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Parabène / Perturbateur endocrinien / Pesticide

Les parabènes, les perturbateurs endocriniens et les pesticides sont des polluants qui ont des effets sanitaires délétères de mieux en mieux connus.


Certains de ces produits, comme le bisphénol A, sont étiquetés comme perturbateurs endocriniens ; mais les parabènes et les pesticides sont aussi des perturbateurs endocriniens ; ils ne sont pas classés comme tels car ils possèdent malheureusement d’autres effets toxiques.

Les conséquences sanitaires négatives de ces  produits sont de mieux en mieux connues, et débouchent sur des interdictions ciblées au niveau des états.


Parabène ou paraben ?

En français, on dit parabène ; en anglais et en franglais, paraben. Quoi qu’il en soit, ces molécules chimiques sont très utilisées par l’industrie agro-alimentaire, l’industrie pharmaceutique et la cosmétologie. Il semble que les parabènes soient toxiques, en particulier de par leur effet de perturbation endocrinienne. Ils activeraient les récepteurs œstrogéniques, ce qui aurait un effet délétère sur la fertilité masculine, et ce qui augmenterait l’incidence des cancers du sein œstrogéno-dépendants.

Un parabène (nous utiliserons le terme français pour la suite de l’exposé) est un dérivé alkylé (un parahydroxybenzoate d’alkyle pour être précis). Les différents parabènes diffèrent par leur groupe alkyle.

Leur large utilisation vient de leurs propriétés antibactériennes et antifongiques, qui en font d’excellents conservateurs.

En France, l’Assemblée nationale a voté leur interdiction le 3 mai 2011. Mais, jusqu’à cette date, les plus utilisés étaient le méthylparabène et le propylparabène, du fait de leur grande solubilité et de leur action synergique. C’est devenu un argument commercial que d’apposer l’inscription « sans parabène » (« paraben free ») sur les emballages des produits, notamment cosmétiques.

Mais il existe des parabènes naturels dans certains fruits et légumes, dans des jus de fruits et des vinaigres de vin, dans certains fromages. On en trouve également dans des produits fabriqués par les abeilles, comme la propolis ou la gelée royale, et même dans le corps humain, comme précurseur du fameux  coenzyme Q10, très utilisé en cosmétologie.

En date du 26 septembre 2014, la Commission européenne a interdit les deux produits cités dans les produits pour les soins de siège des bébés.

Les parabènes nous amènent tout naturellement au paragraphe suivant, consacré aux perturbateurs endocriniens.

Perturbateurs endocriniens            

Perturbateur endocrinien  (PE) est la traduction d’endocrine disruptor,  expression anglaise utilisée pour la première fois par la spécialiste de la santé environnementale, Theo Colborn, lors de la conférence de Wingspread de juillet1991. Comme souvent dans notre pays, on a la fâcheuse tendance d’utiliser un mot anglais francisé comme néologisme, et certains scientifiques parlent de disrupteur endocrinien en lieu et place de perturbateur endocrinien. On emploie également les expressions leurre endocrinien ou le terme xénohormone (la racine xéno signifiant « étranger à »).

La définition la plus simple, parmi les nombreuses disponibles, est celle donnée en 1996 par les organisateurs du colloque de Weybridge, à savoir la Commission européenne, l’OCDE, l’OMS et l’industrie pharmaceutique : est un perturbateur endocrinien toute « substance étrangère à l’organisme qui produit des effets délétères sur l’organisme ou sa descendance, à la suite d’une modification hormonale ».

Un PE peut agir de trois façons sur le système endocrinien : effet mimétique, ou agoniste, effet de blocage, ou antagonisme, et effet perturbant, ou d’interférence. Dans les trois cas, ces effets ne nécessitent que de très faibles doses de produit, comme c’est le cas pour les hormones naturelles. Les différentes fonctions endocriniennes peuvent être touchées, notamment celles de la thyroïde ou des gonades (androgènes et œstrogènes). Leurs conséquences sur la baisse de la fécondité masculine sont largement soupçonnées.

Les perturbateurs endocriniens qui font le plus parler d’eux sont le bisphénol A, les PBDE, ou agents ignifuges bromés, et les phtalates. Naguère, c’était le fameux Distilbène, responsable de malformations congénitales graves.

Le bisphénol A est connu pour avoir des propriétés œstrogéniques. On en trouve notamment dans les tétines des biberons. Les PBDE ont des effets neurotoxiques et perturbent le fonctionnement thyroïdien. Quant aux phtalates, ils sont présents dans quasiment tous les produits en PVC (polychlorure de vinyle). Ils seraient responsables de certaines malformations congénitales de l’appareil reproducteur masculin.

Les données scientifiques disponibles évoluent rapidement, et les états mettent en place des programmes d’action qui leur sont propres. Par exemple, en France un programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE) a été lancé en 2009, et un rapport parlementaire de février 2014 évoque la mise en place d’une « stratégie européenne à mettre en œuvre pour prévenir les risques sanitaires liés aux perturbateurs endocriniens ».

Pesticides et OGM

Pesticide est un terme générique qui désigne une substance chimique utilisée pour combattre des organismes réputés nuisibles.

L’étymologie est intéressante, car elle dérive du mot latin pestis, maladie contagieuse, dans le sens d’épidémie. Pestis a donné la peste en français, qui désignait au Moyen Âge toutes les épidémies, et actuellement uniquement une maladie infectieuse particulière, la peste. Mais, en anglais, pestis a donné pest, qui désigne un animal ou une plante nuisible. C’est donc du mot anglais pest que provient le terme pesticide, le suffixe « cide » indiquant l’action de tuer

Pesticide recouvre donc, selon l’organisme à combattre, les insecticides, les fongicides (contre les champignons), les herbicides (contre les mauvaises herbes), les parasiticides (contre les vers parasites). Un rodenticide est destiné à supprimer les rongeurs nuisibles ; on connaît mieux le terme raticide.

Les pesticides sont un ensemble très vaste de substances diverses, qui comprend les produits phytosanitaires (utilisées en agriculture, horticulture ou sylviculture), les produits zoosanitaires, les traitements de conservation du bois, les produits à usage domestique, comme les shampooings antipoux, les boules antimites, les produits anti-fourmis, les insecticides utilisés contre les mouches ou les moustiques, etc.

Des analyses réalisées sur des échantillons de population dans le cadre du PNNS (Programme national nutrition santé) montrent la présence quasi systématique de pesticides dans le sang des sujets étudiés, dont certains se comportent comme des perturbateurs endocriniens, avec les mêmes conséquences délétères sur la fertilité.

Les effets sanitaires des pesticides sont nombreux, et souvent contestés par les industriels qui fabriquent ces produits.

Les cas d’intoxications aiguës ne concernent que les personnes en contact direct avec les produits, notamment les agriculteurs. Cela concerne principalement les dérivés organochlorés et organophosphorés.

Quant aux intoxications chroniques, la liste des atteintes qu’elles provoquent est longue, et pratiquement tous les systèmes sont concernés : atteintes dermatologiques et neurologiques, maladies neurodégénératives, augmentation de l’incidence de certains cancers, et, bien sûr, effets liés au rôle de perturbateurs endocriniens : baisse de la fertilité, risques de malformations fœtales, actions hormonales.

Les états adoptent des politiques spécifiques d’interdiction de commercialisation des produits jugés dangereux. En France, il existe une liste de produits appelés PPNU, produits phytosanitaires non utilisables, dont font partie l’azatrine, interdite depuis 2001, et le Gaucho depuis 2009. Cet insecticide est rendu responsable par les apiculteurs de l’hécatombe observée dans les populations d’abeilles.

Malheureusement, il est très difficile de se passer complètement des pesticides, et notamment des insecticides en agriculture, pour des questions notamment de rendement agricole. Une des solutions envisagées est l’élaboration d’organismes génétiquement modifiés (OGM), qui produisent leur propre insecticide, comme le font naturellement certaines plantes : la nicotine produite par le tabac est un insecticide naturel.

Mais, on le sait, les OGM génèrent, du moins dans notre pays, de très nombreuses craintes, pas toujours rationnelles, et entretenues par le principe de précaution, qui explique que l'on ne fasse pas de recherche sur les OGM en France.

Article publié le 9 janvier 2017

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