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Endocrine / Exocrine

Endocrine et exocrine sont deux adjectifs antonymes relatifs au  mode de sécrétion d’une substance ou d’une glande : endocrine quand la substance produite par la glande se déverse dans le sang ; exocrine dans le cas contraire. 


Prenons l’exemple du pancréas, qui est  une glande mixte,  à la fois exocrine et endocrine. Il secrète, entre autres hormones, de l’insuline, hormone destinée à la régulation de la glycémie ; à ce titre, le pancréas est une glande endocrine, et l’insuline est une sécrétion endocrine du pancréas. Mais il déverse aussi dans le duodénum une sécrétion exocrine, destinée à la digestion des aliments ; à ce titre, le pancréas est une glande digestive exocrine, et le suc pancréatique représente la sécrétion exocrine du pancréas.


Endocrine et exocrine

Une substance endocrine, produite par une glande endocrine, se caractérise donc par le fait d’être sécrétée directement dans le sang, et plus précisément dans le système veineux dépendant de la glande endocrine en question. L’adjectif endocrine donne un adjectif dérivé, endocrinien, qui qualifie notamment le système qui regroupe l’ensemble des glandes endocrines.Pancréas

Au contraire, une glande exocrine expulse, par son canal excréteur,  son produit de sécrétion à l’extérieur, soit directement au niveau cutané, soit via le tube digestif ou l’appareil respiratoire.

Parmi les glandes exocrines, on peut citer les glandes sudoripares et sébacées, les glandes salivaires et mammaires, le pancréas déjà cité en exemple.

Glande mammaireSelon le mode de sécrétion de leur production, on distingue, parmi les glandes exocrines, des glandes mérocrines comme le pancréas, des glandes holocrines comme les glandes sébacées, des glandes apocrines comme la glande mammaire, et enfin des glandes eccrines, comme la majorité des glandes sudoripares.

Il existe enfin des glandes amphicrines, dans lesquelles les fonctions endocrine et exocrine sont réunies dans la même cellule, comme le foie, mais pas comme le pancréas : les deux types de sécrétions sont assurés par des cellules différentes (les îlots de Langerhans pour la production hormonale).

Endogène et exogène

On veillera à ne pas confondre le couple d’adjectifs antonymes endocrine et exocrine avec un autre couple d’adjectifs antonymes, de sonorité proche mais de sens très différent : endogène et exogène. Exogène qualifie ce qui est extérieur à l’organisme, et endogène ce qui est intérieur. On parlera par exemple d’une cause exogène pour une maladie, et d’une sécrétion endogène pour qualifier la production d’une hormone.

On notera que le mot exogénose est réservé à l’alcoolisme chronique.

Système endocrinien et hormones

Les glandes endocrines fabriquent des hormones ; elles forment un système autorégulé par rétrocontrôle (feedback), le système endocrinien.Axe hypothalamo-hypophysaire

Le « chef d’orchestre » du système endocrinien se trouve dans le cerveau : c’est l’hypothalamus, qui assure la connexion entre le système nerveux et le système endocrinien proprement dit ; toutes les glandes endocrines qui le composent sont sous la dépendance de l’une d’elles,  l’hypophyse, située en dessous de l’hypothalamus : c’est le complexe hypothalamo-hypophysaire.

L’hypothalamus secrète des libérines (en anglais releasing hormone, ou RH). Ces libérines agissent positivement ou négativement sur la production de stimulines par l’hypophyse, qui comporte deux parties : l’antéhypophyse et la posthypophyse.

Sous l’effet des stimulines hypophysaires, les hormones sont sécrétées soit par les glandes exclusivement endocrines, soit par des cellules endocrines situées dans d’autres organes, notamment le tube digestif, comme l’estomac (qui fabrique la gastrine), les cellules du système APUD de l’intestin, le pancréas (qui synthétise l’insuline, le glucagon et la somatostatine). Les gonades (ovaires et testicules) sont à la fois des organes reproducteurs et des glandes endocrines (qui synthétisent la testostérone pour les testicules, l’œstrogène et la progestérone pour les ovaires). Le foie (angiotensine notamment) et les reins (EPO et rénine) ont également une fonction endocrine.Thyroïde

Les glandes exclusivement endocrines sont (par ordre alphabétique) : l’épiphyse (mélatonine), les parathyroïdes (parathormone), les surrénales (adrénaline et noradrénaline pour la médullosurrénale, DHEA, aldostérone et cortisol pour la corticosurrénale), le thymus (thymoprotéine), la thyroïde (triiodothyronine ou T3, thyroxine ou T4 et calcitonine).

Endocrinologie et maladies des glandes endocrines

L’endocrinologie est la spécialité médicale qui traite des maladies du système endocrinien. Elle est exercée par des médecins Endocrinologieendocrinologues, dont certains peuvent avoir une hyperspécialisation, comme les diabétologues, qui ne s’occupent que du diabète. A l’inverse, certaines disciplines comme la gynécologie ou l’andrologie ont un volet dédié à l’endocrinologie, dans la mesure où les gonades sont aussi des glandes endocrines.

La branche de la biologie clinique qui réalise les dosages hormonaux dont ont besoin les endocrinologues s’appelle l’hormonologie.Hormones

En dehors des tumeurs des glandes endocrines, comme l’adénome hypophysaire, les maladies spécifiques à ces glandes concernent essentiellement leur production hormonale, qui peut être insuffisante, comme dans l’insuffisance surrénale (maladie d’Addison), ou excessive (syndrome de Cushing pour la corticosurrénale). On utilise en général les préfixes « hypo » et « hyper » pour qualifier ces déséquilibres hormonaux : hypothyroïdie ou hyperthyroïdie.

Système neuroendocrinien et tumeur neuro-endocrine

Des cellules neuroendocrines existent dans les glandes endocrines, mais aussi dans de nombreux tissus. Elles produisent des hormones, et servent au contrôle des interfaces neuroendocrines.

Elles peuvent être le siège de tumeurs neuroendocrines (TNE en français, NETs en anglais), dites également tumeurs neuroendocriniennes. La plupart de ces tumeurs sont bénignes (mais pas nécessairement), et situées essentiellement dans l’intestin et les poumons.

Perturbateur endocrinien

Un perturbateur endocrinien est une molécule qui mime, bloque ou modifie l’action d’une hormone, avec des conséquences délétères pour la santé.

Le bisphénol A, qui a des propriétés ostrogéniques, est un des perturbateurs endocriniens les plus connus.

Racine « adéno » et maladies glandulairesGanglion lymphatique

La racine « adéno » fait référence au mot glande, et son usage est fréquent pour désigner les maladies glandulaires : adénome pour une tumeur bénigne, adénocarcinome pour une tumeur maligne. Mais les glandes en question ne sont pas les glandes endocrines, mais en général celles qui sont contenues dans les épithéliums glandulaires, autrement dit les muqueuses. C’est ainsi qu’un polype du colon est un adénome s’il est bénin, un adénocarcinome s’il est malin, autrement dit un cancer du colon.

On notera que cette racine « adéno » est utilisée à tort pour désigner un ganglion pathologique : une adénopathie n’est nullement une glande.

Article publié le 2 mars 2015

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