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Terminologie des maladies de l'appareil digestif D - H


Les maladies de l’appareil digestif sont parmi les plus fréquentes. Elles sont prises en charge par les spécialités de gastro-entérologie et de chirurgie digestive, qui possèdent, comme toutes les autres spécialités médicales, leur lexique spécifique.


En raison du grand nombre de définitions que comporte cet article, il a été divisé en quatre parties : de A à C, de D à H, de I à P et de R à Z.
Deuxième partie : de D à H.


D

1. Décompensation
On parle de décompensation pour une maladie chronique jusque là stable, et qui s’aggrave subitement. Ce terme est employé notamment en matière de cirrhose : décompensation ictéro-œdémato-ascitique quand les trois symptômes sont présents ; mais il suffit d’un seul pour parler de décompensation (œdémato-ascitique ou ictérique par exemple).

2. Défécation
La défécation désigne le fait d’expulser les matières fécales en dehors du rectum. C’est le dernier temps du transit intestinal. Aller à la selle est un strict synonyme de déféquer, ou de chier en langage populaire mais toutefois correct (on trouve ce verbe dans la correspondance de Mme de Sévigné). Il existe deux grandes positions pour la défécation : assise, habituellement avec mais parfois sans toilettes, et accroupie, comme dans des « chiottes à la turque.
La défécation est un mécanisme habituellement volontaire ; dans le cas contraire, il s’agit d’une incontinence fécale, appelée encoprésie chez le jeune enfant (l’équivalent de l’énurésie).

3. Dépistage
Le dépistage en pathologie digestive s’intéresse essentiellement au cancer colorectal, par le biais du dépistage de polypes coliques, qui sont des états précancéreux. Il passe par la recherche de sang dans les selles : dépistage de masse par le test Hémoccult,  et par la coloscopie quand ce test est positif : dépistage orienté. Quand un individu a des antécédents familiaux de cancer colorectal, le dépistage du cancer colique va directement à la coloscopie.
L’exérèse des polypes repérés par le dépistage (polypectomie endoscopique) permet la prophylaxie du cancer colorectal.
4. Diarrhée
La diarrhée est un symptôme défini par une augmentation de la quantité de selles émises, aussi bien en volume (plus de 300 mg par jour) qu’en fréquence (plus de trois selles par jour).
La diarrhée peut s’accompagner d’émission de sang : diarrhée sanglante. Une diarrhée abondante peut entraîner une déshydratation, notamment chez le nourrisson. On décrit également des « fausses diarrhées » chez les sujets constipés, ainsi que l’alternance diarrhée/constipation.
Il est des diarrhées aiguës et des diarrhées chroniques, avec des causes différentes dans les deux cas. Les diarrhées aiguës sont souvent infectieuses : gastro-entérites virales ou infectieuses en sont les causes les plus fréquentes. Parmi les autres causes fréquentes, les intoxications alimentaires, la diarrhée provoquée par une antibiothérapie déséquilibrant la flore intestinale, etc.
Les diarrhées chroniques se classent selon qu’elles s’accompagnent ou non d’un syndrome de malabsorption. Les diarrhées sans malabsorption sont classées en fonction du mécanisme d’action : diarrhée motrice, diarrhée osmotique, diarrhée  sécrétoire, diarrhée voluminogénique, entéropathie exsudative.

5. Diététique – Diététicien
La diététique est la discipline qui étudie l’ensemble des règles qui régissent l’alimentation humaine. La diététique fait partie de la nutrition, science qui a pour objet l’alimentation et ses effets sur l’être humain, notamment sa santé. La nutrition est pratiquée par des médecins nutritionnistes, tandis que la diététique est exercée par des auxiliaires paramédicaux, les diététicien(ne)s. Leur outil de base est la prescription de régimes adaptés aux problèmes médicaux posés (obésité, diabète, etc). La diététique a une dimension culturelle, et représente une norme sociale variable d’un pays à l’autre, et d’une époque à l’autre.

6. Digestion
La digestion est un processus physiologique qui se passe dans le tube digestif, et qui permet la transformation des aliments en nutriments, certains d’entre eux étant assimilables par l’organisme, d’autres pas. La digestion est assurée non seulement par le tube digestif, mais aussi par ses glandes annexes que sont les glandes salivaires, le pancréas, le foie et les voies biliaires (production et stockage de la bile). Lorsque ce mécanisme est terminé, les aliments ont été digérés ; les nutriments assimilables vont pouvoir être absorbés.

7. Dilatation
Dilatation est un terme polysémique utilisé dans de nombreux domaines scientifiques. En médecine, la dilatation s’applique à la pupille (c’est la mydriase), et à toutes les structures canalaires dont le calibre se trouve augmenté au-dessus d’un rétrécissement, comme l’uretère dilaté par un calcul dans une colique néphrétique. En gastroentérologie la dilatation peut toucher l’estomac (par sténose duodénale ou parésie gastrique), le tube digestif au-dessus d’un obstacle ou par atonie intestinale. Quand la dilatation porte sur le côlon, on parle de colectasie. Enfin les voies biliaires peuvent se dilater en amont d’un obstacle, qui peut être soit un calcul, soit une sténose tumorale (tumeur pancréatique ou des voies biliaires). Par ailleurs il est possible de dilater de manière instrumentale une sténose, comme par exemple une anastomose colorectale rétrécie. La dilatation instrumentale se fait en général par voie endoscopique, grâce à des ballonnets.

8. Diverticule – Diverticulite – Diverticulose
Un diverticule est une hernie de la muqueuse d’un organe creux qui se développe aux dépens de sa musculeuse.
La majorité des diverticules rencontrés en pathologie digestive sont situés sur le côlon, et notamment sa partie terminale appelée sigmoïde. La fréquence des diverticules sigmoïdiens augmente avec l’âge, pour devenir quasi inéluctable à 80 ans. La présence de ces diverticules définit la diverticulose. Quand un ou plusieurs diverticules s’enflamment, il s’agit alors d’une diverticulite sigmoïdienne, que l’on appelle plus volontiers sigmoïdite diverticulaire, affection particulièrement fréquente.
Il existe des diverticules en dehors du côlon : diverticule de Zenker au niveau de l’œsophage, diverticule duodénal, diverticule de Meckel au niveau du grêle. L’appendice n’est pas un diverticule.
On rencontre également des diverticules non digestifs, notamment au niveau de la vessie.

9. Dolichocôlon
Le dolichocôlon correspond à une longueur excessive du côlon. Le mégacôlon se définit par une augmentation de la largeur de l’organe. Quand les deux s’associent, on parle de dolichomégacôlon.
Le dolichocôlon peut être primitif, congénital, ou secondaire, acquis à l’occasion d’un abus de morphiniques ou d’une endocrinopathie par exemple (acromégalie). Le dolichocôlon est toujours une anomalie bénigne, mais il peut être responsable d’une constipation opiniâtre, de la constitution d’un fécalome, ou même favoriser le volvulus du cæcum ou du sigmoïde.

10. Drain – Drainage
Un drain est un dispositif médical employé dans différentes situations. En chirurgie abdominale, il est encore courant de terminer une intervention par le drainage de la cavité péritonéale vers l’extérieur. Ce drainage était fait naguère « de principe », autrement dit systématique, et actuellement seulement « de nécessité ». Le drain peut être superficiel ou profond, aspiratif (drain de Redon) ou non. On peut aussi drainer les voies biliaires dilatées par un processus pathologique  grâce à la mise en place d’un drain biliaire, ce qui peut se faire de trois façons : chirurgicale, endoscopique ou encore percutanée transhépatique.
 
11. Duodénum
Le duodénum est la partie du tube digestif située entre l’estomac et le jéjunum. Il a la forme d’un C, enchâssant de manière indissociable la tête du pancréas, et se compose de quatre segments successifs. Il débute par le bulbe duodénal, qui fait suite au pylore, sphincter inférieur de l’estomac. Le bulbe duodénal est le siège électif des ulcères duodénaux. Le deuxième duodénum est la portion verticale de l’organe. A son bord interne se trouve la papille (grande caroncule) au niveau de laquelle se jette l’ampoule de Vater, dans laquelle se terminent le canal cholédoque et le canal de Wirsung. Le duodénum se termine à l’angle de Treitz, où commence la première anse jéjunale.
Le duodénum est explorable par gastroscopie. Les voies biliaires et le canal pancréatique peuvent être explorés de manière rétrograde à partir de la papille : CPRE (cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique).

12. Dysenterie
La dysenterie est une forme particulière de diarrhée infectieuse, avec des selles aqueuses mêlées de sang et de mucus (diarrhée séro-sanglante). En fonction du micro-organisme responsable, on en décrit deux types : la shigellose et l’amœbose.  La dysenterie bactérienne (ou bacillaire) est provoquée par une bactérie du genre Shigella, de l’espèce Shigella  dysenteriae. C’est donc  une shigellose. La dysenterie amibienne, ou amibiase, actuellement appelée amœbose, est provoquée par un parasite protozoaire microscopique, Entamoeba histolytica. La dysenterie du voyageur est plus connue sous le nom imagé de « tourista ».
 
13. Dyskinésie biliaire
La définition d’une dyskinésie est celle d’un mouvement anormal. Ce terme est donc plus souvent utilisé en neurologie. En pathologie biliaire, on parle de dyskinésie biliaire pour évoquer des troubles de la contraction de la paroi vésiculaire, en dehors de toute lithiase ou cholécystite. C’est un trouble fonctionnel, responsable de manifestations dyspeptiques.

14. Dyspepsie
La dyspepsie (« mauvaise digestion ») est un ensemble mal défini de symptômes subjectifs de la région épigastrique et de l’hypochondre droit, en rapport fréquent avec les repas. L’endoscopie digestive haute permet de faire la différence entre dyspepsie fonctionnelle et dyspepsie en rapport avec une lésion organique identifiée (ulcère par exemple). Quand les troubles semblent en rapport avec une dyskinésie biliaire, on parle de dyspepsie biliaire.

15. Dysphagie – Aphagie
La dysphagie est une sensation de gêne ou de blocage ressentie au moment de la déglutition. C’est donc un symptôme subjectif. Sa forme ultime est l’aphagie : plus aucun aliment ne passe. Il faut distinguer la dysphagie d’autres sympômes, comme l’odynophagie (déglutition douloureuse), ou la sensation de « boule dans la gorge », qui porte le nom poétique de « globus hystericus ».
Habituellement, la dysphagie se manifeste d’abord pour les aliments solides, puis pour les liquides. Dans la dysphagie paradoxale, c’est l’inverse.
On décrit des dysphagies hautes, oropharyngées, et des dysphagies basses, œsophagiennes. La cause de la dysphagie œsophagienne  peut être organique (sténose bénigne ou maligne), ou fonctionnelle (achalasie du sphincter inférieur de l’œsophage. Une exploration endoscopique de la dysphagie  est indispensable, notamment pour éliminer un cancer de l’œsophage.

E

L’échographie est un examen non invasif d’imagerie, utilisant les ultrasons éventuellement couplés à l’effet doppler. En pathologie digestive, c’est un examen de base, au point de faire partie de l’examen clinique du gastroentérologue. Sa meilleure indication est représentée par l’exploration des voies biliaires. L’échographie présente l’énorme avantage d’être indolore et sans danger. Son inconvénient est d’être « opérateur dépendant », puisque c’est le médecin réalisant l’examen qui produit les images. Ce n’est donc pas un examen reproductible.

17. Echo-endoscopie
L’écho endoscopie couple une sonde d’échographie à un endoscope souple, ce qui permet de réaliser une échographie interne de la paroi du tube digestif, du pancréas et des voies biliaires. C’est un examen nécessitant un matériel sophistiqué et coûteux, que tous les gastroentérologues ne pratiquent pas. Il est réalisé en règle générale sous sédation, voire sous anesthésie générale, surtout s’il doit être couplé à un autre geste comme une sphinctérotomie endoscopique. L’écho-endoscopie est utilisée dans deux types de circonstances : pour faire un diagnostic, par exemple de calcul de la voie biliaire principale ou de cancer du pancréas (grâce aux biopsies réalisées en cours d’examen), ou pour faire le bilan d’extension d’une tumeur du tube digestif (en particulier pour le cancer du rectum).

18. Encoprésie
L’encoprésie est l’équivalent pour les selles de ce qu’est l’énurésie pour les urines, à savoir une forme d’incontinence fécale par perte involontaire des selles, sans que la personne encoprétique ne cherche à se contrôler. On la rencontre surtout chez l’enfant après 4 ans, âge auquel les mécanismes sphinctériens qui permettent la propreté sont en principe acquis ; mais on peut aussi l’observer chez l’adulte.
L’encoprésie est répertoriée dans le DSM-IV, manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, sous deux formes différentes : avec constipation et incontinence par débordement et sans constipation ni incontinence par débordement.

19. Endoscopie digestive
En pathologie digestive, l’endoscopie est l’examen de base, qui sert à explorer la muqueuse du tube digestif, depuis l’oropharynx jusqu’à l’anus. A ses débuts, l’endoscopie utilisait des tubes rigides. Mais l’arrivée des fibres optiques a permis le développement exponentiel de l’endoscopie souple, qui porte le nom générique de fibroscopie.  Actuellement, l’endoscopie est couplée à la vidéo (vidéo-endoscopie), de sorte que le gastroentérologue et son équipe suivent le déroulement de l’endoscopie sur un écran, comme les chirurgiens le font en vidéochirurgie.
Schématiquement, on distingue l’endoscopie digestive haute et l’endoscopie digestive basse.  Par le haut, on utilise un gastroscope pour étudier l’œsophage, l’estomac, le duodénum et le début du grêle. Comme les premières fibroscopies souples n’exploraient que l’estomac, certains ont gardé la fâcheuse habitude de confondre fibroscopie et gastroscopie (fibroscopie gastrique).
L’endoscopie basse étudie le rectum et le côlon, le coloscope étant introduit par l’anus. Selon le problème posé, on peut se contenter d’explorer le rectum : rectoscopie souple ou rigide, ou la partie terminale du côlon : coloscopie courte. L’étude complète du côlon est une coloscopie longue. L’anus s’explore avec un anuscope rigide. L’intestin grêle, composé du jéjunum et de l’iléon, s’explore avec un entéroscope. L’entéroscopie n’est pas de pratique courante. Le jéjunum s’explore par le haut (entéroscopie haute), et l’iléon par le bas (entéroscopie basse). L’endoscopie, quelle que soit sa modalité, est en règle générale complétée par la réalisation de biopsies.

20. Entérite
L’entérite est une inflammation de l’intestin grêle, le plus souvent d’origine infectieuse (virus), qui se manifeste par de la diarrhée. Quand la diarrhée s’associe à des vomissements, il s’agit d’une gastro-entérite.
La forme la plus grave est l’entérite nécrosante, provoquée par une bactérie, Clostridium perfringens. Il s’agit d’un bacille Gram + anaérobie, producteur d’une toxine responsable de la nécrose.
On parlait autrefois de « grippe intestinale » pour désigner l’entérite.


21. Entéroscanner
L’entéroscanner est l’examen d’imagerie médicale le plus performant actuellement pour étudier l’intestin grêle, du fait que ce segment est très difficilement abordable par endoscopie, du fait de la longueur de l’organe, et de sa situation médiane dans le tube digestif.

22. Enzymologie
L’enzymologie est la discipline biochimique qui étudie les enzymes. C’est aussi le nom que certains laboratoires de biologie donnent au dosage groupé de certaines enzymes, notamment celles qui font partie du « bilan hépatique » (phosphatases alcalines et transaminases).

23. Epiploon – Omentum
L’épiploon (prononcez « é-pi-plon ») est dénommé  « omentum » dans la nomenclature anatomique internationale. L’épiploon est une structure péritonéale, qu’il ne faut pas confondre avec les autres structures péritonéales que sont les ligaments (comme le ligament suspenseur du foie), et les mésos (comme le mésentère), dans lesquels cheminent les vaisseaux.
On décrit deux structures épiploïques : le petit épiploon, ou petit omentum, qui va de l’estomac au foie, et le grand épiploon, ou tablier épiploïque, ou encore grand omentum.
L’ablation chirurgicale du grand l’épiploon, que l’on réalise dans le traitement chirurgical de certains cancers, notamment de l’ovaire, s’appelle « omentectomie ».
Il existe une affection spécifique l’épiploon : l’infarctus du grand épiploon.

24. Estomac
L’estomac, ou poche stomacale,  est un viscère creux appartenant au tube digestif, situé entre l’œsophage et le duodénum. Il est situé dans l’épigastre, région de l’abdomen que les patients désignent en général comme l’estomac (« j’ai mal à l’estomac »). Il commence au cardia et se termine par le pylore. Il est constitué de deux parties, l’une verticale, le corps gastrique, avec le fundus, ou grosse tubérosité, à son sommet, et l’autre horizontale, l’antre gastrique.
Sa fonction est de débuter la digestion des aliments, qui sont transformés en une pâte acide appelée chyme, notamment grâce à la sécrétion gastrique d’acide chlorhydrique. L’estomac s’explore par gastroscopie.
On notera que le « c » terminal du mot estomac ne se prononce pas, et que l’adjectif associé à ce terme est « gastrique » (beaucoup plus utilisé que « stomacal »).

25. Eventration
Une éventration est une hernie de l’abdomen qui se développe sur un orifice acquis de la paroi, une cicatrice chirurgicale le plus souvent. Quant aux hernies, elles se développent toujours au niveau d’un orifice naturel. Il n’y a aucune différence entre une hernie ombilicale et une éventration ombilicale, si ce n’est la présence dans le second cas d’une intervention préalable. En particulier, la description anatomique (l’orifice, le sac, le contenu), les symptômes et l’évolutivité sont les mêmes.

26. Eviscération
Une éviscération survient dans les suites rapprochées d’une laparotomie, quand la réparation de la paroi non encore cicatrisée cède brusquement ou à bas bruit. Si la peau a tenu, l’éviscération est dite  « couverte », ce qui est un peu moins grave qu’une éviscération dans laquelle la suture cutanée a lâché, exposant à l’air libre la masse viscérale.
Lors de la réalisation d’une autopsie, le prélèvement de l’ensemble des viscères par le médecin légiste s’appelle également une éviscération.
 
27. Exogénose
En théorie, une exogénose est une intoxication par un élément exogène. En pratique, cet élément est toujours l’alcool. Exogénose est donc synonyme d’alcoolisme. L’avantage du terme est qu’il est peu connu des patients, qui n’acceptent pas toujours l’étiquette d’alcoolisme.

28. Exonération
L’exonération, c’est la défécation, autrement dit le fait d’être allé avec succès à la selle.

F

29. Fèces – Fécal – Fécaloïde – Fécalome 
Fèces est un terme employé très peu employé, et toujours au pluriel, pour désigner les selles. En revanche, on utilise beaucoup les adjectifs dérivés que sont fécal (relatif aux fèces) et fécaloïde (d’aspect fécal). Un fécalome est un bouchon de selles dures coincé dans l’ampoule rectale.
Les matières fécales sont souvent abrégées en « matières », comme dans l’expression classique « arrêt des matières et des gaz », qui doit faire évoquer une occlusion intestinale.

30. Fibres alimentaires
On appelle fibres alimentaires les parties des végétaux non transformées par la digestion. Certaines d’entre elles sont solubles dans l’eau, comme les pectines ou les mucilages, et les autres sont insolubles comme la cellulose ou la lignine. Les fibres alimentaires n’ont pas de valeur énergétique, mais elles jouent cependant un rôle très important en nutrition, en particulier pour réguler le transit intestinal. Les diététiciens sont ainsi amenés à préconiser, en fonction de la situation clinique, un régime riche en fibres ou pauvre en fibres.

31. Fibroscopie
La fibroscopie est une endoscopie réalisée avec un endoscope souple, constitué de fibres optiques. Toutes les cavités peuvent faire l’objet d’une fibroscopie, et notamment le tube digestif en gastro-entérologie. On utilise en général l’organe étudié comme racine, suivie du suffixe « scopie » : coloscopie, rectoscopie, etc… On peut aussi utiliser le nom de l’organe sous sa forme adjectivale : fibroscopie gastrique au lieu de gastroscopie. Mais on ne dit jamais fibroscopie colique. L’estomac étant historiquement le premier organe exploré par endoscopie souple, certains emploient à tort le terme de fibroscopie pour parler d’une gastroscopie, comme dans l’expression abrégée « fibro – colo » quand on réalise dans la même séance une gastroscopie et une coloscopie.

32. Fissure anale
Une fissure anale est  plaie chronique de la muqueuse anale, très douloureuse au passage des selles lors de l’exonération. Les symptômes relatifs à la fissure forment un syndrome fissuraire, fréquent en pathologie proctologique.
La fissure anale ne doit pas être confondue avec la fistule anale, avec laquelle elle n’entretient aucun autre lien qu’une certaine analogie phonétique.

33. Fistule anale
La fistule anale est une affection proctologique fréquente, qui n’est en fait que la forme chronique de l’abcès de la marge anale. Quand l’abcès se vide spontanément,  il laisse la place à un trajet fistuleux qui fait communiquer l’intérieur du canal anal (orifice primaire) à la peau périanale (orifice secondaire). L’orifice cutané laisse en général sourdre une goutte de pus par intermittence.

34. Fistule biliaire
Une fistule biliaire est un trajet anormal laissant s’écouler tout ou partie du flux biliaire soit vers l’extérieur (fistule biliaire externe), soit vers l’intérieur (fistule biliaire interne), comme une fistule cholécysto-cholédocienne, qui fait communiquer la vésicule directement avec le canal cholédoque, en court-circuitant le canal cystique, ou une fistule cholécysto-duodénale, qui met en communication directe la vésicule avec le duodénum. Il s’ensuit une aérobilie (présence d’air dans les voies biliaires), bien visible à l’imagerie médicale. Ce type de fistule peut être à l’origine d’un iléus biliaire, puisqu’un gros calcul vésiculaire peut migrer dans le duodénum et se bloquer au niveau du grêle, ce qui risque de provoquer une occlusion mécanique par obstruction.
Les fistules biliaires internes résultent en général d’un processus pathologique, tandis que les fistules biliaires externes sont habituellement provoquées par un traumatisme opératoire des voies biliaires.

35. Fistule digestive
Une fistule digestive est soit un trajet pathologique entre un segment du tube digestif et la peau (fistule colo-cutanée par exemple), soit une communication anormale entre deux segments du tube digestif (fistule duodéno-colique par exemple), ou entre un segment du tube digestif et un organe creux non digestif comme la vessie (fistule sigmoïdo-vésicale) ou  le vagin  (fistule recto-vaginale).
Les organes concernés sont nommés en fonction du flux qui circule dans la fistule (des matières fécales dans l’exemple de la fistule colo-vésicale, responsable d’une fécalurie).
La fistule anastomotique est une complication d’une désunion partielle d’une anastomose digestive. Quand la désunion est totale, cela donne une péritonite postopératoire ; quand elle est partielle, une fistule entre l’anastomose et la peau.

36. Flore intestinale – Dysbiose
On appelle flore intestinale, ou biotope intestinal, ou encore microbiote intestinal, l’ensemble des micro-organismes présents dans la lumière du grêle et du côlon. Il existe des microbiotes autres que digestifs (la peau, la bouche, le vagin…).  Avant la naissance, l’intestin du fœtus est stérile ; il commence à être colonisé par des bactéries au moment de l’accouchement. A l’âge adulte, cette flore intestinale peut représenter un poids de 2 kilos, constitués essentiellement de germes commensaux vivant dans un état d’équilibre. Il s’agit de bactéries, de virus, de parasites et de champignons non pathogènes. En cas de rupture de cet équilibre, un germe peut devenir pathogène, et déclencher une diarrhée. C’est le mécanisme qui explique la diarrhée provoquée par les antibiotiques. A l’inverse, les probiotiques sont censés renforcer le microbiote.
L’altération qualitative et fonctionnelle de la flore intestinale s’appelle la dysbiose, que l’on a tendance actuellement à incriminer dans la genèse de  certaines maladies auto-immunes ou inflammatoires.

37. Foie
Le foie est un organe digestif, également appelé  glande hépatique, qui fait partie des viscères abdominaux, et  dont l’étude constitue  l’hépatologie. Le foie est un organe vital, qui a la particularité d’être le seul organe doué d’un pouvoir de régénération (hypertrophique compensatrice du foie restant après hépatectomie partielle).
Les fonctions du foie sont multiples, et ne peuvent pas toutes être énumérées ici. La glande hépatique présente également la particularité d’être une glande mixte, à la fois exocrine (la sécrétion biliaire) et endocrine.
Le foie synthétise un certains nombre de protéines, comme les facteurs de coagulation, et intervient dans le métabolisme des glucides (fonction glycogénique du foie, découverte par Claude Bernard) et des lipides (synthèse du cholestérol).
La défaillance des fonctions du foie s’appelle l’insuffisance hépatocellulaire. Les principales maladies hépatiques sont les hépatites de toutes natures, la cirrhose et les tumeurs, primitives (hépatocarcinome) ou secondaires (métastases).

G

38. Gamma GT
La gamma-glutamyltranspeptidase ou gamma-glutamyltransférase, ou Gamma-GT (GGT), est une enzyme du groupe des aminoacyltransférases, impliquées dans le métabolisme des acides aminés. On la trouve essentiellement dans le foie, mais aussi le rein, le pancréas, l’épididyme.
Le dosage de la gamma-GT fait partie de ce que l’on appelle habituellement le bilan hépatique, ou encore l’enzymologie hépatique. En effet, on la dose rarement  de manière isolée.
L’augmentation de la gamma-GT est un signe d’intoxication alcoolique chronique, ce que, curieusement, la plupart des patients savent, même quand ils sont totalement ignorants des choses médicales. Le suivi de son taux permet de se faire une idée de la poursuite ou de l’arrêt de l’alcoolisme.
Mais avoir un taux élevé de gamma-GT ne signifie nullement que l’on est alcoolique, car il existe bien d’autres causes à cette augmentation : l’obésité et le diabète par le biais de la stéatose (« foie gras »), l’hypertriglycéridémie, la prise de certains médicaments…

39. Gastrectomie
Une gastrectomie est l’ablation de tout ou partie de l’estomac : gastrectomie totale en cas d’exérèse de la totalité de l’estomac, gastrectomie partielle dans le cas contraire. Si c’est la partie proximale qui est réséquée, il s’agit d’une gastrectomie polaire supérieure, terminée par la confection d’une anastomose œsogastrique ; si c’est la partie distale, c’est une gastrectomie subtotale, terminée par une anastomose gastroduodénale (gastrectomie pour lésion bénigne) ou gastrojéjunale (gastrectomie pour cancer).
Une raison importante faire une gastrectomie est représentée par le cancer de l’estomac, dans la mesure où il devient très rare d’opérer des ulcères. Mais, de plus en plus, on réalise des gastrectomies « en manchette », dite aussi « sleeve gastrectomy », en abrégé « la sleeve », qui est, avec le bypass, une des interventions les plus pratiquées en chirurgie bariatrique.

40. Gastrite
La gastrite est une inflammation de l’estomac, aiguë ou chronique. Il en existe différentes formes, comme la gastrite érosive, la gastrite à éosinophiles, la gastrite antrale, et de très nombreuses causes, parfois iatrogènes. Le rôle de la bactérie dénommée Helicobacter pylori est important dans la genèse de la gastrite, ainsi que celui des médicaments dits gastro-toxiques, comme les anti-inflammatoires.

41. Gastro-entérologie
La gastro-entérologie est la spécialité qui prend en charge les maladies de l’appareil digestif, et pas seulement celles de l’estomac et de l’intestin comme pourrait le laisser croire l’intitulé de cette discipline. En effet, la gastro-entérologie inclut également dans son champ d’action l’hépatologie, qui prend en charge les affections du foie, et la proctologie, celles des maladies du rectum et de l’anus. Le pendant chirurgical de cette spécialité médicale est la chirurgie viscérale et digestive.
Le gastro-entérologue dispose de deux examens complémentaires essentiels, l’échographie et l’endoscopie.

42. Gastro-entérite
La gastro-entérite est une infection du tube digestif par un micro-organisme qui peut être une bactérie (notamment le colibacille, E. Coli), responsable d’une intoxication alimentaire,  un parasite comme l’amibe (Entamoeba histolytica), mais le plus souvent (plus de 2/3 des cas) un virus (notamment les rotavirus, responsables de la gastro-entérite infantile). La gastro-entérite associe en général diarrhée et vomissements.
La gastro-entérite virale est souvent appelée, à tort, « grippe intestinale » (le virus de la grippe n’y est pour rien). La gastro-entérite à rotavirus évolue habituellement par épidémies hivernales, souvent concomitantes de l’épidémie de grippe et de bronchiolite. C’est donc un problème important de santé publique.

43. Gastroscopie
La gastroscopie est l’autre nom de la fibroscopie gastrique. Autrement dit, c’est l’exploration endoscopique de l’œsophage, de l’estomac et du duodénum. Elle s’accompagne souvent de la réalisation de biopsies.

44. Gastrostomie
Il ne faut pas confondre gastrostomie, abouchement de l’estomac à la peau, et gastrotomie, ouverture chirurgicale de l’estomac. La gastrostomie est utilisée pour alimenter au long cours certains patients qui ne peuvent plus se nourrir par la bouche, quelque soit la cause de cette impossibilité.  La sonde de gastrostomie est, la plupart du temps, posée par un gastroentérologue lors d’une gastroscopie : c’est la gastrostomie per-endoscopique, ou GPE. La sonde doit être changée régulièrement. Il devient exceptionnel de réaliser une gastrostomie par voie chirurgicale.

45. Gaz
On trouve naturellement dans l’intestin des gaz qui s’éliminent  par l’anus, sous forme de pets, également appelés « vents ». Ces gaz ont deux origines : les gaz exogènes résultent de l’air avalé ; les gaz endogènes sont dus à la fermentation bactérienne de  certains aliments dans le côlon. Tout le monde connaît des aliments dont la digestion favorise la production de gaz, comme les haricots (plus précisément les flageolets). L’intolérance au lactose est aussi une source de production excessive de gaz.
L’émission de gaz est physiologique. Elle pose problème, notamment dans la vie sociale,  lorsqu’elle est excessive ou, au contraire, difficile. L’émission excessive de gaz par l’anus est désignée par le vocable de « flatulence » ; l’ « éructation » (les rots, ou renvois) correspond à l’émission de gaz par la bouche ; quand les gaz ont du mal à s’extérioriser, on parle alors de « météorisme », ou de « ballonnement ».
Tous ces symptômes sont interprétés par les patients qui en souffrent comme des signes de « mauvaise digestion ». Le météorisme peut être en rapport avec une occlusion intestinale ; il s’accompagne alors du classique « arrêt des matières et des gaz ».

46. GIST
GIST est l’acronyme de l’expression anglaise Gastro Intestinal Stromal Tumor, que l’on appelle en français tumeurs stromales digestives. Un GIST est une tumeur mésenchymateuse maligne, appartenant au groupe des sarcomes.
Son pronostic, autrefois très sombre en raison de sa résistance aux chimiothérapies habituelles,  a été révolutionné par un produit appelé Glivec ® ou Imatinib, inhibiteur de l’enzyme appelée tyrosine kinase. Le traitement des GIST non métastatiques repose sur la chirurgie d’exérèse carcinologique.

H

55. Hépatologie
-L’hépatologie est la discipline médicale qui prend en charge les maladies du foie et des voies biliaires, ainsi que certaines affections spléniques (de la rate). L’hépatologie clinique, celle qui prend en charge les affections hépatobiliaires, est une branche de la gastro-entérologie, d’autant que le traitement de certaines affections biliaires relève de la gastro-entérologie interventionnelle (sphinctérotomie endoscopique pour lithiase biliaire). Mais du fait des nombreuses fonctions métaboliques du foie, l’hépatologie est également une discipline fortement biologique, dans laquelle l’anatomo-pathologie joue un rôle essentiel. Le pendant chirurgical de l’hépatologie est la chirurgie hépatique, transplantation comprise.

56. Hépatomégalie
L’hépatomégalie désigne une augmentation de volume du foie, que cette augmentation porte sur l’ensemble du foie ou sur une partie seulement, en général l’un des deux lobes. Elle peut être régulière (foie homogène) ou nodulaire (foie hétérogène). Elle peut s’associer à une splénomégalie (augmentation du volume de la rate) : hépato-splénomégalie. Son contraire est l’atrophie hépatique.
L’hépatomégalie se reconnaît par l’examen clinique, et se mesure par l’imagerie.
La plupart des hépatopathies (maladies hépatiques) peuvent s’accompagner d’une hépatomégalie.
57. Hépatopathie
Hépatopathie est un terme générique pour désigner les affections du foie, aiguës ou chroniques. Elles sont le domaine d’application de l’hépatologie.

58. Hernie hiatale
La hernie hiatale ne porte pas bien son nom, car elle ne correspond pas tout-à-fait aux critères anatomiques habituels d’une hernie, en l’absence de sac péritonéal. L’adjectif  hiatal fait référence au hiatus œsophagien, qui est l’orifice diaphragmatique  au niveau duquel l’œsophage, organe thoracique, vient s’aboucher dans  l’estomac, organe abdominal (précisément au niveau du cardia). La région hiatale est le siège du sphincter inférieur de l’œsophage, qui évite le reflux gastro-œsophagien quand il est compétent (efficace). 
Il existe deux types de hernie hiatale : la hernie par glissement, de loin la plus fréquente ; la jonction cardio-œsophagienne remonte dans le thorax, ce qui est générateur de reflux gastro-oesophagien. La hernie par roulement, dans laquelle la jonction est en place, et une partie plus ou moins importante de la grosse tubérosité dans le thorax ; le risque est celui d’un volvulus de l’estomac hernié dans le thorax.

59. Hydrocholécyste
L’hydrocholécyste est une distension brutale de la vésicule biliaire, en rapport avec une obstruction du canal cystique, habituellement de nature lithiasique (hydrocholécyste lithiasique).
Le blocage du canal cystique a deux conséquences : la bile cholédocienne ne peut plus refluer vers la vésicule biliaire (dont la fonction est de servir de réservoir de stockage de la bile) ; le mucus fabriqué par la muqueuse vésiculaire ne peut plus s’évacuer, ce qui provoque la distension de l’organe. La vésicule distendue est donc remplie de mucus, que l’on appelle à tort « bile blanche ».
Cette vésicule distendue risque fortement de s’infecter, ce qui donne lieu à une cholécystite.

60. Hypertension portale
De même que pour la tension artérielle, qui est en fait une pression, il serait plus correct de parler d’hyperpression portale, puisqu’il s’agit d’une augmentation de la pression veineuse dans le système porte. Celui-ci est le système veineux qui draine l’essentiel du retour veineux du tube digestif. Il est formé de trois veines principales (mésentérique supérieure, mésentérique inférieure et splénique) qui se réunissent pour former la veine (ou tronc) porte, qui émet deux branches, l’une pour le foie droit, l’autre pour le foie gauche. Les divisions successives des branches portales aboutissent aux capillaires sinusoïdes, au niveau desquels se font les échanges métaboliques avec les hépatocytes. Le système de retour aboutit à la constitution des veines sus-hépatiques, qui se jettent dans la veine cave supérieure. Il s’agit donc d’un système dans lequel ne circule que du sang veineux.
L’hypertension portale est définie par une pression supérieure à 15 mm de mercure (15 mm Hg) dans le tronc porte, ou par un gradient de pression porto-cave supérieur à 5 mm Hg. Cette hyperpression est provoquée par un blocage veineux au niveau d’un foie atteint par une cirrhose, quelle qu’en soit la cause. Il s’ensuit un contournement de l’obstacle hépatique sous forme d’anastomoses porto-caves spontanées que sont les varices œsophagiennes, dont le risque évolutif essentiel est la rupture, responsable de graves hémorragies digestives. Les deux autres conséquences de l’hypertension portale sont la présence d’une ascite et d’une splénomégalie. L’hypertension portale est donc la principale conséquence physiologique de la cirrhose.

 

 

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