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Anaplasie / Aplasie / Dysplasie / Hyperplasie / Hypoplasie

Ces cinq termes ont en commun la racine « plasie ».


Tous ces termes, ainsi que d’autres qui seront passés en revue, ont à voir avec le développement tissulaire ou organique.


Racine « plasie » et plasticité

Le substantif « plasie » n’existe pas dans la langue française ; en revanche, de nombreux termes médicaux, appartenant aux vocabulaires de la biologie et de la pathologie, sont construits à partir de cette racine, toujours utilisée comme suffixe.

C’est la même problématique avec la racine « trophie », qui n’existe pas comme substantif ; le substantif correspondant est trophicité. Un article de cette encyclopédie est consacré aux mots comportant la racine « trophie ».

Etymologiquement, le mot grec plasis signifie « action de façonner ». Le sens de « plasie » est donc celui de la formation d’un tissu ou du développement d’un organe.

Les adjectifs dérivés de ces substantifs se terminent soit par « plasique » (anaplasique), soit par « plastique » (aplastique).

On emploie également des substantifs se terminant par « plase », pour désigner un patient porteur d’une affection : un nain achondroplase est un patient atteint d’achondroplasie.

On signale une particularité qui concerne la néoplasie, processus qui porte également le nom de néoplasme.

Dernier point, si, théoriquement, on peut utiliser indifféremment plasie ou plastie comme suffixe (hypoplasie ou hypoplastie), en pratique on  le fait peu car le mot plastie a acquis une signification autonome (angioplastie, arthroplastie, plastie cutanée, plastie mammaire).

Plasticité est à la racine plasie ce que trophicité est à la racine  trophie. Mais le sens du terme plasticité est bien précis : c’est la qualité de ce qui est plastique, autrement dit malléable ; on parle par exemple de plasticité neuronale ou cérébrale (neuro-plasticité), qui est la capacité du cerveau à créer ou à réorganiser des circuits neuronaux. Cette plasticité neuronale est une découverte récente majeure en neurosciences. 

Anaplasie

Le préfixe « ana » vient du grec ana, « en remontant » ; il est utilisé en règle générale pour indiquer la notion de contraire.

L’anaplasie (on dit plus rarement anaplastie) est un terme du vocabulaire de l’anatomo-pathologie ; il est utilisé pour qualifier un tissu tumoral dont l’indifférenciation est telle qu’il se rapproche des caractéristiques d’un tissu embryonnaire. Les cancers anaplasiques sont toujours de très mauvais pronostic, comme le carcinome bronchique anaplasique à petites cellules, ou le carcinome anaplasique de la thyroïde.

Aplasie

Le préfixe « a » est qualifié de privatif ; il indique l’absence de quelque chose. Le sens d’aplasie (ou aplastie) est donc celui d’une absence de plasie.

L’aplasie touche essentiellement les lignées globulaires sanguines : anémie aplasique par défaut des précurseurs des érythrocytes ; aplasie médullaire avec baisse de toutes les lignées sanguines due à l’insuffisance de production, par la moelle osseuse, des cellules souches hématopoïétiques.

L’aplasie médullaire est fréquemment provoquée par la chimiothérapie, dont elle est un effet secondaire presque obligatoire, du moins de façon temporaire. Elle rend le sujet aplasique particulièrement sensible aux infections.

Dysplasie

Le préfixe « dys » indique un fonctionnement défectueux ou difficile : dysarthrie, dysménorrhée, dysurie, etc.

La dysplasie (ou alloplasie) résulte d’une anomalie qui s’est produite pendant le développement d’un tissu ou d’un organe ; elle est  responsable soit d’une malformation, soit d’une déformation. Les dysplasies, en tant que maladies, sont donc habituellement congénitales, et souvent héréditaires (maladies génétiques).

Selon le tissu concerné, on décrit l’angiodysplasie (trouble du développement des vaisseaux), la chondrodysplasie (trouble de la formation ou de la croissance du cartilage, provoquant des anomalies morphologiques des os), l’ostéodysplasie (trouble du développement du tissu osseux).

La dysplasie fibreuse des os est une dysplasie dans laquelle le tissu osseux fait place à un tissu pseudo-fibreux. Quant à la dysplasie de hanche du nourrisson, elle est fréquente, notamment dans certaines régions (la Bretagne).

Dans le vocabulaire de l’anatomo-pathologie, la dysplasie est une altération acquise d’un tissu cellulaire à renouvellement rapide. La dysplasie a une tendance nette à évoluer vers le cancer, ce qui explique qu’on l’assimile parfois, de manière abusive, à un état précancéreux.

Hypoplasie et hyperplasie

Les préfixes « hypo » et « hyper » sont très employés par le vocabulaire médical. En gros, « hypo » veut dire inférieur, en-dessous, et « hyper » supérieur, au-dessus (hypoglycémie, hyperglycémie).

L’hypoplasie (ou hypoplastie) désigne soit l’arrêt du développement, soit le développement insuffisant d’un tissu ou d’un organe.

La plupart des hypoplasies sont des maladies génétiques, comme l’hypoplasie testiculaire du syndrome de Klinefelter ; cependant, certaines hypoplasies sont d’origine toxique, par exposition de l’embryon à des substances tératogènes.

A l’opposé de l’hypoplasie, l’hyperplasie désigne une augmentation de volume d’un tissu ou d’un organe par augmentation du nombre de ses cellules (contrairement à l’hypertrophie, dans laquelle l’augmentation de volume est due à une augmentation de la taille cellulaire).

Les hyperplasies sont soit des maladies acquises, comme l’hyperplasie nodulaire focale du foie, tumeur bénigne rare du foie, ou l’hyperplasie de l’endomètre, responsable de saignements utérins (ménorragies et métrorragies) ; soit des maladies congénitales, souvent génétiques, comme l’hyperplasie congénitale des surrénales, qui est due à un déficit enzymatique en 21 hydroxylase.

Autres mots formés avec la racine « plasie »

De nombreux termes médicaux se terminent par le suffixe plasie (ou plastie); en voici un petit florilège :

  • L’achondroplasie est la forme la plus commune du nanisme. L’atteinte des membres est dite rhizomélique (elle touche la racine des membres).
  • La cataplasie est le retour d’un tissu à un stade antérieur de développement. L’anaplasie en est la forme extrême.
  • La desmoplasie est la formation d’un tissu fibreux, comme celui des ligaments (le préfixe « desmo » s’applique aux ligaments).
  • L’hétéroplasie est la transformation d’un tissu normal en tissu pathologique. Hétéroplasie et alloplasie sont synonymes.
  • L’homéoplasie est la génération, dans un organe malade, de tissus nouveaux, identiques aux tissus normaux.
  • La leucoplasie est un état précancéreux des muqueuses buccales, qui se caractérise par le développement de taches blanches sur la langue ou à la face interne des joues. Elle est provoquée par une irritation chronique, en particulier par la fumée de cigarette. Une forme particulière est décrite chez les séropositifs pour le VIH, la leucoplasie « chevelue » ou « poilue » de la bouche.
  • La métaplasie est un terme d’anatomie pathologique qui désigne la transformation d’un tissu différencié en un autre tissu différencié. C’est un phénomène adaptatif et réversible. Un exemple parmi d’autres : lorsque l’œsophage est en contact quasi permanent avec le liquide gastrique acide, du fait d’un reflux, la muqueuse œsophagienne, de type épithélium malpighien, subit une métaplasie glandulaire de type intestinal : métaplasie intestinale, responsable d’un endobrachyœsophage (œsophage de Barett), qui peut évoluer à terme en adénocarcinome œsophagien.  La métaplasie peut s’observer dans la plupart des tissus (métaplasie osseuse par exemple).
  • La néoplasie désigne, littéralement, une « croissance nouvelle » (le préfixe néo s’applique à ce qui est nouveau). La néoplasie correspond au développement anormal de cellules qui prolifèrent sans bénéfice structurel ni fonctionnel pour le tissu concerné. Cette croissance tissulaire, appelée « néoplasme », terme qui désigne habituellement une tumeur, pas nécessairement maligne.

Cependant, dans le langage courant comme dans celui des médecins, néoplasie ou néoplasme sont  habituellement utilisés comme synonymes de cancer.

 

 

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