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Éros / Thanatos

Pour les Grecs de l’Antiquité, Éros était le dieu de l’amour, et Thanatos celui de la mort. On les associe fréquemment depuis Freud.


Éros et Thanatos, ces deux divinités de la Grèce antique, ont été popularisées par leur association proposée par Sigmund Freud, le père de la psychanalyse.

Selon lui coexistent en nous dès l’enfance deux types pulsions qui s’affrontent, les pulsions sexuelles d’autoconservation, symbolisées par Éros, et la pulsion de mort, qu’il appelle Thanatos.


Éros et Cupidon

On le sait, les dieux de la mythologie grecque ont été adoptés par les Romains, qui ont latinisé leurs noms. Éros, dieu grec de l’amour, est devenu Cupidon chez les Romains. Dans la tradition française, Éros évoque plutôt l’amour charnel, l’érotisme, alors que Cupidon, ce petit personnage joufflu armé de son arc, représente le sentiment amoureux ; ceux que ses flèches atteignent, homme ou femme, deviennent instantanément amoureux. C’est du moins ce qu’affirmait la légende.

Éros et Psyché

Éros et Psyché sont les deux héros d’une histoire d’amour célèbre dans la mythologie grecque. Éros est le fils d’Aphrodite, déesse de la beauté, qui est jalouse de celle de Psyché, simple mortelle mais tout de même fille de roi. Après de nombreuses péripéties qu’il serait trop long de rapporter ici, leur histoire finit bien, et Psyché se voit accorder l’immortalité par Zeus, et la clémence d’Aphrodite. Éros et Psyché auront une fille qu’ils appelleront Volupté.

Mais la véritable postérité d’Éros, c’est l’érotisme, et celle de Psyché, le psychisme. Cela tombe bien, puisque la source de la sexualité humaine est essentiellement cérébrale.

Éros, érotisme, érotomanie

Selon la philosophie platonicienne, il y a trois formes d’amour : éros, l’amour entre deux individus au sens où on l’entend habituellement, que ce soit entre deux individus de sexe opposé ou de même sexe ; philia, synonyme d’amitié, qui peut-être plus ou moins amoureuse ; et agapé, l’amour divin, désintéressé, qui est devenu l’amour du prochain, la charité dans l’univers chrétien. De manière curieuse, on parle d’amour platonique (inspiré par Platon) pour évoquer un amour sans désir sexuel, alors que, pour ce philosophe grec, la sexualité (notamment homosexuelle) fait partie intégrante de l’éros.

Dans notre culture, l’érotisme, l’amour inspiré par éros, évoque essentiellement les jeux sexuels, la séduction à des fins sexuelles, et non pas l’amour entre deux individus, ce qui n’est pas du tout la conception platonicienne de l’éros. C’est la différence entre faire l’amour et être amoureux, les deux étant largement compatibles.

Quant à l’érotomanie, c’est une maladie psychiatrique grave, plus précisément une forme de psychose paranoïaque de la catégorie des délires passionnels, qui se caractérise par la conviction délirante d’être aimé secrètement de quelqu’un qui serait dans l’incapacité d’avouer cet amour  en réalité imaginaire, mais bien réel pour la personne atteinte d’érotomanie.

On l’appelle aussi « syndrome de Clérambault », du nom du psychiatre français qui a le mieux décrit l’érotomanie.

Ce délire peut se muer en jalousie destructrice, voire en crime passionnel, situation qui a été exploitée dans de nombreux films, dans lesquels le sujet érotomane est toujours une femme. On pense par exemple au premier film de Clint Eastwood en tant que réalisateur, Un frisson dans la nuit. Un cas historique célèbre d’érotomane est Adèle Hugo, l’une des filles de Victor Hugo, dont François Truffaut a raconté la vie dans son film « L’histoire d’Adèle H ».  

La personne qui est la cible d’un(e) érotomane peut vivre un véritable cauchemar.

Éros, Thanatos et complexe d’Œdipe

Comme tout le monde ne le sait pas nécessairement, Œdipe est un personnage essentiel de la mythologie grecque. Après avoir consulté l’oracle de Delphes, qui lui apprend qu’il est voué à tuer son père et à épouser sa mère, il rencontre à un carrefour un vieillard nommé Laïos et le tue pour d’obscures raisons de refus de priorité (ils circulent tous deux en char). Laïos était le roi de Thèbes, ce qu’Œdipe ignorait. Puis il débarrasse la ville de Thèbes du Sphinx (en fait cet animal fabuleux, mi humain mi animal, avait un corps de femme ; la sphinge serait donc plus conforme à son anatomie que le sphinx). Le sphinx faisait régner la terreur à Thèbes en mettant à mort tous les voyageurs qui ne trouvaient pas la solution de l’énigme qu’il leur proposait.  Mais Œdipe trouva la clé de l’énigme, tua le sphinx, et se vit offrir en récompense la main de Jocaste,  la veuve de Laïos, avec qui il eut quatre enfants : deux garçons, Étéocle et Polynice, et deux filles, Ismène et la célèbre Antigone. Ce qu’Œdipe ne pouvait pas savoir, c’est que Laïos était son père, et que Jocaste était sa mère. Il a donc commis involontairement les crimes de parricide et d’inceste. Quand il l’apprend, il se crève les yeux pour ne plus voir ses crimes.

Ce mythe est devenu un des concepts centraux de la psychanalyse, théorisé par son inventeur, Sigmund Freud, dans ce qu’il appelle la première topique. Selon lui, le complexe d’Œdipe, ou tout simplement l’Œdipe, est le désir inconscient qu’aurait chaque enfant ayant atteint le stade phallique (vers 3 à 5 ans), d’avoir des rapports sexuels avec son parent de sexe opposé (éros sous la forme de l’inceste), et de vouloir la mort du parent de même sexe, devenu son rival (thanatos sous la forme du parricide).

Thanatologie et thanatopraxie

La thanatologie désigne l’étude scientifique de la mort et de tout ce qui l’entoure. A ce titre, c’est un élément clé de la médecine légale, notamment au travers des modifications corporelles qui suivent la mort, et qui permettent d’en situer l’horaire approximatif. L’entomologie médico-légale, par exemple, fait partie de la thanatologie.

Une personne titulaire d’un diplôme en thanatologie est un thanatologue. Cependant on utilise fréquemment ce terme pour désigner des professionnels travaillant dans le domaine funéraire,  comme les embaumeurs ou les thanatopracteurs, même en l’absence de diplôme.

Un thanatopracteur est celui qui pratique la thanatopraxie, terme assez récent, autrement dit les soins de conservation, qui permettent de préserver le corps des défunts humains de la décomposition, afin de les rendre présentables lors des funérailles. Le terme embaumement est plutôt réservé aux pratiques de l’Antiquité, ou pour des soins permettant une conservation de longue durée (cadavre de Lénine par exemple, toujours visible dans son mausolée).

Article publié le 26 décembre 2016

 

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