langue française

Rappelons que dans la langue française, au moins trois mots sont masculins au singulier, et féminins au pluriel : amour(s), orgue(s) et délice(s). ). Pour l’orgue, c’est encore plus complexe, puisque l’on dit « les grandes orgues (féminin) » pour parler d’un instrument, et « les différents orgues (masculin) » pour désigner plusieurs instruments.

Titres et fonctions

Genre des mots médicaux

En ce qui concerne le genre des mots désignant des fonctions ou des titres, la tendance actuelle est, sous l’influence du « politiquement correct », de féminiser ces mots quand le titulaire du titre ou de la fonction en question est une femme : « auteure », « professeure » me semblent absurdes, d’autant qu’aucun mot masculin finissant par « teur » ou « sseur » ne donne « teure » ou « sseure » au féminin (cherchez bien, vous n’en trouverez aucun). Cependant, auteure et professeure se sont imposées, et même autrice, que l’on entend de plus en plus. Il semble que l’on ait même adopté « docteure » à la place de « doctoresse ».

Dans le même ordre d’idée, en France on s’adresse au président d’un tribunal en lui disant « Monsieur le Président », et à un juge on dira « Monsieur le Juge ». La question de savoir si, au féminin, on doit dire « Madame le Président » ou « Madame la Présidente » semble tranchée au profit de « Madame la Présidente ». Pour les juges, l’affaire semble également jugée, puisque, dorénavant, il convient de dire « Madame la Juge ». Mais, pour une femme exerçant la fonction de substitut, c’est plus difficile : Madame la Substitut ou Mme la Substitute ? Je ne sais pas vraiment…

Il convient cependant de différencier le titre et la fonction : quand on emploie le mot docteur, selon les circonstances il désignera soit une fonction, et on pourra le féminiser (docteure, doctoresse), soit un titre, et, dans ce cas, il est possible de garder le masculin : Mme le Docteur Unetelle.

Genre et sexe. Théorie du genre

Rappelons ici la différence individuelle entre genre et sexe chez l’être humain : un être humain peut être de sexe masculin, et c’est un mâle, ou de sexe féminin, et c’est une femelle. C’est la nature qui décide en fonction de l’attribution des gonosomes X et Y. Une femelle est XX, un mâle XY, et cela est vrai pour  pratiquement l’ensemble du règne animal. Les organes sexuels sont liés à cette détermination : testicules et pénis pour le mâle XY, ovaires et utérus pour la femelle XX. À ces deux sexes il faut adjoindre quelques anomalies chromosomiques portant sur les gonosomes, qui font qu’il peut être difficile de savoir si l’on a affaire à un mâle ou à une femelle.

Le genre, quant à lui, est culturel, et se traduit par les mots homme et femme. Habituellement, à partir de la puberté, une femelle devient une femme, et un mâle un homme, en grande partie sous l’influence de l’éducation et des traditions culturelles. Mais certains individus de sexe masculin se sentent de genre féminin, et d’autres, de sexe féminin, se sentent de genre masculin au plus profond de leur être. Ces individus optent parfois pour le changement de sexe, de manière à mettre en concordance genre et sexe. Tout ceci fait le lit des « gender studies » (les études de genre), qui font régulièrement polémique.

Le nom qui désigne une fonction a un genre, mais pas de sexe. Dans l’armée, il n’y a eu, pendant des siècles, que des hommes ; et, pourtant, on a toujours dit « une sentinelle ». Même chose pour la marine et « la vigie ». Quant au mot « personne », qui est féminin, il désigne aussi bien un homme qu’une femme. En ce qui concerne mot « individu », masculin, il désigne là encore aussi bien un homme qu’une femme. Un ensemble de gens,  personnes (féminin) ou individus (masculin) forme une population (féminin) ou un peuple (masculin). Alors ?...

Mots désignant un ensemble de personnes

Militant

 De même, certains mots désignent un ensemble de personnes, sans tenir compte du sexe des membres qui constituent ce groupe : les Français, c’est l’ensemble du peuple français, que ce soit des hommes, des femmes, des enfants ou des transgenres ; les militants, c’est l’ensemble des gens qui militent au sein d’un parti. C’est pourquoi je trouve assommante cette habitude très « politiquement correcte » qu’ont les hommes politiques (ce qui inclue, bien évidemment, les femmes politiques), de commencer leurs discours par « Françaises, Français », ou «  militantes, militants ». Un humoriste célèbre, (était-ce Pierre Desproges ?) rajoutait « camarades, camarades »… Le président actuel, Emmanuel Macron, est un adepte fervent de cette façon de parler, lui qui truffe ses phrases de « celles et ceux »…

Infirmière et sage-femme. Maïeuticien

Deux mots me posent problème : « infirmière » et « sage-femme ». Pour le second, bien que cette profession soit essentiellement féminine, il existe quelques hommes qui l’exercent, mais, à ma connaissance, on les appelle « sages-femmes », ce qui est un peu troublant. On peut, pour tourner la difficulté, les affubler du vocable de « maïeuticien », ce qui règle le problème. Mais on peut alors se demander pourquoi les sages-femmes ne se feraient pas appeler maïeuticiennes.

Infirmière

En ce qui concerne « infirmière », cette profession est de plus en plus souvent mixte, et on dit, bien évidemment « un  infirmier » pour désigner un homme qui exerce ce beau métier. La difficulté commence quand on utilise « infirmière » pour désigner l’ensemble de la profession, comme dans l’expression « école d’infirmières ». Faut-il dire « école d’infirmiers et d’infirmières », ce qui est tout de même un peu long à énoncer ? (on peut contourner la difficulté en utilisant l’expression actuelle « Institut de Formation en Soins

Infirmiers », autrement dit IFSI).

Fidèle à ma logique, j’utilise dans ce cas le féminin, car ce qui est vrai pour un mot masculin désignant un groupe doit l’être aussi pour un mot féminin.

A l’époque où les « gender studies » (théorie du genre), chères à Judith Butler, font polémique à l’Education Nationale, j’assume le risque de me faire mal voir par les tenants de cette idéologie qui nous vient tout droit des Etats-Unis.

 

Fratrie, fraternel, fraternité

Dans le droit fil de ce qui vient d’être dit, parlons de fratrie et de fraternité. Une fratrie, c’est l’ensemble des individus (ou des personnes) qui ont en commun au moins un parent, qu’il s’agisse de garçons ou de filles, de femmes ou d’hommes. Ils sont censés avoir des rapports fraternels, c’est-à-dire se soutenir comme doivent le faire (du moins en principe) des frères et des sœurs. Si l’on étend la notion de fratrie à toute une population particulière (la française par exemple), voire à l’ensemble de l’humanité, la façon de bien se comporter les uns envers les autres porte le beau nom de fraternité. C’est pourquoi il est totalement absurde d’avoir créé cet horrible néologisme, la sororité. Cela voudrait dire, si l’on pousse le raisonnement à l’absurde, que la fraternité ne concernerait que les hommes, la sororité que les femmes ; dans ce cas, comment s’appellerait la solidarité entre hommes et femmes ? Et que deviendrait notre fière devise nationale ?

Confrère, consœur et confraternité

Le même raisonnement peut s’appliquer à la confraternité. En théorie, deux médecins sont des confrères, quel que soit leur sexe. Cependant, il est admis qu’un confrère de sexe féminin soit une consœur (mot que, pour ma part, je n’aime pas, on l’aura compris). Mais cela n’empêche pas tout ce petit monde de respecter la confraternité, y compris quand les deux protagonistes sont des femmes. En aucun cas, la confraternité entre femmes ne relèverait d’une quelconque « consororité ».

Singulier ou pluriel

Certains termes médicaux, notamment ceux qui désignent des symptômes, s’emploient, en règle générale, soit toujours au singulier, soit toujours au pluriel : la constipation, la diarrhée (et non pas des diarrhées, comme on l’entend souvent), la migraine, le pyrosis ; à l’inverse, les nausées, les vomissements, les règles. Pour la défécation, on va « à la selle » pour y évacuer « des selles ». 

L'écriture inclusive

Toutes ces polémiques ont abouti à la création, très controversée, de l’écriture dite inclusive (elle inclut tout le monde, et n’exclut personne). L’écriture inclusive et le langage épicène sont des langages non genrés, contrairement au langage habituel, qui, comme chacun le sait,  privilégie le masculin. Il s’agit, dans l’esprit des promoteurs de ces langages non genrés, de mettre fin à la supposée hiérarchie des genres (selon laquelle, en grammaire, « le masculin l’emporte sur le féminin »), et mettre tout le monde sur un pied d’égalité.

L’écriture inclusive repose sur trois grands principes :

  • L’accord des grades, fonctions, métiers et titres avec le genre de la personne qui l’occupe (une autrice, une maire…). Cela ne pose guère de problème, et est en passe d’être adopté par tout le monde.
  • L’abandon de la règle qui veut que, sur le plan grammatical, le masculin l’emporte sur le féminin, en écrivant, par exemple : les électeur.rice.s. Mais qu’en est-il s’il faut accorder ce néologisme avec un adjectif ? Doit-on écrire les électeur.rice.s sont changeant.e.s ? Et comment faut-il le prononcer ?
  • Chaque fois que c’est possible, la suppression de la dichotomie femme/homme en usant d’un subterfuge. Exemple : droits humains plutôt que droits de l’homme (et de la femme). Les Québécois ont adopté « droits de la personne », en négligeant le fait que le mot personne est féminin. Notons qu’en écrivant femme/homme, je ne fais que respecter l’ordre alphabétique, et pas une supposée prééminence des femmes sur les hommes (comme le voudrait la galanterie, valeur bien dévaluée, notamment par les féministes).

Toutes ces polémiques me semblent absurdes, et j’ai du mal à comprendre qu’une règle de grammaire (le masculin l’emporte sur le féminin), même s’il est avéré qu’elle a été établie il y a plusieurs siècles pour valoriser le genre masculin, puisse être perçue de nos jours comme sexiste. Ce qui me semble sexiste, c’est précisément de dire « les Françaises et les Français » en parlant des personnes de nationalité française, puisque, en procédant de la sorte, on commence par les discriminer selon leur genre. Notons enfin que ce type de formulation énonce toujours en premier les femmes, ce qui n’a aucune justification grammaticale. On peut en conclure que, même quand on veut mettre tout le monde sur le même pied d’égalité, on est bien obligé de faire des choix qui peuvent paraître discriminatoires ! Les antiféministes en feront ils un combat ? J’en doute…

Rappelons pour terminer que le gouvernement d’Edouard Philippe n’a pas autorisé l’introduction de l’écriture inclusive dans les textes officiels.

Article publié le 21 mai 2018

 

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