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Chef de clinique / Clinicat

Sur l’en-tête des ordonnances de certains spécialistes, on peut lire la mention « ancien chef de clinique-assistant ». De quoi s’agit-il exactement ?


Chef de clinique est un titre correspondant à une fonction universitaire ; assistant (des hôpitaux) est une fonction hospitalière. Le chef de clinique-assistant occupe donc simultanément ces deux fonctions.


De quelle clinique parle-t-on ?

La clinique en question n’est pas, contrairement à une erreur couramment commise, notamment au cinéma ou à la télévision, une clinique privée dont le chef de clinique serait le responsable médical. Il s’agit d’une notion qui a disparu actuellement en France, celle de clinique universitaire (donc hospitalière et non pas privée), structure qui existe toujours en Belgique ou au Québec.

Le responsable d’une clinique universitaire était un professeur « titulaire de chaire », et sa clinique universitaire était le service de référence pour l’enseignement de sa spécialité médicale, chirurgicale ou obstétricale.

Par exemple, il avait été créé pour le très célèbre Pr Charcot, « pape » de la  neurologie au XIXème, la Clinique des maladies neurologiques de la Pitié-Salpêtrière à Paris, qui reste encore de nos jours une référence en France. Du temps de Charcot, la renommée de cette clinique était mondiale, et avait attiré un jeune médecin viennois, le Dr Sigmund Freud, appelé à un brillant avenir comme promoteur de la psychanalyse.

Les chefs de clinique avaient pour fonction de seconder le titulaire de chaire dans son enseignement de la discipline concernée.  

Chef de clinique – assistant (CCA)

Le titre complet de la fonction est chef de clinique des universités-assistant des hôpitaux, CCU-AH, que l’on abrège en général en chef de clinique-assistant, CCA, voire plus simplement et le plus souvent en chef de clinique. Naguère on était chef de clinique à la faculté de médecine, de Paris ou de toute autre ville universitaire, et non pas des universités.

Le chef de clinique-assistant est un personnel médical non titulaire, qui exerce, au sein d’un CHU (Centre hospitalo-universitaire), une triple mission de soins, d’enseignement et de recherche. Le CCA est rémunéré principalement par l’université, secondairement par l’hôpital dans lequel il exerce ses fonctions.

L’interne qui souhaite devenir chef de clinique dispose de trois ans après la fin de son internat pour trouver un poste de chef de clinique dans sa spécialité. En attendant qu’un poste se libère, il lui est possible d’être « faisant fonction » de chef de clinique.

Il est également possible à un médecin à diplôme étranger d’être chef de clinique à titre étranger.

Clinicat

Clinicat est le nom donné à la fonction de chef de clinique, tout comme internat est celui de la fonction d’interne. Le clinicat a été créé en 1823. L’impétrant accède à cette fonction par nomination et non pas par concours, comme celui de l’internat. En règle générale, un interne sollicite un « poste de chef » auprès du patron d’un service dans lequel il a effectué une partie de son internat, et de qui il a été  apprécié. Le clinicat est en fait une cooptation d’un élève par son maître.

Le clinicat est une fonction facultative, qui est exercée par les internes après leur internat pour compléter leur formation, notamment dans les spécialités techniques comme la chirurgie. En effet, il n’est pas nécessaire d’avoir été chef de clinique pour obtenir une qualification dans une spécialité.

Choisir d’être chef de clinique est également indispensable pour un médecin qui souhaite faire une carrière hospitalo-universitaire.

La durée du clinicat est de deux ans, renouvelables deux fois une année, soit quatre ans au maximum.

Clinicat en médecine générale

Il existe depuis 2008 une fonction de chef de clinique des universités en médecine générale, CCU-MG, qui présente la particularité que la fonction de soins ne s’exerce pas en milieu hospitalier, la médecine générale n’étant pas une spécialité hospitalière.

Après le clinicat : quel avenir pour l’ancien chef de clinique ?

Après son clinicat, pourvu qu'il ait duré au moins deux ans, le spécialiste devient ancien chef de clinique-assistant, ACCA, titre qu’il peut faire apparaître sur son en-tête (sauf pour les chefs de cliniques à titre étranger et les faisant fonction), et qui lui donne accès, s’il a une activité libérale, au secteur 2 de la convention. Autrement dit, il aura droit, s’il le souhaite, au dépassement d’honoraires. De par sa formation, il est censé être plus compétent qu’un spécialiste non passé par la « voie royale » du clinicat.

A la fin de son clinicat, le médecin qui a choisi cette filière a trois options devant lui : s’installer en libéral, et notamment en clinique pour les spécialités qui requièrent un plateau technique ; choisir d’exercer à l’hôpital public ; et pour cela il devra passer par le concours de praticien hospitalier, PH ; enfin, se lancer dans la carrière hospitalo-universitaire, sachant qu’il y a nettement moins d’élus que d’appelés. Celui qui échoue en garde généralement une certaine amertume professionnelle qu’il risque de traîner avec lui comme un boulet pendant toute sa carrière.

Quid du féminin ?

Du fait de la féminisation croissante de la profession médicale, il y a de plus en plus de femmes qui exercent la fonction de chef de clinique. Comme la tendance est à la féminisation des noms de fonctions occupées par des femmes, il est licite de parler d’une chef de clinique. Mais, pour l’instant, les féministes n’ont pas réussi à imposer un féminin qui serait « cheffe ». Pourvu que cela dure !

Article publié le 18 juillet 2016

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