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Maladie / Médecine

La maladie, sous tous ses aspects, c’est l’affaire de la médecine, sous toutes ses formes, et elles sont nombreuses.


La maladie et les malades, la médecine et les médecins, tout cela appartient au vaste domaine de la santé.

Comme le souligne le philosophe Ruwen Ogien, il n’existe pas de définition de la maladie qui fasse l’unanimité. Les philosophes distinguent deux types de définitions de la maladie, « naturalistes » et « normativistes ». Les premières reposent sur des critères objectifs car physiologiques ; les secondes sur des critères subjectifs, relatifs aux normes en vigueur, qui sont susceptibles d’évoluer dans le temps et dans l’espace.


Maladie, affection, syndrome

Une maladie peut se définir simplement par une altération quelconque de l’état de santé. A l’inverse, on définit souvent la santé comme une absence de maladie. On a un peu l’impression de tourner en rond, faute d’une définition positive de ces deux notions, la maladie et la santé, à laquelle il convient de rajouter celle de bien-être (un article de cette encyclopédie est consacré au binôme santé – bien-être).

La maladie est un état morbide (on dit aussi pathologique), dont on doit faire le diagnostic, et dont il faut s’efforcer de trouver la cause (l’étiologie) avant d’en envisager le traitement.

On peut aussi employer le terme d’affection comme synonyme de maladie, en évitant de le confondre avec celui d’infection.

On ne confondra pas maladie et syndrome, lequel est un ensemble cohérent de symptômes. Cela dit, un syndrome peut être une composante d’une maladie, ou une maladie en soi (exemple : syndrome ou maladie de Goujerot-Sjögren).

Autrefois, on parlait plutôt de « mal » que de maladie : l’épilepsie portait ainsi le nom assez poétique de « haut mal », ou de « mal comitial ».

Dans sa chanson Le bulletin de santé, Georges Brassens, pour faire taire les rumeurs sur un éventuel cancer (dont il mourra d’ailleurs), chante « Je n’ai pas encore… ce mal mystérieux dont on cache le nom. ».

Actuellement, le Mal, avec une majuscule, s’oppose au Bien, et n’appartient plus au vocabulaire médical, sauf dans l’expression avoir mal quelque part, mal (avec une minuscule) étant dans ce cas synonyme de douleur.

Malade ou patient

Le terme de malade, qui désigne un sujet atteint d’une maladie, a de plus en plus tendance à être remplacé par celui de patient, peut-être par anglomanie (patient est la traduction anglaise de personne malade). De même, on n’ose plus trop parler de clientèle pour un médecin, car cela risquerait de sonner un peu trop mercantile ; on préfère dire patientèle, même si le grand public n’a pas vraiment adopté ce terme quelque peu technocratique.

A contrario, une personne en bonne santé est qualifiée de sujet sain, ou bien portant, ou encore valide.

Voici quelques expressions qui servent à désigner le fait de contracter une maladie : être malade, tomber malade (comme les femmes « tombent enceintes ») ; êtres souffrant ; souffrir d’une maladie ; quelqu’un qui n’est jamais vraiment bien portant sera qualifié de maladif. Une personne bien portante est malgré tout le patient de son médecin traitant, ou de son dentiste.

Dans une vision purement comptable de la médecine (il faut bien, de temps en temps, parler d’argent), le malade ou le patient deviennent des consommateurs de soins, et les médecins des prescripteurs de dépenses de santé.

Pathologie, nosologie, nosographie : différentes sortes de maladies

La discipline médicale qui s’occupe des maladies en général est la pathologie. Par glissement de sens, on a de plus en plus tendance à utiliser pathologie comme synonyme de maladie, ce qui autorise le pluriel (en tant que discipline, la pathologie est un terme qui ne s’emploie qu’au singulier) : il est devenu licite de parler des pathologies de l’enfant ou du vieillard. Quant à la thérapeutique, c’est la discipline médicale qui s’occupe du traitement des maladies (et là encore, on a actuellement tendance à employer thérapeutique pour traitement, et donc à valider le pluriel, inapproprié pour la discipline).

La pathologie comporte un certain nombre de sous-ensembles, comme la sémiologie (ou séméiologie), étude des signes ; l’étiologie, étude des causes ; la pathogénie (ou physiopathologie), étude des mécanismes d’apparition des maladies ; enfin la nosologie et la nosographie, qui permettent une classification des maladies en fonction de différents critères.

Il est donc possible de classer les maladies de différentes façons.

La médecine telle qu’elle est pratiquée dans les pays occidentaux comme la France (médecine dite conventionnelle occidentale) est une médecine d’organes ; le plus simple est donc de classer les maladies par organes : maladies cardiaques, neurologiques, pulmonaires, etc. Il est d’usage dans ce cas d’employer le suffixe « pathie » pour qualifier ces maladies, ce qui donne cardiopathie, neuropathie, pneumopathie, etc. Pour d’autres affections, on a recours au suffixe « ose » : dermatose pour les affections cutanées, parasitose pour les maladies parasitaires, virose pour les affections virales, etc.

Mais certaines affections ne peuvent pas être classées par organes, notamment les maladies dites de système, qui affectent plusieurs organes en même temps. Ces maladies systémiques sont le terrain de jeu de la médecine interne.

Mais il est bien  d’autres critères de classification :

  • le terrain : maladies congénitales vs acquises, maladies infantiles, maladie du vieillard, maladies de la femme enceinte ou allaitante, maladies opportunistes de l’immunodéprimé, etc ;
  • l’évolution : maladies aiguës vs chroniques ; maladies bénignes vs  graves (bénin s’entend ici dans le sens de sans gravité, et ne s’oppose donc pas à malin). Parmi les maladies chroniques, certaines appartiennent au groupe des affections de longue durée (ALD), comme définies par l’Assurance maladie ;
  • les possibilités thérapeutiques : maladies curables vs maladies incurables ;
  • l’étiologie : maladies génétiques, maladies auto-immunes, maladies professionnelles, maladies iatrogènes (provoquées par un traitement), maladies nosocomiales (contractées lors d’une hospitalisation). Quand aucune cause n’est retrouvée, on parle de maladie idiopathique.

On peut encore trouver d’autres façons de classer les maladies : maladies organiques vs fonctionnelles, maladies somatiques vs psychosomatiques, maladies somatiques vs psychiatriques, etc.

Les maladies portent des noms plus ou moins compliqués, pas toujours évidents à comprendre pour le commun des mortels : si tout le monde sait, en gros, ce qu’est l’appendicite, il faut en général quelques explications médicales pour comprendre ce qu’est une adénolymphite mésentérique, dont les symptômes sont proches de ceux de l’appendicite.

Quand un ou plusieurs médecins ont été les premiers à décrire une maladie, l’usage est de donner à la maladie le nom de ses « parents », et les médecins sont très friands de ce genre de passage à la postérité, de plus en plus rare car il ne reste plus guère de maladies à découvrir, si ce n’est des maladies orphelines. Souvent, ce nom propre existe à côté du nom usuel de la maladie : la sclérose latérale amyotrophique porte le nom de maladie de Charcot dans les pays francophones. Mais parfois la maladie n’est connue que par son nom propre : maladie de Parkinson ou d’Alzheimer. C’est la consécration ultime pour ces deux célèbres médecins.

Médecine et médecins

La médecine est la discipline qui prend en charge les maladies, quelles qu’elles soient ; elle est exercée par des médecins. On a coutume de dire que la médecine est un art, et qu’exercer (ou pratiquer) la médecine est une vocation ; ces deux affirmations me semblent malheureusement assez loin de la réalité médicale.

Rappelons brièvement qu’autrefois, une médecine était un médicament, une potion. Cet usage est frappé d’obsolescence.

Si la fonction première d’un médecin est de soigner les malades, il convient de faire deux remarques : certains médecins ne sont jamais amenés à faire des soins, et le soin n’est pas l’apanage des médecins. Tous les soignants, qu’ils soient médicaux ou paramédicaux, soignent des patients, mais seules les professions médicales sont habilitées à faire un diagnostic et une prescription. Un paramédical, comme un ostéopathe, risquerait de commettre le délit d’exercice illégal de la médecine en proposant un diagnostic. Et pourtant, difficile de faire un soin sans un diagnostic préalable.

Pour exercer la médecine, les futurs médecins doivent, après des études qui sont parmi les plus longues qui soient, soutenir une thèse d’exercice ; après quoi, ils prêteront le serment d’Hippocrate, s’inscriront au tableau du Conseil de l’Ordre des médecins, et auront le droit au titre envié de docteur.

Une précision importante : si tous les médecins sont docteurs (hormis les étudiants en médecine, qui ne le sont pas encore), tous les docteurs ne sont pas médecins. Il y a en effet des docteurs dans toutes les disciplines universitaires, tant scientifiques que littéraires.

Rappelons que, à l’époque où l’on a tendance à féminiser les fonctions, les titres, comme celui de docteur,  restent masculins (en clair, on peut dire d’une femme médecin qu’elle est une doctoresse, mais on l’appellera « Mme le Dr Unetelle ».

Différentes sortes de médecine

Il existe un très grand nombre de modes différents d’exercices de la médecine. La distinction la plus pertinente consiste à séparer, d’un côté la médecine conventionnelle occidentale, celle que l’on enseigne dans les facultés de médecine des pays occidentaux, et que pratiquent la très grande majorité des médecins français, et de l’autre toutes les médecines dites non conventionnelles, quel que soit le nom qu’on leur donne : médecines alternatives, médecines douces,  médecines holistiques, médecines orientales ou encore parallèles, etc. (Voir l’article consacré à ce sujet dans cette encyclopédie).

On l’a dit, la médecine conventionnelle a tendance, du moins en France, à être une médecine d’organes. Seuls les médecins généralistes, les internistes et les urgentistes ont une approche globale des patients ; les autres se sont spécialisés, qui en cardiologie, en chirurgie, en gynécologie, en imagerie médicale, en pédiatrie ou encore en psychiatrie.

A côté de toutes ces médecines de soin, on trouve aussi des médecines qui s’occupent des sujets bien portants, pour que, justement, ils le restent : médecine scolaire, médecine préventive, médecine prédictive, etc. On dit volontiers que c’est là un des principes de la médecine traditionnelle chinoise, qui considère que l’apparition d’une maladie signe l’échec du médecin.

D’autres distinctions doivent être faites, notamment en ce qui concerne le statut des médecins et le lieu où ils exercent : médecine de ville vs hospitalière, médecins libéraux vs salariés, etc. (Voir l’article consacré à ce sujet).

Et, pour terminer, il est important de redire ici que, si la médecine progresse à grands pas, et tend à être de plus en plus scientifique (cf. l’importance croissante de la médecine factuelle, ou médecine fondée sur la preuve), elle ne sera jamais une science exacte, puisque c’est une science dite humaine, dont le matériau, comme celui de l’anthropologie ou de l’ethnologie, est l’être humain, l’Homme. Quant aux médecins, qui sont eux aussi des humains, ils appartiennent à toutes les catégories d’individus, et dans les mêmes proportions que pour le reste de la population : certains sont compétents, d’autres pas ; certains (on espère que c’est la majorité) sont honnêtes, d’autres pas ; d’aucuns sont empathiques, voire sympathiques, d’autres pas ; mais tous doivent inspirer confiance à leurs patients ; à eux de bien placer leur confiance.

Article publié le 30 novembre 2015

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