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Gériatrie / Gérontologie

La gériatrie, médecine de la personne âgée, est une branche de la gérontologie, qui est l’étude scientifique du vieillissement dans toutes ses composantes.


Du fait du vieillissement de la population, notamment en Europe, gérontologie et gériatrie vont devenir des disciplines essentielles, et la demande en gériatres et en gérontologues va aller crescendo.


Qu’est-ce qu’une personne âgée ? Vieillesse et vieillissement

Tout dépend évidemment du point de vue où l’on se situe : pour un adolescent, les gens de l’âge de ses parents sont des vieux, et ceux qui pourraient être ses grands-parents des vieillards. Pour l’OMS, on devient une personne âgée à partir de 60 ans, ce qui paraîtra difficilement admissible à la plupart des sexagénaires en pleine forme. Il fallait bien fixer un seuil, mais l’OMS aurait pu le revoir à la hausse avec l’augmentation de l’espérance de vie dans quasiment tous les pays du globe.

En France, cette espérance de vie, calculée par l’INSEE car c’est une donnée démographique et statistique, était en 2016 de 85,1 ans pour les femmes et de 79 ans pour les hommes. Contrairement à ce que l’on pense souvent, cette espérance de vie n’est pas en augmentation constante. Ainsi, en 2015, elle a baissé de 3 mois chez les hommes et les femmes, du fait de la grippe. Mais, dans l’ensemble, la population française a gagné 14 ans d’espérance de vie ces 60 dernières années, les femmes restant toujours mieux loties que les hommes.

La vieillesse est un état (on est vieux), le vieillissement un processus continu (on vieillit). Ce processus commence à un âge plus précoce qu’on ne le croit habituellement, comme l’indique la diminution du nombre de neurones et son corollaire, le déclin cognitif, qui débuterait vers 45 à 50 ans. Les individus qui s’en sortent le mieux sur ce plan sont ceux qui ont la chance d’avoir les plus grandes capacités de plasticité cérébrale.

Le problème majeur de la vieillesse est la dépendance, autrement dit la perte d’autonomie, qui n’est pas corrélée à l’âge comme le prouve l’existence de centenaires parfaitement autonomes. Un article de cette encyclopédie est consacré à ce sujet (Autonomie – Dépendance).

Âge réel et âge physiologique

L’âge réel est évidemment le temps de vie écoulé depuis la naissance. Mais cette notion n’est pas d’un grand secours quand il s’agit, par exemple, de poser une indication opératoire. Dans ce cas, on évalue ce que l’on appelle l’âge physiologique, c’est-à-dire l’état de différentes grandes fonctions, le cœur, les reins, les poumons, les fonctions cognitives, etc. Si cette évaluation est favorable, il est possible (et cela m’est arrivé à plusieurs reprises) d’opérer des centenaires qui « ne faisaient pas leur âge ».

Il est également possible de proposer à des personnes âgées une chimiothérapie qui ne  se discuterait pas si elles étaient plus jeunes. Cette décision, toujours difficile, est prise après une évaluation oncogériatrique.

Quelle dénomination pour la personne âgée ?

A l’heure du politiquement correct, il devient très difficile de parler de vieux ou de vieillards, car ces termes sont ressentis de manière négative, voire insultante. Et pourtant, il y a vingt ans, ce qui s’appelle aujourd’hui un EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) portait parfois, et je m’en souviens parfaitement,  l’appellation de « V » suivi d’un chiffre. Un « V160 » était une structure d’hébergement, un hospice, conçu pour accueillir 160 vieux. Selon une autre interprétation, ce serait plutôt 160 vies.

Il est fréquent de parler, pour la vieillesse,  de troisième âge  les vieux), voire de quatrième âge (les vieillards).

Dans le vocabulaire de la communication et de la consommation, on utilise plutôt l’appellation « sénior », avec différentes catégories, comme celle de « sénior + ». Mais ce n’est pas l’usage médical. Pour la médecine, une personne vieillissante reste une personne âgée.

Une petite précision sémantique : de 60 à 69 ans, on est un sexagénaire ; de 70 à 79, un septuagénaire, de 80 à 89 un octogénaire, de 90 à 99 un nonagénaire, et un centenaire à partir de 100 ans.

Rappelons que pour le Général de Gaulle, la vieillesse est un naufrage. Il parlait apparemment pour lui, et pourtant il a été président de la République entre 69 et 79 ans, et disposait de toutes ses capacités intellectuelles lorsqu’il a quitté le pouvoir en assumant les conséquences du résultat d’un référendum qui ne lui avait pas été favorable.

Gériatrie

La gériatrie est donc la discipline médicale qui prend en charge spécifiquement les personnes âgées, tout comme la pédiatrie soigne les maladies des enfants et la gynécologie celles de la femme.

De même que la médecine interne, qui a une vision globale de la santé d’un patient, par opposition aux spécialités d’organes (cardiologie, neurologie, etc.), la gériatrie se doit d’appréhender la santé de la personne âgée dans son ensemble. La gériatrie est une approche que l’on pourrait qualifier de transversale ou d’holistique (qui s’intéresse au tout et non aux parties).

La médecine gériatrique prend en charge les problèmes de santé physique et mentale de la personne âgée, avec leurs conséquences fonctionnelles et leurs implications sociales. Cela peut intervenir dans différentes circonstances : soins aigus, soins de réhabilitation, soins chroniques, soins palliatifs et fin de vie.

Si la personne âgée doit être hospitalisée, différentes structures spécifiques possédant un ou plusieurs gériatres peuvent être sollicitées : unité de gériatrie aiguë, SSR (soins de suite et de réadaptation), service de long séjour (unité de soins de longue durée, USLD), service de soins palliatifs ou équipe mobile de soins palliatifs. Mais en pratique il y a un déficit chronique de place dans ces structures, et les personnes âgées sont souvent traitées dans les services  de médecine polyvalente ou de chirurgie générale des hôpitaux de proximité.

Il est souhaitable que les personnes âgées puissent être maintenues le plus longtemps possible à domicile, au besoin avec des aides.  C’est plus facile à faire en milieu rural qu’urbain, du fait de la proximité habituelle de la famille dans le premier cas.

Quand ce n’est plus possible, la personne âgée peut être placée en maison de retraite, plus ou moins médicalisée, ou en EHPAD  si elle a perdu tout ou partie de son autonomie. Les EHPAD ne sont pas, comme on le croit souvent du fait de la présence de personnel soignant, des unités d’hospitalisation, mais bien des lieux de vie, dans lesquelles les résidents gardent leur médecin traitant, qui travaille avec le médecin coordonnateur de la structure.

Problèmes médicaux de la personne âgée

Les personnes âgées sont souvent concernées par deux problématiques complexes, la polypathologie (coexistence de plusieurs affections chroniques) et la polymédication. Cette dernière est définie par la prise régulière de plus de quatre médicaments différents. En réalité, les ordonnances des personnes âgées comportent souvent une dizaine de médicaments, voire beaucoup plus. Qui plus est, il est difficile de délivrer des génériques aux personnes âgées, habituées qu’elles sont à la couleur et à la forme de leurs médicaments.

Certaines maladies fréquentes, bénignes chez le sujet jeune, peuvent prendre chez la personne âgée une tournure dramatique, comme les épidémies hivernales de grippe, responsables chaque année d’un grand nombre de morts. On songe aussi à l’hécatombe provoquée par le dernier épisode de canicule en 2010.

Les personnes âgées sont souvent atteintes de déficiences diverses qui compliquent leur vie : diminution de la mobilité, douleurs squelettiques, déficits sensoriels notamment auditifs. Alors que le déficit visuel est souvent bien pris en compte, les personnes âgées  souffrent fréquemment de surdité, et sont rarement bien appareillées, notamment en raison du coût élevé des prothèses auditives.

Enfin, le grand âge s’accompagne fréquemment de troubles de l’humeur et de troubles cognitifs qui compliquent leur quotidien et surtout celui de leurs proches. Comment parler de la vieillesse sans évoquer la démence d’Alzheimer, qui risque d’être le premier problème sanitaire dans les décennies à venir.

Formation et modes d’exercice des gériatres

Le terme lui-même de gériatrie date de 1909. Mais la gériatrie ne s’est développée petit à petit qu’à partir de la seconde moitié du XXème siècle, pour devenir une spécialité officielle en 2004, sanctionnée par un DESC (Diplôme d’études spéciales complémentaires). La formation de gériatre se passe pendant l’internat et le post-internat. Elle est validée par un mémoire.

Il existe une autre filière pour exercer la gériatrie, à savoir la validation des acquis et de l’expérience par la Commission de qualification du Conseil de l’Ordre des médecins.

Le gériatre peut également affiner ses connaissances par des diplômes universitaires (DU) ou interuniversitaires (DIU), par exemple pour exercer l’oncogériatrie, adaptation de la cancérologie à la personne âgée.

La majorité des gériatres exercent dans le secteur hospitalier et en EHPAD ; rares sont en effet les gériatres libéraux.

La gériatrie possède sa société savante, la Société française de gériatrie et de gérontologie.

Il faut signaler  également l’existence de formations en gériatrie pour les personnels soignants, notamment les membres de la profession infirmière.

Gérontologie et étude du vieillissement

Le terme gérontologie vient du mot grec gérôn, le vieillard. Le champ d’action de la gérontologie est nettement plus vaste que celui de la gériatrie, qui ne s’occupe que de la santé et des maladies de la personne âgée. En ce sens, la gérontologie est à la gériatrie ce que l’oncologie (étude du cancer) est à la cancérologie (prise en charge du cancer). La gérontologie n’est pas seulement une discipline médicale, car elle s’intéresse à toutes les implications du vieillissement dans les sciences humaines en général (biologie, physiologie, psychologie, sociologie, etc.).

La gérontologie n’est pas une spécialité médicale au sens habituel du terme, contrairement à la gériatrie. Elle est enseignée essentiellement par des DU ouverts aux médecins et aux soignants en général. Il existe une capacité universitaire en gérontologie.

Les professionnels impliqués dans la gérontologie travaillent souvent en réseaux gérontologiques. Parmi ces nouveaux métiers, citons celui d’assistant de soins en gérontologie (ASG).

Article publié le 7 novembre 2016

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