Les derniers articles
11 Septembre 2017
La maladie, les médecins et moi Le parcours d’un patient Cinquième partie : la fin de vie Chapitre 15 : paroles de soignants Dans ce dernier chapitre, ce sont les soignants qui ont la parole.
10 Septembre 2017
La maladie, les médecins et moi Le parcours d’un patient Cinquième partie : la fin de vie Chapitre 14 : la fin du parcours Aujourd’hui les enfants sont tous venus me voir, les uns après les autres.
09 Septembre 2017
La maladie, les médecins et moi Le parcours d’un patient Cinquième partie : la fin de vie* Chapitre 13 : les soins palliatifs J’ai donc  souhaité être pris en soins palliatifs.
08 Septembre 2017
 La maladie, les médecins et moi Le parcours d’un patient Quatrième partie : les métastases Chapitre 12 : réapparition des métastases L’oncologue, le Dr V.
07 Septembre 2017
 La maladie, les médecins et moi Le parcours d’un patient Quatrième partie : les métastases Chapitre 11 : l’hépatectomie Mon chirurgien, le Dr G.

Mort

La mort est le terme inéluctable et attendu de la vie. Mais c’est un peu plus compliqué que cela.


L’expression familière « à la vie, à la mort » est employée pour désigner un sentiment très fort, comme l’amitié entre Montaigne et La Boétie (« parce que c’était lui, parce que c’était moi »). Elle montre en tout cas en quoi ces deux notions sont indissociables, au point que la plupart des définitions de l’un ou de l’autre de ces deux mots se donne négativement par rapport à l’autre.

Les philosophes de l’Antiquité gréco-latine enseignaient qu’apprendre à vivre consistait d’abord à se préparer à bien mourir. La mort donnait un sens à la vie.

Après l’article consacré à la vie, voici celui qui concerne la mort.


La mort

La mort est le terme ultime de la vie, quelle que soit la façon dont elle survient. L’être humain est mortel, et ce qui le différencie des animaux, c’est qu’il le sait par avance. Comme le disent les philosophes, l’homme a conscience de sa finitude.

Mais même cette vieille certitude que la mort est inéluctable est battue en brèche par les transhumanistes, comme nous le verrons plus loin. 

Au moment de la mort, les fonctions organiques s’arrêtent, notamment les activités cardiaque et circulatoire. Les tenants du vitalisme diraient que la force vitale s’est retirée.

Mais c’est l’arrêt de toute activité cérébrale, la « mort cérébrale », qui sert actuellement à définir de manière indiscutable la mort d’un être humain. En effet, les autres fonctions peuvent être maintenues artificiellement par la réanimation. Cependant, dans la très grande majorité des cas, on peut constater un décès sans avoir à vérifier que l’activité cérébrale a cessé.

On emploie fréquemment des synonymes du mot mort, moins agressifs, comme décès (certificat de décès, patient décédé), ou encore exitus,  qui n’est connu que des médecins, ce qui peut être un avantage dans certaines circonstances.

La mortalité et la létalité

D’habitude on utilise le mot mortalité en l’associant à un adjectif ou une expression qui la qualifie. On parle ainsi de mortalité hospitalière, routière, postopératoire, ou encore par infection nosocomiale. Il s’agit  de qualifier les circonstances et les causes de ces décès.

La mortalité peut aussi concerner la gravité d’une maladie : on dira par exemple que la mortalité due au virus Ebola est extrêmement élevée. Mais, dans ce dernier cas, il serait plus exact de parler de létalité, ce que l’on ne fait habituellement pas, ce substantif étant très peu usité, contrairement à l’adjectif létal.

La mortalité s’exprime  à travers un pourcentage, le « taux de mortalité », qui est le nombre annuel de décès dus à une cause rapporté au nombre d’habitants de la zone étudiée.

Il ne faut pas confondre taux de mortalité et taux de létalité, lequel est la proportion de décès chez les patients atteints d’une affection donnée.

Si on prend l’exemple des infections nosocomiales en France en 2016, le taux de mortalité désigne le nombre de patients morts d’infection nosocomiale dans la population française, et le taux de létalité représente la proportion de malades atteints d’une infection nosocomiale qui en sont morts.

Différentes sortes de mort

La définition la plus simple de la mort, c’est la fin de la vie, par arrêt des fonctions vitales, et notamment de l’activité cérébrale. Mais c’est un peu simpliste, car il existe toutes sortes de morts, toutes irréversibles, sauf la « mort apparente », la seule dont on puisse revenir ; ce n’est donc pas la mort, mais seulement son apparence. Cette situation peut se rencontrer dès là la naissance (mort apparente du nouveau-né), mais aussi tout au long de la vie. Il s’agit d’un arrêt cardio-respiratoire, réversible si des mesures immédiates de réanimation sont prises.

La mort naturelle, la plus habituelle, c’est quand on meurt « de sa belle mort », de moins en moins souvent chez soi, dans son lit, comme le dit l’expression populaire, mais de plus en plus souvent à l’hôpital.

S’il existe une « belle mort », les autres façons de mourir seraient-elles laides ?

La mort peut être brutale, notamment en cas d’accident ou de catastrophe, mais aussi par maladie aiguë, comme un infarctus du myocarde ; elle peut même être violente, comme lors d’un assassinat ;  mais elle peut survenir à l’inverse de manière très progressive au terme d’une agonie souvent longue et pénible, ce que tout le monde redoute. On rappelle que le verbe qui décrit l’agonie est agoniser, et non pas agonir, qui signifie injurier.

Il existe des morts inexpliquées, des morts suspectes, qui vont déclencher une autopsie.

On peut aussi se donner la mort ; c’est le suicide, que les médecins appellent volontiers et pudiquement autolyse.

Pour mémoire, rappelons que l’expression « la petite mort » est parfois utilisée pour désigner de manière poétique l’orgasme.

Mort cérébrale

La mort cérébrale, également appelée coma dépassé, ou coma de stade IV, correspond à une absence totale et définitive de toute activité cérébrale. L’OMS la considère comme le critère médico-légal du décès.

La définition de la mort cérébrale n’est pas si ancienne que l’on pourrait le croire, puisqu’elle a été établie en 1968 par un comité scientifique américain. Cette date correspond à celle de la première transplantation cardiaque réalisée en Afrique du Sud par Christiaan Barnard. Il était nécessaire, pour prélever des organes vitaux à un patient décédé, d’avoir une définition incontestable de la mort cérébrale. Les critères retenus, notamment deux EEG réalisés à 4 heures d’intervalle et montrant un tracé plat  pendant au moins 30 min, doivent être constatés par au moins deux médecins.

Quand un individu est en état de mort cérébrale, il est alors permis de prélever ses organes vitaux pour les greffer à quelqu’un d’autre qui est maintenu en survie en attendant cette transplantation. Il est également permis d’arrêter la réanimation, ce que l’on traduit par l’expression « débrancher le patient ».

Expérience de mort imminente

Les neurosciences s’intéressent de près aux expériences de mort imminente (EMI en français, NDE en anglais, near-death experience).

Cette expression regroupe un ensemble de sensations décrites a posteriori par les personnes qui ont vécu ce type d’expérience lors d’un état de mort clinique ou de coma avancé mais réversible. Les descriptions qu’elles en font ont toutes des traits communs, comme la décorporation, le tunnel ou la lumière blanche, qui font croire aux scientifiques (pas tous cependant) à la réalité du phénomène.

Euthanasie et suicide assisté

Quand on interroge des gens, célèbres ou anonymes, sur la façon dont ils préfèreraient mourir, ils répondent le plus souvent que, puisqu’il faut bien mourir, leur idéal serait de s’endormir dans leur lit et de ne pas se réveiller. Ce serait donc, en quelque sorte, leur définition de la « bonne mort », qui est la traduction littérale du terme euthanasie, forgé à partir de deux mots grecs : eu, bien, et thanatos, la mort.

Mais ce genre de réponse suppose que l’on ne sache pas à l’avance que l’on va mourir. Or l’euthanasie consiste précisément à choisir sa mort, avant tout dans son moment, et plus accessoirement dans ses modalités.

L’euthanasie, c’est donc une forme de mort choisie. Elle se différencie du suicide dans la mesure où elle s’applique à des patients qui sont en incapacité matérielle de se suicider. Il existe cependant une modalité d’euthanasie que l’on appelle le suicide médicalement assisté. Le patient serait capable de se donner lui-même la mort,  mais demande au corps médical de l’aider à mourir selon des modalités très strictement règlementées.

L’euthanasie concerne également des patients qui ne peuvent pas exprimer ce désir, comme les malades en coma prolongé. C’est alors la famille qui prend la décision de demander au corps médical l’arrêt des mesures qui maintiennent le patient en survie, avec le risque que la famille ne se déchire, comme on a pu l’observer dans certains cas très médiatisés (l’affaire Vincent Lambert).

L’euthanasie et le suicide assisté posent de très graves problèmes éthiques, que le législateur essaie de résoudre de manière variable d’un pays à l’autre. Autrement dit, certains états légalisent  l’euthanasie, mais la plupart l’interdisent, tout en proposant des aménagements. C’est ainsi qu’en France la « loi Clayes - Leonetti » de 2016 prescrit le refus de « l’obstination déraisonnable », version politiquement correcte du classique acharnement thérapeutique ; mais elle persévère dans l’interdiction de l’euthanasie, tout en autorisant la « sédation profonde et continue », qui est une euthanasie déguisée… de 2016 » prescrit le refus de « l’obstination déraisonnable », version politiquement correcte du classique acharnement thérapeutique ; mais elle persévère dans l’interdiction de l’euthanasie, tout en autorisant la « sédation profonde et continue », qui est une euthanasie déguisée… de 2016 » prescrit le refus de « l’obstination déraisonnable », version politiquement correcte du classique acharnement thérapeutique ; mais elle persévère dans l’interdiction de l’euthanasie, tout en autorisant la « sédation profonde et continue », qui est une euthanasie déguisée…

Toutes ces questions font l’objet d’un article de cette encyclopédie.

« La mort de la mort » : le transhumanisme et le posthumanisme

Au début du XXIème siècle est apparue une nouvelle conception de la médecine, à laquelle on a donné le nom de transhumanisme, littéralement « au-delà de l’humain ».

Les tenants de cette doctrine plaident pour un changement de paradigme : le but de la médecine ne serait plus seulement thérapeutique, c’est-à-dire soigner les maladies, mais aussi « mélioratif », c’est-à-dire que l’ambition des transhumanistes est d’améliorer, d’augmenter l’espèce humaine (comme on parle de réalité augmentée), grâce aux progrès technologiques, notamment en ingénierie génétique et en intelligence artificielle.

C’est la version moderne de l’eugénisme, mot que l’on ne prononçait plus depuis la fin de la guerre du fait de ce que les nazis en avaient fait.

Certains vont même plus loin, et imaginent un posthumanisme, avec apparition d’une espèce posthumaine faite d’hybrides d’humains qui vivraient très vieux et d’ordinateurs hyperpuissants qui se substitueraient au cerveau humain dans toutes ses fonctionnalités, y compris la conscience et les émotions.

Pour les transhumanistes, la vieillesse et même la mort ne seraient plus inéluctables ; elles deviendraient des sortes de maladies curables. Les gens vivraient très vieux sans avoir à subir les inconvénients du grand âge, et pourraient même devenir immortels ! Vaste programme…

Le transhumaniste Laurent Alexandre, cofondateur du site médical Doctissimo, est un des chantres francophones du transhumanisme. Son principal ouvrage sur le sujet, paru en 2011, s’appelle « La mort de la mort », titre qui résume bien le concept transhumaniste.

L’histoire du rat-taupe nu

Il existe en Afrique de l’Est un animal extraordinaire, le rat-taupe nu (ou glabre), qui présente deux caractéristiques passionnantes pour les scientifiques : il vit très vieux, à savoir 30 ans, ce qui équivaut à 600 ans pour un humain, et il ne tombe jamais malade, au point qu’il est quasiment impossible de faire prendre chez lui une greffe tumorale.

Si un simple rat est capable de tels prodiges, alors pourquoi pas l’homme ?


Vous n'avez pas trouvé l'information recherchée dans cet article ? Consultez notre page de sites recommandés.