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Adénopathie / Ganglion

Le système lymphatique est parsemé de ganglions, qui deviennent des adénopathies lorsqu’ils sont hypertrophiés.


Dans l’organisme coexistent deux circulations, sanguine et lymphatique, la seconde étant parallèle à la première.


Ganglion lymphatique

Ce qui caractérise le système lymphatique, c’est la présence de multiples petits organes appelés nœuds ganglionnaires (node en anglais), ou tout simplement ganglions, qui s’organisent en relais anatomiquement bien définis, chaque relais drainant un territoire précis. Ainsi le territoire de drainage lymphatique de la glande mammaire, que ce soit chez la femme ou chez l’homme, est représenté par les ganglions de l’aisselle.

Système lymphatique

Les ganglions lymphatiques jouent un rôle important dans l’immunité.

Adénopathie

Lorsqu’un ou plusieurs ganglions augmentent de taille au point de devenir palpables, on parle alors d’adénopathie (du grec adên, glande, et pathê, maladie). On peut aussi recourir à l’expression adénomégalie, qui signifie que le ganglion en question est plus gros que la normale.

Mais certains patients, qui ignorent que les ganglions sont des organes normaux, disent volontiers « j’ai des ganglions », tout comme ils diraient « j’ai des hémorroïdes », la même remarque pouvant être faite avec ces organes normaux du canal anal pris à tort pour une maladie.

Circulation lymphatique

 

Adénopathie chronique

Ganglion lymphatique

Les ganglions ayant un rôle important dans la lutte contre les infections, il est normal qu’ils s’hypertrophient en présence d’une infection localisée. Ainsi, en présence d’un panaris (infection d’un doigt), les ganglions vont augmenter de taille de relais en relais le long du membre supérieur, jusqu’à l’aisselle. Une fois le panaris guéri, les ganglions reprennent leur aspect normal, non palpables.

                                                                 Architecture d'un ganglion

Mais il arrive que les ganglions restent durablement hypertrophiés, passant à la chronicité, faisant alors suspecter quelque chose de plus grave.

Deux hypothèses sont alors possibles : soit une maladie ganglionnaire propre, bénigne (habituellement infectieuse) ou maligne, comme un lymphome, soit une infiltration des ganglions par des cellules cancéreuses ; on parle alors de métastases ganglionnaires.

Une situation clinique assez fréquente est l’existence d’une adénopathie cervicale chronique, qui peut ainsi être d’origine infectieuse, ou métastatique d’un cancer de la sphère ORL, ou encore être le signe d’une lymphopathie chronique (maladie chronique du système lymphatique, comme le lymphome). Pour trancher entre ces diverses hypothèses, le recours à l'histologie est indispensable, que ce soit par le biais d'une biopsie ganglionnaire, ou par l'étude au microscope de l'adénopathie enlevée en totalité, geste appelé adénectomie.

Biopsie ganglionnaire

 

Métastases ganglionnaires et pronostic du cancer

Lorsqu’un cancer est accompagné de métastases ganglionnaires, il passe du statut de maladie locale au stade locorégional, nettement plus grave. C’est pourquoi la présence de ganglions métastatiques dans un curage ganglionnaire, geste qui accompagne toujours l’exérèse d’un cancer, est un facteur essentiel de pronostic.

Curage ganglionnaire

L’exérèse d’une lésion cancéreuse est associée à celle des ganglions de drainage de l’organe concerné : c’est le curage ganglionnaire. Il a deux objectifs ; l’un est pronostique, comme nous venons de le voir ; l’autre est thérapeutique : enlever les ganglions envahis par la maladie est une nécessité si l’on veut espérer guérir le cancer en question.

Quand les ganglions retirés par le curage sont indemnes, on est évidemment très content, puisque le pronostic est bien meilleur ; mais, en contrepartie, on a enlevé des organes sains, qui ont un rôle non négligeable. Ne plus avoir de ganglion dans un territoire donné peut entraîner l’apparition d’un œdème lymphatique dans le territoire drainé (c’est le classique lymphoedème ou « gros bras » que l’on peut observer après curage axillaire dans le cancer du sein).

Lymphoscintigraphie

Ganglion satellite

Lymphoscintigraphie

Si l’on pouvait avoir l’information sur l’état ganglionnaire sans enlever tous les ganglions, ce serait un progrès important. C’est cet objectif qui est visé par la technique du ganglion sentinelle, développée d’abord dans la chirurgie du cancer du sein, puis étendue à d’autres cancers, comme le mélanome.

Ganglion sentinelle

On a constaté en effet que l’envahissement ganglionnaire se fait toujours dans le même sens, de la périphérie vers le centre, et non pas de manière aléatoire. Le premier ganglion envahi est toujours situé en périphérie (à la partie basse de l’aisselle pour les ganglions axillaires). Il suffit donc d’individualiser ce premier ganglion, appelé sentinelle, et d’en faire l’exérèse, pour avoir l’information requise sur le statut ganglionnaire.

Technique du ganglion sentinelle

Pour repérer le ganglion sentinelle avec certitude, il faut procéder, dans les heures qui précèdent l’intervention, à un examen de médecine nucléaire que l’on appelle lymphoscintigraphie ; en per opératoire, le ganglion, radioactif, sera repéré grâce à une sonde spéciale qui n’est rien d’autre qu’un compteur Geiger. Le ganglion est examiné au microscope en extemporané (c’est-à-dire pendant l’intervention) ; s’il est négatif, on en reste là ; s’il est positif, on réalise un curage ganglionnaire classique.

Adénite et adénolymphite

Douleur de la FIS par adénolymphite mésentérique

Pour caractériser une inflammation aiguë ou chronique des ganglions, on peut recourir au vocable adénite, ou à celui de lymphadénite, ou encore celui d’ adénolymphite. Il s’agit d’une inflammation aiguë des ganglions d’un territoire donné ; lorsque le territoire en question est le mésentère (vaisseaux de l’intestin), on parle alors d’adénolymphite mésentérique aiguë, responsable de douleurs abdominales aiguës de l’enfant ou de l’adolescent, qui donnent des douleurs de la fosse iliaque droite simulant l’appendicite aiguë. C’est une situation clinique très fréquente. Cette adénolymphite est en règle générale d’origine virale, et guérit spontanément, sans antibiotiques (dont on rappelle qu’ils ne servent à rien contre les infections virales).

Végétations adénoïdes 

L’adjectif adénoïde, qui se rapporte au tissu ganglionnaire lymphatique, n’est guère utilisé que dans l’expression végétations adénoïdes, qui désigne l’hypertrophie du tissu adénoïde de l’amygdale pharyngée.

On dit souvent d’un enfant opéré des amygdales qu’on lui a « enlevé les amygdales et les végétations ».

Hidrosadénite axillaire

Quant à l’hidrosadénite axillaire, il s’agit d’un abcès constitué à partir d’une glande sudoripare de l’aisselle. On dit aussi adénite sudoripare.

Vous noterez que le mot hidrosadénite s’écrit avec un « i » et non pas un « y », car il ne s’agit pas d’eau (hudros, en grec), mais de sueur (hidros, toujours dans la même langue).

Quand on observe de multiples hidrosadénites récidivantes, il peut s’agir alors d’une maladie spécifique appelée maladie de Verneuil.

Ganglion nerveux

Ganglion semi lunaire

Il n’y a pas que des ganglions lymphatiques ; il existe également des ganglions nerveux, soit au niveau du système nerveux dit autonom» (sympathique et parasympathique), dont le plus connu est le ganglion semi-lunaire, soit au niveau du système nerveux central, comme le ganglion trigéminal situé sur le Vème nerf crânien (il existe douze paires de nerfs crâniens).

Ganglion semi lunaire

Préfixe « adén »

L’étymologie nous apprend que ce préfixe vient du mot grec « adên », qui veut dire glande. On, nous l’avons vu, les ganglions ne sont pas des glandes.

A contrario, un adénome est une tumeur bénigne d’une glande, comme l’hypophyse ou la glande mammaire, et un adénocarcinome une tumeur maligne développée au niveau d’un épithélium glandulaire.

Cette ambiguïté étymologique est évidemment une source de confusion.

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