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Terminologie des maladies de l'appareil digestif A - C

 

Les maladies de l’appareil digestif sont parmi les plus fréquentes. Elles sont prises en charge par les spécialités de gastro-entérologie et de chirurgie digestive, qui possèdent, comme toutes les autres spécialités médicales, leur lexique spécifique.


En raison du grand nombre de définitions que comporte cet article, il a été divisé en quatre parties : de A à C, de D à H, de I à P et de R à Z.
Première partie : de A à C.
 


A

1. Abcès de la marge anale
La marge anale est la partie externe de l’anus, immédiatement visible. Elle est le siège d’affections fréquentes, dont l’abcès de la marge anale, extrêmement douloureux, et qui requiert un traitement chirurgical urgent pour soulager le patient.
On a coutume d’assimiler la marge anale à un cadran de montre, avec midi en haut et six heures en bas, en précisant la position du patient (midi correspond à l’arrière quand le patient est en position dite « genu-pectorale », et à l’avant en position dite gynécologique ou « de la taille »).
L’abcès de la marge anale est la forme aiguë de la maladie, et la fistule anale la forme chronique.

2. Absorption intestinale
L’absorption intestinale désigne l’ensemble des mécanismes qui permettent à une substance, nutriment ou médicament, de pénétrer dans l’organisme via la paroi intestinale.
Quand l’absorption intestinale est défaillante, on parle de malabsorption (voir ce mot).

3. Antigène carcino-embryonnaire ou ACE
L’Antigène carcino-embryonnaire, ACE en abrégé,  est un marqueur tumoral de la plupart des cancers digestifs. Son dosage est utilisé, non pas pour faire du dépistage ou du diagnostic, mais pour surveiller l’évolution d’un cancer sous traitement.

4. Achalasie
L’achalasie (difficulté au relâchement) est plus connue sous le nom de cardio-spasme ou de mégaœsophage (voir ces mots). C’est un trouble moteur primitif de l’œsophage, caractérisé par une absence de péristaltisme œsophagien et par une relaxation incomplète du sphincter inférieur de cet organe.

5. Adénolymphite mésentérique
Il existe au niveau du mésentère (voir ce mot) de nombreux ganglions lymphatiques, qui peuvent s’enflammer à l’occasion d’une infestation virale, comme cela se passe au niveau des amygdales pour les angines virales.
Cette inflammation est appelée adénolymphite mésentérique. Elle donne lieu à des tableaux cliniques faits de douleurs abdominales qui ressemblent à une appendicite aiguë. Le diagnostic est fait par l’échographie.
L’adénolymphite mésentérique guérit spontanément en quelques jours.

6. Adhérence
A l’état normal, les viscères contenus dans la cavité péritonéale sont parfaitement libres et mobiles. Dans certaines circonstances, notamment après une ouverture chirurgicale de cette cavité (pour une appendicectomie par exemple), les organes peuvent adhérer les uns aux autres, ou avec le péritoine. C’est ce phénomène que l’on appelle  adhérences, qui deviennent des brides quand elles forment des cordes qui se tendent dans la cavité péritonéale.
Les adhérences ont la particularité de ne pas être identifiées par les différentes techniques d’imagerie médicale.
Le traitement chirurgical des adhérences s’appelle soit « libération d’adhérences », soit « adhésiolyse ».

7. Adhésiolyse

L’adhésiolyse, ou libération d’adhérences, est une intervention chirurgicale destinée à sectionner les brides et à séparer les organes intrapéritonéaux qui adhèrent les uns aux autres. L’adhésiolyse se réalise de préférence par voie cœlioscopique.

8. Aérobilie
L’aérobilie désigne la présence anormale d’air dans les voies biliaires, bien visible en imagerie. L’aérobilie peut être normale, si un geste a mis en communication directe le duodénum et la voie biliaire, comme une sphinctérotomie endoscopique ou une anastomose bilio-digestive. Quand elle survient spontanément, c’est qu’elle a été provoquée par un processus pathologique, comme une fistule cholécysto-duodénale spontanée.

9. Ambulatoire
L’adjectif ambulatoire peut être accolé à chirurgie ou à médecine. Ambulatoire  signifie que le patient ne passe que la journée dans l’établissement de soins, sans y dormir ni avant ni après l’acte réalisé.
La modalité ambulatoire (l’ambu, en abrégé) est parfaitement adaptée à bon nombre d’interventions réalisées en chirurgie digestive, et plus encore à l’endoscopie digestive.
L’expression médecine ambulatoire est parfois employée pour désigner la médecine non hospitalière, autrement dit la médecine de ville.

10. Amibe – Amibien – Amibiase – Amœbose – Amœbome – Amœbicide
Les amibes sont des parasites microscopiques. Parmi les très nombreuses variétés d’amibes, seule celle appartenant au genre Entamoeba histolytica est pathogène pour l’homme. Ce parasite  est responsable d’une maladie infectieuse appelée amœbose ou amibiase. Elle est transmise par l’eau contaminée, et se traduit par un syndrome dysentérique aigu (une forte diarrhée).
On décrit une forme particulière d’amœbose, l’amœbome colique, pseudotumeur inflammatoire d’origine amibienne.
Le traitement de l’amibiase repose sur le métronidazole, à la fois antibiotique et amœbicide. On peut recourir  également à des amœbicides de contact.
L’amibiase étant transmise par un parasite, son étude relève de la parasitologie.

11. Amylase – Amylasémie
L’amylase est une enzyme impliquée dans le catabolisme des glucides à longue chaîne, comme l’amidon. On la trouve dans la salive et le suc pancréatique.
Une augmentation de l’amylasémie, taux sanguin de l’amylase, est corrélée avec le diagnostic de pancréatite aiguë. Dans ce rôle, l’amylasémie a été supplantée par la lipasémie (voir ce mot).

12. Anastomose
Une anastomose est l’abouchement artificiel d’un organe dans un autre. En chirurgie digestive, ce sont les différents segments du tube digestif qui peuvent être anastomosés.
Une anastomose peut être réalisée sans exérèse, pour dériver un organe dans un autre (anastomose gastro-jéjunale par exemple), ou après exérèse d’un segment, pour rétablir la continuité digestive (anastomose colo-rectale par exemple).
Une anastomose est toujours caractérisée par les deux organes réunis, en citant en premier le nom de l’organe situé en amont du flux (anastomose iléo-colique), et en précisant ensuite les modalités techniques (anastomose latéro-latérale, termino-terminale, etc.).
Le risque opératoire d’une anastomose est sa désunion (lâchage anastomotique), qui donner lieu, dans le meilleur des cas à une fistule, dans le pire à une péritonite postopératoire.

13. Angor abdominal
L’angor abdominal est une manifestation d’ischémie chronique intestinale, par athérome des artères intestinales. Il donne lieu à des douleurs abdominales postprandiales (survenant après les repas).
La forme aiguë de l’ischémie intestinale est l’infarctus mésentérique (voir ce mot).

14. Angiocholite
L’angiocholite est une infection bactérienne de la bile et des voies biliaires, due en général à un obstacle à l’écoulement de la bile dans la voie biliaire principale. L’obstacle est le plus souvent un calcul du cholédoque.
L’infection de la bile vésiculaire isolée est une cholécystite (voir ce mot).
L’angiocholite ne doit pas être confondue avec la cholangite (voir ce mot).

15. Anisme
L’anisme est un dysfonctionnement des muscles qui contrôlent les contractions de l’anus. L’exonération ou défécation (voir ces deux mots) suppose leur relâchement, qui se fait mal en cas d’anisme. Il en résulte une constipation douloureuse terminale ou dyschésie (voir ce mot).
Le traitement de l’anisme repose sur le biofeedback (voir ce mot) et les injections de toxine botulique.

16. Anorexie – Anorexie mentale – Anorexigène 
L’anorexie est un symptôme et une maladie.
Le symptôme, c’est la perte d’appétit ; le patient qui en souffre est anorectique. La maladie, c’est l’anorexie mentale, qui est un trouble des conduites alimentaires (TCA).
L’anorexie mentale est un trouble psychique grave qui touche prioritairement des adolescentes, et qui se traduit par une perte de poids importante, liée à une restriction alimentaire volontaire, ou à des vomissements provoqués si l’appétit est conservé (boulimie/anorexie).
L’évolution fréquente de l’anorexie mentale vers le suicide en fait une des plus mortelles des maladies psychiatriques.
Un anorexigène est un médicament destiné à diminuer l’appétit. Ces produits sont parfois prescrits dans des régimes amaigrissants.

17. Antiémétique
Un antiémétique est un médicament actif contre les vomissements.

18. Anus - Anus artificiel
L’anus est la dernière partie du tube digestif. C’est un organe périnéal, constitué de deux parties : le canal anal et la marge anale. Les maladies de l’anus sont fréquentes, et relèvent de la proctologie.

19. Anuscopie
L’anuscopie est un examen endoscopique du canal anal, réalisé avec un endoscope rigide. L’anuscopie est en général prolongée en rectoscopie. Une stomie digestive est souvent qualifiée d’anus artificiel.

20. Aphagie
L’aphagie est l’incapacité à avaler des aliments. C’est la forme majeure de la dysphagie (voir ce mot). L’aphagie traduit la présence d’une sténose œsophagienne, souvent de nature tumorale.

21. Appendice
L’appendice (de son nom complet appendice vermiculaire) est un reliquat embryonnaire sans fonction connue, appendu à la face interne du cæcum  (voir ce mot), en dessous de la valvule iléocæcale. Il est situé dans la région de l’abdomen appelée fosse iliaque droite.
En dépit de ce que l’on croit habituellement, appendice est un nom masculin, contrairement à appendicite.

22. Appendicite – Appendicectomie
L’appendicite aiguë est une inflammation de l’appendice. C’est une des causes  les plus fréquentes de douleurs abdominales de l’enfant et de l’adolescent.
Le traitement de l’appendicite aiguë repose sur l’appendicectomie (ablation de l’appendice), qui peut être réalisée par voie ouverte (la classique « incision de Mc Burney ») ou par voie cœlioscopique.

23. Artérite intestinale (ou digestive)
La maladie athéromateuse peut toucher les artères intestinales, notamment l’artère mésentérique supérieure qui vascularise l’intestin grêle. Cette artérite intestinale (artérite digestive) est responsable d’ischémie chronique (angor abdominal, voir ce mot) ou aiguë (infarctus mésentérique, voir ce mot). 

24. Ascite
L’ascite est un épanchement liquidien intrapéritonéal, de nature variable selon sa cause, qui est le plus souvent une cirrhose (décompensation ascitique de la cirrhose), mais qui peut aussi être en rapport avec une insuffisance cardiaque ou une tumeur digestive ou ovarienne évoluée (ascite néoplasique).
La tension abdominale douloureuse provoquée par la présence de l’ ascite peut être soulagée par une ponction d’ascite, qui peut permettre parfois l’évacuation d’une dizaine de litres de liquide ascitique.

25. Auscultation abdominale – Ausculter
Le fonctionnement intestinal est générateur de bruits dits hydro-aériques, que l’on écoute par auscultation abdominale, à l’aide d’un stéthoscope.
On en profite pour rappeler que le verbe ausculter ne veut pas dire examiner, mais écouter le fonctionnement des organes.

26. Auto-anticorps
Il existe en pathologie digestive, que ce soit en gastro-entérologie ou en hépatologie, de nombreuses maladies auto-immunes. La recherche d’auto-anticorps est donc courante dans cette discipline.

B

27. Bézoard                                                                                                                                                                     Un bézoard est un corps étranger intra gastrique, qui peut être constitué de différentes matières : des médicaments agglutinés, ce qui donne un pharmacobézoard ; des débris végétaux : phytobézoard ; des cheveux dans le trichobézoard, chez les sujets atteints de trichophagie. Pour qu’un bézoard se constitue, il faut qu’il y ait un trouble du comportement (manger ses cheveux ou les médicaments avec leur boîte) et un ralentissement de la vidange gastrique, qu’elle qu’en soit la cause, comme la gastroparésie du diabétique.

28. Bilan hépatique
Le bilan hépatique est un ensemble cohérent de paramètres biologiques qui étudie le fonctionnement hépatique à partir d’un prélèvement sanguin.
Comme la plupart des constantes mesurées sont des enzymes, on parle aussi d’enzymologie hépatique : amino-transférases ASAT et ALAT (qu’on ne devrait plus appeler transaminases, SGOT et SGPT) ; phosphatases alcalines  (PAl) ; gamma-glutamyl-transpeptidase (Gamma-GT). On y associe le dosage de la bilirubine (voir ce terme), qui n’est pas une enzyme.
Selon le résultat, on parlera de bilan hépatique normal ou perturbé (cytolyse et/ou cholestase), ce qui oriente vers une maladie hépatique ou des voies biliaires.

29. Bile - Biliaire - Bilieux  
La bile est un liquide biologique sécrété par le foie, dont le rôle est de favoriser la digestion des lipides.
Sa couleur est jaune-verdâtre, son aspect un peu huileux, et son pH basique.
Elle contient essentiellement de l’eau, mais également des électrolytes, des sels biliaires, de la bilirubine et du cholestérol. La bilirubine est responsable de la couleur marron des selles. Le cholestérol biliaire est impliqué dans la constitution de la lithiase biliaire.
Le foie secrète de la bile en permanence. La moitié est stockée dans la vésicule entre les repas. La contraction vésiculaire contemporaine du repas propulse de la bile dans le duodénum pour favoriser la digestion des graisses.
De l’ancienne conception médicale des quatre tempéraments (sanguin, lymphatique, bilieux et atrabilaire), il persiste dans le langage courant les expressions « se faire de la bile » (se faire du souci), ou « être bilieux », qui ne correspondent à aucune réalité physiologique.
Tous les mots qui concernent la bile commencent par le préfixe « –chol ».

30. Bilirubine  – Bilirubinémie
La bilirubine est un pigment jaune que l’on trouve dans le sang et la bile. Elle provient de la dégradation de différents produits, notamment l’hémoglobine.
La bilirubine se trouve dans l’organisme sous deux formes : la bilirubine libre, non conjuguée, et la bilirubine conjuguée  par transformation hépatique.
Une partie de la bilirubine conjuguée passe dans la bile, puis dans l’intestin, où elle est dégradée en stercobilinogène (de couleur brune). Le reste est éliminé par les urines sous forme d’urobiline (de couleur jaune).
Le taux sanguin de bilirubine s’appelle la bilirubinémie. Le laboratoire donne toujours la valeur sanguine des deux formes de bilirubine, libre et conjuguée.
L’augmentation forte de la bilirubinémie se traduit cliniquement par une coloration jaune-orangée de la peau et des muqueuses, l’ictère (la jaunisse en langage populaire).
Il existe donc des ictères à bilirubine libre, qui orientent prioritairement vers une hémolyse, et des ictères à bilirubine conjuguée, dont la cause est en général un obstacle à l’écoulement de la bile, autrement dit une cholestase.

31. Biofeedback
Le biofeedback, ou rétrocontrôle biologique, est un ensemble de techniques de rééducation visant à modifier une fonction physiologique. Il est utilisé en pathologie digestive, pour rééduquer notamment la fonction d’exonération, en cas de constipation terminale ou d’incontinence : biofeedback périnéal.

32. Borborygmes
Les borborygmes (toujours au pluriel)  sont des bruits émis par le tube digestif pendant la digestion. Ce terme savant est peu connu du grand public, qui parle plus volontiers de gargouillis ou de gargouillements. On peut aussi employer le terme flatulence, qui correspond plutôt à des borborygmes suivis de l’émission de gaz par la bouche (rôt) ou par l’anus (pet).

33. Bride
Une bride est une variété particulière d’adhérence, qui forme comme une cordelette tendue dans la cavité péritonéale, susceptible de bloquer, voire d’étrangler l’intestin : c’est l’occlusion sur bride.

34. Bruits hydro-aériques
A l’état normal, le fonctionnement intestinal est générateur de bruits hydro-aériques, que l’on entend par l’auscultation de l’abdomen. En cas d’occlusion ou d’iléus postopératoire, ces bruits hydro-aériques sont diminués ou absents : on parle alors de « silence abdominal ».

C

35. Cachexie – Cachectique
La cachexie est un affaiblissement profond de l’organisme, au-delà de la maigreur, en rapport avec une dénutrition intense. La cachexie est un symptôme qui peut avoir plusieurs causes : une anorexie intense, ou la phase terminale d’une maladie comme le cancer ou le SIDA. Le patient qui souffre de cachexie est dit cachectique.

36. Cæcum 
Le cæcum  est la partie initiale du colon, dans laquelle s’abouche l’iléon, au niveau de la valvule iléo-cæcale de  Bauhin. En dessous de celle-ci est implanté l’appendice. Le cæcum fait partie du colon droit.
 
37. Calcul biliaire - Cholélithiase
Un calcul biliaire est une concrétion produite par la muqueuse vésiculaire. Initialement tout petits, décrits comme du sable ou de la boue, ou encore du sludge, ils grossissent jusqu’à atteindre parfois une taille de plusieurs centimètres. Les calculs vésiculaires sont responsables de l’inflammation de la paroi vésiculaire, appelée cholécystite (voir ce mot). Un ou plusieurs calculs peuvent sortir de la vésicule et se retrouver, via le canal cystique, dans la voie biliaire principale.
La maladie caractérisée par la présence de calculs biliaires s’appelle lithiase ou cholélithiase.

38. Cancer digestif
L’appareil digestif est le siège de nombreux cancers, dont certains sont particulièrement fréquents, comme les cancers colorectaux.
Histologiquement, la plupart de ces cancers sont des adénocarcinomes, sauf aux deux extrémités du tube digestif : les cancers de l’œsophage et de l’anus sont des carcinomes épidermoïdes.
Les tumeurs malignes hépatiques peuvent être primitives (carcinome hépatocellulaire) ou secondaires (métastases hépatiques).
Le dépistage du cancer colorectal est une activité essentielle en gastro-entérologie.

39. Cardia – Cardial
En anatomie, le cardia, ou jonction cardio-œsophagienne, est la partie initiale de l’estomac, dans laquelle se termine l’œsophage. Il se situe immédiatement en dessous du hiatus œsophagien, ou orifice hiatal, orifice diaphragmatique qui permet la communication entre le médiastin et la cavité péritonéale.
En cas de hernie hiatale, la jonction cardio-œsophagienne se trouve située au-dessus du hiatus œsophagien, ce qui provoque un reflux gastro-œsophagien.
L’incidence du  cancer cardial est en augmentation constante.

40. Cardiospasme
Cardiospasme (spasme du cardia) et mégaœsophage sont des synonymes d’achalasie (voir ce mot).

41. Cénesthopathie
La cénesthopathie est une sensation douloureuse qui ne correspond à aucune lésion organique. C’est donc un symptôme fonctionnel, particulièrement fréquent au niveau digestif.
La cénesthopathie est une composante majeure des troubles fonctionnels intestinaux (syndrome de l’intestin irritable, colopathie spasmodique).

42. Cholangite biliaire primitive (CBP)

La cholangite biliaire primitive était connue naguère sous le nom de cirrhose biliaire primitive. Elle a été débaptisée car elle n’évolue que rarement vers la cirrhose. C’est une maladie chronique inflammatoire des voies biliaires de petit calibre, donc intrahépatiques. Il s’agit vraisemblablement d’une maladie auto-immune.

43. Cholangite sclérosante primitive (CSP)
La cholangite sclérosante primitive est une affection inflammatoire et sclérosante des voies biliaires intra et/ou extra-hépatiques, responsable d’une cholestase chronique, et qui évolue vers la cirrhose biliaire.
La CSP est une maladie idiopathique (sans cause connue), peu fréquente.

44. Cholécystite
La cholécystite aiguë est une inflammation aiguë de la paroi vésiculaire. Quand elle est due à la présence de calculs vésiculaires, il s’agit d’une cholécystite lithiasique, complication la plus fréquente de la lithiase biliaire. Mais il existe de rares cholécystites alithiasiques, non dues à la lithiase biliaire.
Il existe différents degrés d’attente de la paroi vésiculaire, la plus grave étant la cholécystite gangréneuse.
Sur les comptes-rendus d’anatomo-pathologie de pièces de cholécystectomie, il est fréquemment fait mention d’aspects de cholécystite chronique.

45. Cholépéritoine
Le cholépéritoine correspond à la présence de bile dans la cavité péritonéale. La bile est très mal tolérée par le péritoine, ce qui rend le cholépéritoine particulièrement douloureux.
Un cholépéritoine peut survenir au retrait d’un drain biliaire.

46. Cholestase – Cholostase 
La cholestase ou cholostase (stase biliaire) est une diminution plus ou moins complète de l’écoulement de la bile, avec passage sanguin possible de bilirubine, ce qui donne une traduction clinique, l’ictère cutanéomuqueux, et une traduction biologique, le syndrome cholestatique (ou cholostatique), qui associe une hyperbilirubinémie et une augmentation du taux sanguin de la Gamma-GT et des phosphatases alcalines. Mais il est des cholestases anictériques (sans ictère).
On décrit deux types de cholestase, selon le siège de l’obstacle : la cholestase intra-hépatique, par atteinte hépatocytaire, et la cholestase extra-hépatique, par obstacle sur les voies biliaires, de nature lithiasique ou tumorale.

47. Cirrhose 

La cirrhose est une hépatopathie (une maladie du foie) chronique associant des lésions de fibrose à des nodules qui transforment l’architecture hépatique et modifient son fonctionnement. La couleur rousse de ces nodules est à l’origine du nom que Laennec a donné à cette affection (kirrhos veut dire roux en grec). Le foie étant le seul organe atteint par la cirrhose, il est inutile de préciser « cirrhose du foie » ; cirrhose suffit.
La cirrhose évolue en deux stades : compensée, puis décompensée par l’apparition de complications liées à l’hypertension portale (voir ce mot). Si le patient cirrhotique survit aux complications, il risque la transformation cancéreuse, l’hépatocarcinome sur cirrhose.
Les causes de cirrhose sont nombreuses, largement dominées par l’alcoolisme et les hépatites.
La cirrhose biliaire primitive, qui n’est pas une cirrhose, a changé de nom. Elle s’appelle maintenant cholangite biliaire primitive.

48. Cœlioscopie
La cœlioscopie (ou laparoscopie) est une technique vidéo-chirurgicale dite mini-invasive, qui permet de faire la quasi-totalité des interventions pratiquées en chirurgie digestive avec une caméra introduite dans la cavité péritonéale et des instruments longs et fins qui pénètrent grâce à des trocarts introduits par de toutes petites incisions (les fameux « petits trous » auxquels la cœlioscopie se résume habituellement pour les patients).
Cœlioscopie est un terme réservé aux interventions qui se passent dans la cavité péritonéale, comme la cholécystectomie.
Quand l’intervention ne peut pas être terminée par voie  cœlioscopique, on parle de conversion en laparotomie.

49. Clostridium difficile
Clostridium difficile est une espèce de bactérie du genre Clostridium.
C’est un bacille G + (Gram positif), anaérobie strict et sporulé, qui présente la particularité de produire deux toxines.
Germe de la flore commensale intestinale, Clostridium difficile est le principal agent de la diarrhée provoquée par l’antibiothérapie (diarrhée nosocomiale), dont la forme la plus sévère est la colite pseudo-membraneuse.
Il est fréquent que des patients, surtout âgés et vivant en institution, ou hospitalisés, soient porteurs sains du germe.

50. Clostridium perfringens
Clostridium perfringens est un bacille Gram positif du genre Clostridium. C’est une bactérie anaérobie stricte, qui produit une toxine responsable de l’entérite nécrosante.  

51. Colectasie
La colectasie est une dilatation aiguë du côlon dans sa totalité, ou d’une partie de celui-ci : le cæcum, le transverse, le sigmoïde. La partie dilatée est remplie de gaz qui ne s’évacuent pas. Le risque évolutif est la perforation.
La colectasie porte également les noms de syndrome d’Ogilvie, ou de pseudo-obstruction colique.
 
52. Colectomie 
Une colectomie est une résection chirurgicale de tout ou partie du côlon : colectomie totale ou subtotale. Dans le cas d’une colectomie subtotale, elle peut concerner le colon droit (hémicolectomie droite), le colon transverse (colectomie transverse), le colon gauche (hémicolectomie gauche), le sigmoïde (sigmoïdectomie). L’exérèse peut se terminer par une anastomose ou par une colostomie, temporaire ou définitive

53. Colique
Une colique est une violente douleur paroxystique, en général provoquée par la distension d’un organe. En pathologie digestive, il s’agit de la colique hépatique (« crise de foie »), due à la distension brutale de la vésicule par obstacle lithiasique du canal cystique. La colique hépatique n’a donc rien à voir avec le foie.
Dans le langage populaire, la colique désigne parfois la diarrhée (avoir la colique).

54. Colite
Colite est un terme très générique, qui désigne une inflammation du colon, qui peut être aiguë ou chronique. Il y a donc des colites aiguës et des colites chroniques.
La liste des affections responsables d’une colite est trop longue pour être donnée in extenso. On citera quelques maladies qui comportent le terme colite dans leur énoncé : recto-colite hémorragique, colite parasitaire, colite lymphocytaire, colite pseudomembraneuse, etc.

55. Colite pseudomembraneuse
La colite pseudomembraneuse est la forme sévère de la diarrhée nosocomiale, provoquée par un germe producteur de toxine appelé Clostridium difficile (voir ce terme).

56. Côlon – Colopathie
Le côlon est la partie du tube digestif située entre l’intestin grêle et le rectum. Il mesure environ 1,50 m de long sur 8 cm de large. Le côlon est disposé en cadre (cadre colique)  de la fosse iliaque droite à la fosse iliaque gauche.
La fonction principale du colon est de réabsorber l’eau présente dans le contenu intestinal, ce qui a comme résultat de donner des selles solides, les matières fécales, qui contiennent la flore microbienne intestinale, ou microbiote.
D’une manière générale, une affection colique est une colopathie.

57. Colopathie fonctionnelle ou spasmodique
Colopathie fonctionnelle et coloscopie spasmodique sont des synonymes de troubles fonctionnels intestinaux. Il s’agit de l’association très fréquente de douleurs abdominales, de troubles du transit (alternance de diarrhée et de constipation), de sensations de ballonnement, sans lésion organique objectivable.

58. Coloscopie
La coloscopie est l’examen endoscopique du colon, grâce à un fibroscope souple appelé coloscope. Elle permet des biopsies, et l’ablation de polypes : polypectomie endoscopique.

59. Colostomie
La colostomie est l’abouchement, temporaire ou définitif, du colon à la peau. Les selles sortent par la colostomie, et sont recueillies dans une poche de colostomie.
La colostomie peut être latérale, sans interruption colique, ou terminale, avec interruption de la continuité colique.
Supprimer une colostomie latérale est une fermeture de colostomie ; supprimer une colostomie terminale est un rétablissement de la continuité.

60. Constipation
La constipation est une difficulté à déféquer, autrement dit à aller à la selle. Elle se définit par une fréquence des selles inférieure à trois par semaine, ou par des difficultés récurrentes à exonérer.
Ce terme est toujours utilisé au singulier.
On distingue deux types de constipation : la constipation de transit et  la constipation terminale, appelée dyschésie. Dans le premier cas, il s’agit d’ne augmentation du temps de transit ; dans le second, d’une difficulté à évacuer le rectum.

61. Conversion
Lors d’une intervention menée par voie cœlioscopique (« sous  cœlioscopie »), il peut arriver que l’on choisisse de passer en laparotomie pour finir l’intervention en toute sécurité ; c’est la conversion (en laparotomie), dont l’éventualité doit avoir été indiquée au patient avant l’intervention.

62. Cytolyse
Cytolyse veut dire destruction cellulaire, qui peut se produire de deux façons : la mort cellulaire naturelle, appelée apoptose, et la destruction cellulaire provoquée par un agent pathogène, la nécrose.
En pathologie hépatique, la destruction des hépatocytes se traduit, au niveau de l’enzymologie hépatique, par une augmentation sensible des amino-transférases (les transaminases) ASAT et ALAT.
Cette augmentation est qualifiée de cytolyse. Elle s’observe notamment en cas d’hépatite.

 

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