Accueil > Encyclopédie > Médecine prédictive / Médecine préventive
Les derniers articles
27 Mai 2019
Une hormone est une molécule messagère produite par une cellule endocrine pour agir à distance par voie sanguine sur une cellule-cible en réponse à une stimulation.
06 Mai 2019
L’encéphale est la partie du système nerveux central qui est contenue dans le crâne.
15 Avril 2019
La bioéthique est la branche de l’éthique médicale qui s’occupe des nombreuses et souvent nouvelles questions posées par la biomédecine.
08 Avril 2019
Déontologie et éthique recouvrent des notions qui ne sont pas que médicales, mais qui ont une importance capitale dans le domaine médical.
01 Avril 2019
L’expression médecine factuelle (médecine par les faits) est l’équivalent français de evidence based medicine, ou EBM autrement dit la médecine fondée sur les preuves.

Médecine prédictive / Médecine préventive

La médecine préventive est l’une des formes les plus anciennes de la médecine.

La médecine prédictive est la plus récente. 


Faire de la prévention, ou de la prophylaxie, a toujours existé en médecine. Mais, si cela reste évidemment d’actualité, l’avenir est à la médecine prédictive, qui a l’ambition de prédire l’apparition des maladies grâce à la génétique, qui permet d’évaluer les risques dans ce domaine.


Médecine préventive

La prévention, ou prophylaxie, est une conception anticipative de la médecine, illustrée par le célèbre adage « mieux vaut prévenir que guérir ».

On entend souvent dire, mais peut-être n’est-ce qu’une légende, qu’en médecine traditionnelle chinoise, le praticien est rémunéré par  son patient pour éviter les maladies, et ne le serait plus quand la maladie s’est installée, témoignant de son échec. C’est prêter un bien grand pouvoir aux médecins.

En Occident, la médecine préventive n’est pas une spécialité médicale autonome, mais une activité liée à la médecine générale, qui consiste en premier lieu à donner des conseils hygiéno-diététiques au sens large du terme : conseils en diététique, incitation à la pratique d’une activité physique, prévention des conduites à risques et des addictions, conseils ergonomiques pour les efforts liés à l’activité professionnelle, etc.

La prévention de certaines maladies infectieuses passe bien entendu par la vaccination, quand un vaccin existe, ce qui est le cas pour la plupart des viroses.

Ces rôles préventifs sont dévolus au médecin traitant, le fameux médecin de famille, ainsi qu’au pédiatre et au médecin scolaire pour les enfants.

L’autre volet de la médecine préventive, c’est le dépistage, bien que, stricto sensu, le dépistage ne soit pas tout-à-fait de la prévention, qui suppose que la maladie en question ne soit pas encore présente.

La philosophie du dépistage, c’est de découvrir une maladie à son tout début, au stade où les chances de guérison sont beaucoup plus importantes. C’est actuellement le cas du cancer du sein, dont le pronostic s’est considérablement amélioré depuis que la plupart de ces cancers sont découverts à un stade infra-clinique.

En revanche, pour le cancer colorectal, la stratégie  associe le dépistage et la prévention. En effet, ce que l’on cherche à dépister, ce n’est pas le cancer en lui-même, mais son précurseur, le polype, lésion bénigne mais qui se transformera en cancer s’il n’est pas réséqué à temps. Le dépistage des polypes colorectaux permet d’éviter, par leur ablation endoscopique régulière, le passage au cancer colorectal. Mais, bien entendu, il est toujours possible qu’un cancer du colon se développe entre deux séances de polypectomie endoscopique espacées de deux ans. Le dépistage des polypes coliques et rectaux n’est pas près d’éradiquer le cancer colorectal.

Oncogénétique

Beaucoup de cancers ont une origine plus ou moins génétique, et l’on sait que, pour une femme, le risque de développer un cancer du sein est beaucoup plus élevé quand sa mère a elle-même été atteinte.

On estime que 5% des cancers diagnostiqués en France sont liés à la présence d’altérations génétiques constitutionnelles.

C’est la raison pour laquelle s’est développée l’oncogénétique (la génétique du cancer), qui consiste à identifier des gènes de prédisposition à tel ou tel type de cancer. Plus de 80 de ces gènes ont été identifiés.

L’oncogénétique concerne le sujet cancéreux (appelé cas index) et les membres  de la famille non atteints dénommés (les apparentés).

L’Institut National du Cancer (INCa) a mis en place le dispositif national d’oncogénétique, qui comprend des consultations et des laboratoires répartis sur le territoire dans un maillage régional.

Séquençage du génome

Il s’agit en fait du séquençage de l’ADN, qui, on le sait depuis Watson et Crick, est écrit avec quatre lettres, les bases azotées que sont l’adénine (A), la cytosine (C), la guanine (G) et la thymine (T). Dans l’ARN, la thymine est remplacée par l’uracile (U). Le séquençage de l’ADN consiste à identifier la séquence (l’ordre) dans laquelle sont rangées ces bases.

Cette manipulation peut porter sur les gènes, les chromosomes, et même le génome entier.

Le premier séquençage complet d’un génome humain a été réalisé en 2000, et a coûté 3 milliards de dollars. Dix ans plus tard, le prix n’était plus que de 3000 dollars, et l’on peut parier sans grand risque de se tromper que, dans quelques années, chacun pourra connaître le séquençage de son génome pour le coût d’un examen de laboratoire standard.

Médecine prédictive

L’oncogénétique et le séquençage du génome permettent d’évaluer les risques de développer certaines affections,  et donc de développer une médecine prédictive.  Rappelons qu’une prédiction ne relève pas de la divination, mais d’une évaluation statistique d’un risque.

L’oncogénétique permet de connaître, pour une personne apparentée non atteinte, le risque de développer la maladie. Si ce risque est élevé, l’alternative est la suivante : soit se soumettre à une surveillance très stricte, ce qui n’évitera pas l’apparition de la maladie, mais permettra de la dépister très précocement ; soit procéder à l’ablation prophylactique de l’organe.

C’est cette seconde option qu’a choisi l’actrice américaine Angelina Jolie, dont le choix de subir une mastectomie bilatérale prophylactique et une ablation des ovaires avait été largement commenté dans les médias à l’époque où elle avait pris cette difficile décision. Il faut dire que son risque personnel était évalué à plus de 80%. 

Article publié le 28 décembre 2015

Doc Thom vous suggère les articles suivants :
Vous n'avez pas trouvé l'information recherchée dans cet article ? Consultez notre page de sites recommandés.