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Choc / Collapsus

Le choc, ou état de choc, correspond à deux types de situations : le choc psychique et le choc physique, qui est une défaillance circulatoire aiguë conduisant à l’hypoxie. Ce dernier peut évoluer vers le collapsus cardiovasculaire, puis le décès du patient, si les mesures pour le combattre efficacement ne sont pas rapidement mises en œuvre.


La prise en charge d’un état de choc circulatoire, avec ou sans collapsus cardiovasculaire, revient à l’équipe de réanimation. Celle d’un choc psychique est affaire de psychologues, notamment grâce aux fameuses cellules de soutien psychologique rapidement mises en place en cas de catastrophe, et dont les médias ne manquent jamais de nous tenir informés.

En matière circulatoire, il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas grande différence entre les mots choc et collapsus, si ce n’est une notion de degré. Dans un cas comme dans l’autre, le risque est la souffrance cellulaire par hypoxie.


Choc au sens circulatoire du termeSystème cardiovasculaire

Le choc se définit par la persistance d’une TA basse (inférieure à 90 mm Hg, ou inférieure d’au moins 30% de la TA habituelle chez un hypertendu), malgré le remplissage vasculaire, et en l’absence de signes d’insuffisance du cœur gauche.

Il faut se représenter le système cardiovasculaire (ou circulatoire) comme une pompe (le cœur) reliée à une tuyauterie (les vaisseaux) contenant du sang (la volémie).

 

Le système peut être défaillant de trois manières :

  • Soit c’est la pompe qui ne fonctionne pas bien : choc cardiogénique.
  • Soit c’est le contenu  qui diminue de volume : choc hypovolémique par diminution de la masse sanguine.
  • Soit c’est le contenant qui se dilate : la vasodilatation entraîne une hypovolémie relative.

Ce schéma nous indique les différentes étiologies (causes) possibles de choc circulatoire :Infarctus du myocarde

  • La cause la plus fréquente du choc hypovolémique est le choc hémorragique, par perte sanguine importante, notamment lors d’un traumatisme. La déshydratation sévère et les brûlures étendues en sont les autres principales causes.
  • La cause essentielle du choc cardiogénique, c’est l’infarctus du myocarde.
  • Enfin, les causes de choc par hypovolémie relative  sont le choc neurogénique, par hypotonie du système nerveux sympathique ; le choc anaphylactique, par allergie massive ; et le choc septique par infection grave ; quand une toxine est en jeu dans le processus infectieux, on parle alors de choc toxi-infectieux ou endotoxinique. Rappelons que sepsis est un synonyme d’infection

Les mesures thérapeutiques prises en urgence pour traiter un patient en état de choc sont regroupées sous le terme de déchoquage. Toutes les structures de prise en charge des urgences possèdent une salle de déchoquage (le « déchoc » pour le dire vite).

Collapsus cardiovasculaire

Le terme de collapsus, stricto sensu, désigne l’effondrement d’un  organe creux et mou, par chute de la pression qui règne dans cet organe, qui se collabe (exactement comme un ballon de baudruche qui se dégonfle). Ce mécanisme aboutit à une vasoconstriction, qui est l’inverse de la vasodilatation.

Par convention, le terme de collapsus, sans précision, est utilisé pour parler du collapsus cardiovasculaire, situation dans laquelle la pression sanguine s’effondre, comme dans le choc circulatoire : les deux notions sont donc étroitement liées.

Si le collapsus n’est pas rapidement corrigé, le pronostic vital du patient est vite engagé. C’est l’affaire des équipes de réanimation.

Collapsus non cardiovasculaireCollapsothérapie

Le poumon peut se collaber (s’affaisser), pour différentes raisons (pneumothorax, épanchement pleural, tumeur…), entraînant une détresse respiratoire.

Dans les temps historiques de la pneumologie (qui s’appelait à l’époque la pneumo-phtisiologie), la collapsothérapie (création d’un collapsus pulmonaire partiel) était une méthode utilisée dans le traitement de la tuberculose. La phtisiologie est la branche de la pneumologie qui traite de la tuberculose. Elle est un peu tombée en désuétude, du moins dans nos pays riches.

Au niveau cérébral, on décrit le collapsus ventriculaire, dû à une chute de la pression du LCR (liquide céphalo-rachidien).

Choc et courant électrique

Un choc électrique peut être une électrocution, toujours accidentelle, parfois mortelle. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la Défibrillateurcause la plus fréquente de décès liés à la pratique sportive aux Etats-Unis est l’électrocution de joueurs de golf lors d’un orage subit ! Il faut dire que, dans ce pays, il y a un très grand nombre de golfeurs d’une part, des phénomènes météorologiques très violents et subits d’autre part. Et puis, tout le monde connaît la tristement célèbre chaise électrique…

Mais le courant électrique peut aussi être utilisé à des fins thérapeutiques : le choc électrique induit par un défibrillateur peut permettre à un cœur en fibrillation ventriculaire de rebattre normalement (c’est une image très prisée au cinéma ou à la télévision que de voir un médecin procéder à un choc électrique : c’est toujours très spectaculaire !).

De même, l’électrochoc, jadis très utilisé en psychiatrie, provoque une crise convulsive par le passage très bref d’un courant électrique dans le cerveau. Cela nous semble actuellement assez barbare (il suffit de penser à Jack Nicholson dans le cultissime Vol au-dessus d’un nid de coucous !).

Choc psychologique ou émotionnelHomme politique en état de choc post-électoral

Le choc émotionnel est la conséquence possible d’un évènement traumatisant qui sature les possibilités que possède chaque individu de faire face aux émotions. L’expression consacrée est alors la suivante : « Il (elle) est en état de choc ». Ce traumatisme psychique est susceptible de laisser des séquelles, et de faire le lit de la dépression. La faculté psychique qui permet de s’en remettre s’appelle la résilience.

Résilience

Homme politique français en état de choc après une défaite électorale totalement imprévue.

Le choc émotionnel peut être provoqué par un traumatisme, un problème familial (divorce) ou sentimental (séparation), mais surtout par un deuil. On a alors coutume de dire, dans le sillage de Freud, que l’individu touché doit faire son « travail de deuil », expression toute faite dont on ne sait pas si ceux qui l’emploient à tout propos savent toujours bien ce qu’elle veut dire.

Certains disent même qu’on ne fait pas son deuil, mais que c’est le deuil qui nous fait… Vaste question, comme aurait dit le Général de Gaulle !

Article publié le 6 avril 2015

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