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Installation

Avec son diplôme en poche, un jeune médecin peut choisir de s’installer.


Lorsqu’un jeune médecin a fini ses études médicales, sanctionnées par la soutenance de sa thèse, il a le choix théorique entre une carrière hospitalière ou une installation libérale, et cela quelle que soit sa spécialité médicale (je rappelle que la médecine générale est devenue aussi une spécialité).


Choix de carrière

Déserts médicaux

Dans le premier cas, il ne connaitra jamais que la médecine hospitalière. Dans le second cas, il se frottera aux dures réalités de la médecine libérale.

 Il existe cependant pour ce jeune médecin une troisième option, qui consiste à être remplaçant pendant une période plus ou moins longue de sa carrière. Cela devient de plus en plus fréquent dans certaines spécialités, comme la radiologie ou l’anesthésie. Le manque de médecins rend les tarifs des remplaçants de plus en plus élevés, ce qui amène à une situation tout-à-fait paradoxale : il est possible, pour un remplaçant, de gagner sa vie aussi bien, voire mieux, qu’un titulaire, tout en travaillant à mi-temps, et cela sans aucun risque financier comme dans le privé,  ni aucune contrainte administrative comme dans le public ! On qualifie souvent ces remplacements professionnels de « mercenaires », et ce n’est pas exactement une amabilité.

Modalités d’installation

Revenons à notre jeune médecin qui souhaite s’installer en libéral, espèce largement en voie de disparition. Les modalités d’installation dépendent évidemment de la discipline exercée : clinique privée pour les disciplines techniques, cabinet de groupe de spécialistes ou de généralistes, maison médicale polyvalente, regroupant divers professionnels de santé, voire, cas de plus en plus rare, installation solitaire, à l’ancienne.

 Le jeune médecin aura également le choix de succéder à un médecin partant en retraite, ou de créer son propre cabinet, puisqu’il n’y a pas, en médecine libérale, de numerus clausus pour l’installation, comme il y en a pour les pharmaciens ou les notaires (le numerus clausus dont on parle tant pour la médecine ne concerne que les étudiants en médecine, autrement dit les futurs médecins).

Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins (CDOM), CPAM et URSSAF

Conseil de l'Ordre

Pour s’installer, le jeune médecin devra s’inscrire au Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins (c’est obligatoire pour tous les médecins, quel que soit leur mode d’exercice), se faire connaître de la CPAM dont il dépend, notamment pour choisir son secteur d’activité (secteur 1 à honoraires conventionnés, ou secteur 2 à honoraires dits libres), ainsi que de l’URSSAF, qui ne manquera pas de lui réclamer très vite sa première cotisation. L’URSSAF est une institution qui ne plaisante pas avec le moindre retard de paiement !

Quand un médecin s’installe, l’expression consacrée veut qu’il ait « vissé sa plaque », celle-ci lui permettant une certaine visibilité pour la patientèle potentielle qui passe devant le cabinet (on disait autrefois clientèle, mais ce n’est plus tout-à-fait politiquement correct).

CPAM

Arrangement financier entre arrivant et partant 

Dernier point : autrefois, lorsqu’il n’y avait pas de pénurie de médecins, il existait un arrangement financier entre le médecin partant en retraite et le jeune médecin lui succédant. Cette somme d’argent, évaluée d’après l’importance de l’activité, s’appelait officiellement et très hypocritement « droit à présentation de clientèle », puisque, la médecine n’étant pas un commerce, on ne pouvait pas vendre une clientèle. En contrepartie du paiement de cette somme, le médecin partant en retraite informait ses patients qu’il avait un successeur avec qui ils pourraient continuer à se faire soigner. Actuellement, non seulement un médecin partant en retraite a peu de chances de monnayer la cession de sa clientèle, mais encore il aura souvent les pires difficultés à trouver un successeur, surtout s’il exerce dans un de ces fameux « déserts médicaux » dont on parle tant.

URSSAF

Retraite des médecins et remplacement

Le fait que les clientèles ne se revendent quasiment plus explique un phénomène nouveau : de nombreux spécialistes libéraux, en particulier des chirurgiens ou des anesthésistes, font des remplacements une fois retraités, pas seulement parce qu’il est difficile d’arrêter brusquement d’exercer un métier passionnant, mais parce qu’il leur faut payer, du moins la première année de leur retraite, les charges inhérentes à leur dernière année d’activité : impôts et charges sociales ; naguère, la cession de leur activité à leur successeur y pourvoyait. On voit également, à l’hôpital, de plus en plus de médecins qui acceptent de cumuler retraite et activité professionnelle, pour éviter la fermeture de leur Service faute de médecins pour prendre leur suite.

 Dur métier que celui de médecin ; heureusement que c’est passionnant !

Article publié le 18 septembre 2017

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