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Actuellement, humeur et thymie sont des termes appartenant au vocabulaire de la psychologie ou de la psychiatrie.

Humeur / Thymie

Actuellement, humeur et thymie sont des termes appartenant au vocabulaire de la psychologie ou de la psychiatrie. Mais cela n’a pas toujours été le cas.


Humeur est plutôt un mot du vocabulaire quotidien non spécialisé, alors que thymie est un terme technique, peu connu du grand public. Mais ce sont des synonymes stricts.


Humeur

Originellement, une humeur désignait toute substance liquide présente dans l’organisme. Ce sens est vieilli, et ne persiste plus que pour désigner le corps vitré (ou corps hyalin) de l’œil, qui porte également le nom d’humeur vitrée, toujours utilisé en ophtalmologie. L’étymologie est latine, humor désignant un liquide. On retrouve cette origine dans l’adjectif humide.
Actuellement, l’humeur désigne, dans le langage courant, une disposition d’esprit, un état d’âme, agréable ou désagréable. On peut aussi dire que l’humeur oscille constamment entre optimisme et pessimisme quand elle est changeante, à moins qu’elle ne soit égale, c’est-à-dire stable. L’humeur peut être bonne, gaie, enjouée, badine, guillerette, ou mauvaise, détestable, exécrable, voire « de chien » ou « de dogue » ; elle peut aussi être  changeante, versatile, ou encore faire l’objet d’une incompatibilité… L’humeur ne doit pas être confondue avec les émotions.
Dans le langage de la psychologie et de la psychiatrie, on parle parfois d’humeur labile pour désigner un caractère instable, et de troubles de l’humeur pour qualifier la dépression ou les troubles bipolaires. Mais, dans cette acception purement médicale, thymie est plus employé qu’humeur.

Théorie des humeurs

Pendant plus de 2000 ans, d’Aristote et Hippocrate jusqu’à XIXème siècle, nous avons cru que notre tempérament dépendait de l’état de nos humeurs, qui étaient au nombre de quatre : le sang, la lymphe, la bile jaune et la bile noire. Les individus étaient donc de tempérament sanguin, lymphatique, bilieux ou atrabilaire (à l’humeur noire). On notera que, de ces quatre humeurs, trois correspondaient à des liquides physiologiques bien réels, le dernier, l’atrabile, étant une pure création de l’esprit des Anciens.
Dans cette conception, les humeurs pouvaient être altérées, viciées, malignes, peccantes (j’aime beaucoup cet adjectif tombé en désuétude), ce qui expliquait les différentes maladies. Et, pour évacuer ces humeurs supposées mauvaises, le recours à la saignée et à la purgation (le lavement administré par un clystère) étaient  à peu près les seuls « traitements » connus.
On sait depuis longtemps que cette théorie humorale popularisée par Hippocrate est complètement erronée, ce qui n’empêche pas certaines personnes (et j’en connais personnellement) de prendre l’expression « se faire de la bile » au pied de la lettre, et d’imaginer que leur foie ou leur vésicule s’activent lorsqu’elles subissent une contrariété. Par ailleurs, on continue à traiter une personne un peu mollassonne de « lymphatique », et un individu  colérique de « sanguin », ayant « le sang chaud ». Les idées fausses (de même que les fameuses « fake news ») ont décidemment la vie dure !

Thymie

L’étymologie de ce terme est grecque : thumós, c’est le souffle, l’âme, le désir…
On le rappelle, thymie et humeur sont des synonymes stricts, le premier étant un terme d’usage plus nettement médical que le second.
Les troubles de la thymie (ou troubles affectifs, ou encore troubles de l’humeur)  sont qualifiés  de dysthymies. Ils incluent les états dépressifs, les troubles bipolaires (parfois qualifiés de cyclothymie), ainsi que les troubles provoqués par une maladie ou par une substance. Quand la thymie est jugée satisfaisante, on parle d’euthymie, que l’on peut résumer par la belle expression de tranquillité d’esprit.
Les médicaments qui servent à combattre les troubles de la thymie s’appellent, au choix, régulateurs ou stabilisants de l’humeur, ou encore thymorégulateurs. Le plus utilisé d’entre eux est le lithium.
Parmi les autres troubles de la thymie, on peut évoquer l’alexithymie, qui est une difficulté à identifier et à exprimer les émotions, celles du patient ou celles des autres, que l’on rencontre fréquemment dans les troubles du spectre autistique.

Lipothymie

La lipothymie est un malaise d’installation progressive non accompagné d’une perte de connaissance. C’est un symptôme qui est plus connu dans le langage populaire sous le nom de malaise, de vertige, d’évanouissement ou encore de « vapeurs », comme on le disait autrefois en parlant des femmes élégantes qui « tombaient en pâmoison ». On emploie toujours l’expression « être dans les vaps », ce qui est nettement moins distingué que le fait « d’avoir ses vapeurs ».
Quand un malaise est accompagné d’une perte de connaissance immédiate et brève, il s’agit d’une syncope.
Comme on peut le constater, la lipothymie n’a rien en commun avec la thymie, pas plus que le thymus dont nous allons dire un mot.

Thymus

Le thymus est un organe situé dans le médiastin (partie du thorax située en arrière de la partie supérieure du sternum), qui joue un rôle important dans la mise en place de l’immunité chez l’enfant, notamment au moment de la puberté, période pendant laquelle il est au summum de sa taille et de son activité, ainsi que dans l’apparition de phénomènes pathologiques d’auto-immunité chez l’adulte, période où il est censé avoir involué.
En boucherie, le thymus s’appelle « ris » (de veau ou d’agneau).
Le thymus et la thymie n’ont rien en commun, si ce n’est leur adjectif dérivé, thymique, et leur étymologie, thumós, ayant ici le sens d’une excroissance charnue.

Article publié le 14 janvier 2019

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