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Télémédecine

La télémédecine, c’est la médecine à distance, tout comme une télécommande permet de commander un objet à distance (en conséquence, télécommande à distance, que l’on entend fréquemment, est un pléonasme).

Nous allons voir quelles sont les pratiques médicales qui peuvent s’effectuer sans la proximité habituelle entre le médecin et son patient.

On emploie actuellement les expressions « e-santé » ou « média-médecine » pour désigner tout ce qui passe par internet dans le domaine de la santé.


Le préfixe « télé » implique la notion d’éloignement physique : téléscope, téléphone, téléviseur, téléconférence, etc… La médecine repose essentiellement sur l’examen du patient par le médecin. Dans ces conditions, il peut sembler difficile de faire de la médecine quand le patient et son médecin ne sont pas en présence physique l’un de l’autre. Et pourtant, la télémédecine ne cesse de se développer, grâce aux nouvelles technologies de la communication.


Différents types de télémédecine

La télémédecine a été définie par le décret du 19 octobre 2010. Elle comporte quatre volets :

  • la téléconsultation, qui permet à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient. La consultation se fait en temps réel ; on parle d’avis synchrone. Exemple : téléconsultation de gériatrie.
  • la télé expertise, qui permet à un professionnel médical de solliciter à distance un avis asynchrone (décalé dans le temps) sur un patient auprès d’un autre professionnel médical, expert dans ce domaine. Exemple : télé expertise dermatologique.
  • la télésurveillance médicale, qui permet à un professionnel médical d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical du patient, et de prendre des décisions en conséquence. Exemple : télésurveillance de l’HTA au domicile du patient.
  • la téléassistance médicale, qui permet à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel médical lors de la réalisation d’un acte. Exemple : fibrinolyse d’un patient assisté à distance par un neurologue.

Du fait de la pénurie dans certaines spécialités médicales, et de la désertification croissante du territoire en zone rurale, ces différentes formes de télémédecine sont appelées à un grand avenir.

Imagerie médicale et télémédecine: la télé-imagerie

C’est dans le domaine de l’imagerie médicale que la télémédecine trouve son meilleur champ d’application, ce qui s’explique Principe de la télémédecinefacilement quand on sait que, dans un cabinet de radiologie, ce n’est pas le médecin radiologue qui réalise la plupart des examens, mais un manipulateur radio ; le médecin se contente le plus souvent de l’interprétation, et, parfois, de la communication des résultats au patient. Et, de fait, une femme peut très bien se faire faire une mammographie de dépistage sans rencontrer le radiologue, sauf si celui-ci doit faire dans le même temps une échographie mammaire. L’échographie ne peut pas se « sous-traiter », puisque c’est le médecin qui génère les images en manipulant sa sonde d’échographie sur le patient examiné.

Télé-imagerieLa télémédecine en imagerie, que l’on appelle télé-imagerie ou téléimagerie, se conçoit dans deux situations : l’échange d’avis entre deux radiologues sur un examen d’interprétation difficile, et l’interprétation d’examens faits dans le cadre de l’urgence, par un radiologue d’astreinte à domicile.

Dans le premier cas, les images sont envoyées d’un service d’imagerie à un autre, pour confronter les interprétations. Il s’agit en général d’un radiologue généraliste qui a besoin de l’avis d’un hyperspécialiste sur un dossier difficile.

Dans le second cas, les images sont réalisées en urgence par le manipulateur, puis sont envoyées au radiologue d’astreinte pour interprétation immédiate. Seule restriction : un scanner avec injection de produit de contraste nécessite la présence physique d’un médecin pour prendre en charge toute complication liée à l’injection, du genre œdème de Quincke. Mais il n’est pas indispensable que le médecin soit un radiologue ; un médecin urgentiste, donc sur place, peut parfaitement remplir ce rôle.

La téléimagerie dans le cadre de l’urgence est une réponse possible au problème de la pénurie médicale, qui touche aussi la radiologie.

Concertation pluridisciplinaire et télémédecine

Aide à la décisionDans certaines disciplines comme la cancérologie, les décisions thérapeutiques doivent être prises de manière pluridisciplinaire et collégiale. Ces réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) se tiennent avec une fréquence fixe dans la structure de référence en cancérologie du secteur considéré. Tous les dossiers en cours doivent y être présentés.

Cette présence physique peut poser problème à certains médecins qui travaillent dans une structure éloignée  du centre référent. Cette difficulté peut alors être contournée par la visioconférence, qui suppose évidemment que chaque structure soit équipée d’une salle de télémédecine, ce qui n’est pas toujours le cas en 2015. 

On notera que, lorsque des médecins veulent échanger par messagerie électronique des informations relatives à leurs patients, ils doivent le faire par le biais d’une messagerie sécurisée, puisque ces informations sont strictement confidentielles.

Soins infirmiers et télémédecine

Réseaux des soins infirmiersUn grand nombre  de membres de la profession infirmière travaillent en réseaux de soins. Il leur est donc possible, grâce à des applications fonctionnant sur smartphone, de prendre des photos de plaies en cours de cicatrisation, pour solliciter l’avis d’un référent sur le protocole de soins adapté à l’état de la plaie.

C’est un exemple parmi d’autres de ce que la télémédecine peut apporter aux soignants en termes de conseils et de prise en charge infirmière.

Chirurgie robotisée et télémédecine: la téléchirurgie

La chirurgie robotisée a du mal à entrer dans la pratique quotidienne, compte tenu de son coût très élevé, qui la cantonne à des centres experts, publics ou privés.Chirurgie robotisée

 Dans une intervention de vidéochirurgie réalisée à l’aide d’un robot, un chirurgien met en place les différents trocarts qui permettront la manipulation des instruments, pendant qu’un autre opérateur, le responsable de l’intervention, réalise le geste « à la console », celle-ci étant en général située dans la salle d’intervention. Il s’agit donc déjà de téléchirurgie, puisqu’il a une distance, certes petite, mais réelle, entre le chirurgien et son patient.

Mais en fait, rien n’oblige à ce que la console soit implantée à proximité de la table d’intervention, ce qui a donné l’idée au Pr Marescaux de Strasbourg, de réaliser ce type d’intervention à cheval entre Strasbourg et New York. Cette première mondiale, baptisée opération Lindbergh, remonte déjà à 2001.

Télétransmission de feuilles de soins

TélétransmissionCe que l’on appelle « télétransmission » dans le domaine sanitaire, c’est le fait, pour un médecin payé à l’acte,  de transmettre ses feuilles de soins sous un format électronique à la CPAM (Caiise Primaire d'Assurance Maladie), grâce à un logiciel de télétransmission fonctionnant avec la carte Vitale.

Les avantages sont plus évidents pour les patients et l’Assurance Maladie que pour les médecins, ce qui explique que l’Assurance Maladie ait mis en place des incitations financières pour amener les médecins à se comporter en « bons élèves », c’est-à-dire qu'ils télétransmettent le plus possible.

Pour l’Assurance Maladie, c’est une gestion simplifiée ; pour le patient, c’est l’assurance d’un remboursement plus rapide (du moins tant que les patients avanceront les frais, ce qui devrait disparaître fin 2017 avec l'instauration du tiers-payant généralisé). Pour le médecin, l’intérêt pourrait être un gain de temps, ce qui est, en réalité, loin d’être évident.

Pour l’écologie, c’est une baisse substantielle de la consommation de papier.

Médecine par téléphone

Téléconsultation

Il vous est toujours possible d’appeler votre médecin au téléphone pour lui demander un conseil d’ordre médical, qui ne justifierait pas une véritable consultation au cabinet (un détail sur une prescription par exemple). Du moment que vous êtes précis et concis, votre médecin généraliste vous répondra certainement. Mais, en France, il n’était pas possible, jusqu’à une date récente,  de facturer au patient ce temps médical, alors que c’est monnaie courante depuis très longtemps aux Etats-Unis. En 2018, la téléconsultation médicale, avec rémunération du médecin, a été mise en place, dans des conditions très réglementées. C’est une des réponses possibles à la pénurie médicale.

Pour l’anecdote, on rappelle qu’en France les avocats sont autorisés depuis fort longtemps à facturer, au prorata temporis (en fonction du temps passé), une consultation par téléphone, dès lors qu’il y a eu accord préalable sur le tarif qui sera appliqué.

L'enseignement médical à distance ou e-learning

Pr Marescaux IRCADComme la plupart des activités, la médecine peut s’apprendre à distance.

C’est particulièrement vrai pour le perfectionnement dans les disciplines techniques, comme la chirurgie. Les chirurgiens ont accès à des sites réservés aux professionnels, qui permettent de visionner des vidéos d’interventions mises en ligne par des spécialistes réputés. Ces sites sont en général l’émanation d’institutions internationalement reconnues, comme l’IRCAD de Strasbourg.

Télémédecine et e-santéLa e-santé

Le développement exponentiel d’internet nous apporte de nouvelles façons de travailler, et aussi de nouvelles dénominations, avec la lettre « e » prononcée « i ». comme préfixe : le e-learning que nous venons de voir, et, plus généralement, la e-santé, également dénommée « média-médecine », qui comprend notamment tous les sites médicaux destinés au grand public, les applications médicales sur smartphone, ainsi que les versions numériques de toutes les publications scientifiques médicales. Le site que vous êtes en train de consulter fait aussi partie de ce vaste domaine de la e-santé.

Article publié le 2 avril 2018

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