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Santé bucco-dentaire

Les problèmes de santé buccodentaire relèvent de différentes spécialités.


Le premier volet de ce diptyque consacré aux dents traitait de l’hygiène bucco-dentaire. Celui-ci est consacré aux soins dentaires, pris en charge par différents spécialistes, au premier rang desquels se place le dentiste, le chirurgien-dentiste.


Art dentaire, chirurgie dentaire, dentisterie, médecine dentaire, odontologie 

Tous les termes énumérés ci-dessus sont synonymes. Les soins dentaires, quelles que soient le nom qu’on leur donne,  sont réalisés par des dentistes, docteurs en chirurgie dentaire après soutenance d’une thèse d’exercice. Ils doivent être inscrits au Conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes. Un dentiste est tout autant docteur qu’un médecin ou qu’un pharmacien. On notera qu’on emploie plus volontiers odontologie que chirurgie (ou médecine), mais plus  rarement odontologiste (ou odontologue) que chirurgien-dentiste (ou dentiste).

L’expression populaire « menteur comme un arracheur de dents » semble  venir de ce que, avant l’introduction de l’anesthésie dentaire, quasi systématique de nos jours, les « arracheurs de dents », qui officiaient de manière foraine, promettaient que, dans leurs mains, l’arrachage serait indolore, ce qui n’était bien entendu jamais le cas.

Si l’on veut aller plus loin dans le détail, voici quelques dénominations des différentes activités odontologiques :

  1. Odontologie conservatrice : soins sur la couronne dentaire, notamment le traitement des caries.
  2. Odontologie chirurgicale : avulsion des dents de sagesse, traitement des canines incluses…
  3. Endodontie : soins internes des racines dentaires, dévitalisation de la dent.
  4. Endodontie chirurgicale : chirurgie de l’extrémité des racines, comme l’exérèse  des kystes et des granulomes.
  5. Occlusodontie, qui traite les problèmes d’occlusion dentaire.
  6. Pédodontie ou odontologie pédiatrique : soins dentaires chez les enfants.
  7. Gérodontie ou odontologie gériatrique : soins dentaires des personnes âgées.

Les prothèses, les implants et l’orthodontie seront étudiés dans les paragraphes suivants.

Prothèse dentaire et prothésiste

Tout ce qui sert à la reconstitution des pertes de substance des dents ou au remplacement des dents absentes porte le nom de prothèse : couronne, bridge, implant, prothèse dentaire amovible, plus connue sous le nom de dentier.

La couronne est à la fois le nom de la partie visible de la dent, recouverte d’émail, et celui de la prothèse qui sert à la remplacer. Elle peut être réalisée dans différents matériaux, céramique, alliage métallique (nickel-chrome ou chrome-cobalt), voire métal précieux.

Le bridge sert à remplacer une dent absente en s’appuyant sur les dents adjacentes. Il est donc une sorte de pont (bridge en anglais) entre deux dents, d’où son nom.

L’implant est constitué de deux parties : une tige  implantée dans l’os alvéolaire, sur laquelle vient se fixer une prothèse. Stricto sensu, l’implant ne désigne que la tige.

Quant à la prothèse dentaire amovible, ou dentier, il en existe de deux types : la prothèse amovible complète, qui s’appuie sur les gencives et qui a besoin d’un produit collant pour tenir le mieux possible, et la prothèse amovible partielle, qui s’appuie sur les dents adjacentes grâce à des crochets.

Pour cette activité de prothèse, le chirurgien-dentiste a besoin de collaborer avec un prothésiste dentaire. Celui-ci travaille à partir des empreintes réalisées par le dentiste, qui lui permettent de réaliser des prothèses totalement sur mesure, dans le matériau choisi par le patient, et la couleur définie par le dentiste. En règle générale, le chirurgien-dentiste travaille toujours avec le même prothésiste.

Implantologie

L’implantologie est une discipline à part de l’odontologie. Elle n’est pas pratiquée par tous les chirurgiens-dentistes, et ceux qui en ont l’expérience ont tendance à un faire un exercice exclusif.

L’implant dentaire, ou ancrage dentaire, est un dispositif médical implanté (ancré) dans l’os (maxillaire ou mandibulaire), qui permet de recevoir une prothèse dentaire fixe ou amovible. L’implant (la tige) peut être en titane, en zircone ou en polymère. La prothèse ne sera fixée sur l’implant qu’après la phase d’ostéo-intégration de l’implant, qui dure environ 4 mois. Une dent provisoire peut être mise en place, dans certains cas, pendant ce délai.

Orthodontie et orthodontiste

L'orthodontie est un discipline en plein essor qui s’attache à la correction des mauvaises postures des dents (orthodontie proprement dite) ou des mâchoires (orthopédie dento-faciale, ODF). C’est une discipline exclusive, dans le sens où l’orthodontiste ne fait que de l’orthodontie ou de l’orthopédie dento-faciale, celle-ci étant réservée à l’enfant en période de croissance.

Les forces exercées sur les dents permettent de corriger progressivement les dysmorphoses : malocclusions et malpositions dentaires.

Les matériels utilisés sont des appareillages amovibles, semi-amovibles ou fixes, des appareils de contention. Les bagues que l’on voit fréquemment sur les dents des enfants sont des appareillages fixes. Les cas plus complexes relèvent de la chirurgie maxillo-faciale.

Stomatologie et chirurgie maxillo-faciale

La stomatologie (du grec stoma, la bouche) est la spécialité médico-chirurgicale qui traite des affections de la bouche et de son contenu, notamment les dents et la langue, ainsi que de ses annexes, comme les glandes salivaires. Elle est exercée par des stomatologues, ou stomatologistes, qui ont fait des études de médecine et non pas de chirurgie dentaire. Pour des raisons d’harmonisation au sein de l’Union européenne, la spécialité de stomatologie a été remplacée en 2011 par la « chirurgie orale ».

La chirurgie maxillo-faciale a un champ d’action un peu plus étendu que celui  de la stomatologie, dans la mesure où elle prend également en charge  les pathologies suivantes : traumatismes et tumeurs de la face, dysmorphoses faciales comme le prognathisme (menton proéminent)  ou le rétrognathisme (menton reculé). Le chirurgien maxillo-facial procède aussi à des réparations complexes du visage, notamment les exceptionnelles greffes de visage, la première au monde ayant été réalisée en France en 2005, à Amiens, par le Pr Duvauchelle.

Problèmes dentaires et santé bucco-dentaire

Avoir mal aux dents a toujours été le lot des humains, au point que Georges Brassens, dans sa chanson Le testament, se console de sa mort prochaine avec ces deux vers:

« J’ai quitté la vi’ sans rancuneJ’aurai plus jamais mal aux dents ».

Voici un petit catalogue alphabétique des problèmes bucco-dentaires les plus fréquents, et de certains actes de pratique courante en dentisterie.

  1. Anesthésie dentaire : les dentistes ont de plus en plus souvent recours à l’anesthésie dentaire pour réaliser des soins qui pourraient être douloureux. Elle ne supprime pas la peur du dentiste. Attention aux possibles réactions allergiques.
  2. Aphte : un aphte est un ulcère superficiel et douloureux de la muqueuse buccale. L’aphtose peut apparaître isolément, sans cause apparente, ou faire partie d’un syndrome comme dans la maladie de Behçet.
  3. Avulsion dentaire : le fait d’enlever une dent en totalité (couronne et racines) est une avulsion dentaire, ou une extraction dentaire. Avant la réalisation de certains actes chirurgicaux comme une valvulopathie cardiaque, on demande au patient de se faire faire l’avulsion de toutes les dents qui pourraient être un point d’appel pour une infection.
  4. Bruxisme : le bruxisme (ou bruxomanie) désigne le fait de grincer involontairement des dents, notamment la nuit (bruxisme nocturne). Le sujet atteint de bruxisme est un bruxomane. Quand le bruxisme est sévère, il peut aboutir à la brycose, caractérisée par des abrasions dentaires importantes.
  5. Carie : la carie dentaire, ou plus simplement la carie, est une maladie infectieuse de la dent très fréquente, notamment chez les enfants,  témoignant en général d’une mauvaise hygiène bucco-dentaire. Un des traitements possibles de la carie est l’obturation des cavités pathologiques par un amalgame, souvent encore appelé plombage, terme impropre puisqu’il ne contient pas de plomb ; en revanche les amalgames contiennent du mercure, dont la toxicité est établie. Le composite (ou résine composite) est une technique plus récente, dont l’avantage est de pouvoir imiter la couleur de la dent soignée.
  6. Chute des dents : la chute des dents de lait est physiologique, mais pas celle des dents définitives, qui peuvent cependant tomber pour de multiples raisons (traumatismes, caries mal soignées, maladies parodontales, dents déchaussées, etc.). Un individu sans dent est dit édenté.
  7. Dent déchaussée : les dents sont fixées dans l’os alvéolaire de la mâchoire par le parodonte. En cas de parodontite, la fixation se dégrade, amenant au phénomène de dent déchaussée. Celle-ci devient mobile (elle semble s’allonger) et surtout responsable d’une hypersensibilité dentaire.
  8. Dent dévitalisée : lorsqu’une carie est profonde et qu’elle atteint le nerf, celui-ci doit être retiré sous anesthésie locale ; c’est la dévitalisation ou pulpectomie. La dent reste vivante, mais insensible (c’est le but recherché) et plus fragile.
  9. Dent incluse : une dent incluse est une dent qui n’a pas fait éruption (c’est le terme consacré) au niveau de la mâchoire, et qui est restée bloquée dans l’os. Cela concerne avant tout les dents de sagesse et les canines maxillaires (celles du haut).
  10. Gingivite : la gingivite est une inflammation de la gencive. Celle-ci appartenant au parodonte, la gingivite est une affection parodontale.
  11. Glossite : la glossite est une inflammation de la langue, dont les causes sont très nombreuses. La langue présente un aspect « dépapillé ».
  12. Mycose buccale : les mycoses buccales sont très fréquentes, et le plus souvent provoquées par un champignon microscopique, une levure appelée Candida albicans. On parle donc de candidose buccale, qui porte le joli nom de muguet chez le nourrisson.
  13. Parodontite : la parodontite est une inflammation d’un des composants du parodonte, tissu de soutien de la dent. Elle s’accompagne en général d’une perte de l’os alvéolaire appelée alvéolyse.
  14. Pulpite : la pulpite est une inflammation de la pulpe dentaire, qui occasionne des douleurs intenses appelées familièrement rage de dents.
  15. Sensibilité dentaire : la sensibilité (ou hypersensibilité) dentaire au chaud, au froid, au sucré, à l’acidité, ou encore au brossage, résulte d’une atteinte de la dentine.
  16. Tartre : le tartre dentaire est de la plaque dentaire minéralisée, qui  n’est pas accessible au brossage. Le détartrage, qu’il faut faire régulièrement pour éviter les conséquences parodontales du tartre,  est l’apanage du dentiste, qui utilise en général des ultrasons pour réaliser cet acte. 

Coûts des soins dentaires

Il est habituel d’entendre qu’en France les gens qui ont des revenus modestes sacrifient d’abord leur santé bucco-dentaire, mal remboursée. Est-ce une réalité ?

En France, les soins dentaires courants, notamment les soins dits conservateurs, sont remboursés par l’Assurance Maladie, sauf d’éventuels dépassements d’honoraires. En revanche, les soins plus complexes, comme les couronnes, les prothèses, les implants, ne sont pas pris en charge, et ils peuvent être très coûteux, car en la matière, les honoraires sont libres. Ils doivent cependant faire l’objet d’un devis préalable. Les soins d’orthodontie sont pris en charge s’ils sont commencés avant l’âge de 16 ans, sous réserve d’une entente préalable.

Les professionnels concernés expliquent en général le montant élevé de ces soins à honoraires libres par le fait que la rémunération des soins conservateurs est trop faible pour payer les frais d’un cabinet dentaire. Ce qui n’est pas forcément inexact dans un pays où le déplacement d’un plombier est nettement plus onéreux que celui d’un médecin.

Article publié le 28 novembre 2016

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