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La maladie, les médecins et moi
Le parcours d'un patient

A

Acronyme : sigle qui se prononce de manière syllabique : SIDA est un acronyme, mais pas VIH, le virus qui en est responsable ; ALD non plus, mais beaucoup de gens, médecins compris, emploient  le mot acronyme en pensant qu’il est synonyme de sigle.

Adénocarcinome : variété histologique la plus fréquente de cancer. Carcinome est synonyme de cancer, et le préfixe « adéno » (glande) indique que l’origine  de ce carcinome cancer se situe dans les glandes de la muqueuse de l’organe.

Agonie : les derniers moments d’un être humain, ceux qui précèdent sa mort. Le verbe associé est agoniser, et non pas agonir (injurier).

Ambulatoire : modalité d’hospitalisation qui ne comporte qu’une journée  de 12 heures maximum passée en établissement de soins. L’essentiel des actes de gastro-entérologie est réalisé en ambulatoire ; les actes de chirurgie de plus en plus souvent (chirurgie ambulatoire). Abrégé : ambu.

Ana-path : abréviation d’anatomo-pathologie (on peut dire aussi anatomie pathologique). S’applique pour parler aussi bien d’un examen, de la spécialité médicale ou du médecin qui l’exerce.

Anesthésie/Analgésie : l’anesthésie, c’est, stricto sensu, la perte de sensations, et l’analgésie la disparition de la douleur. Toute anesthésie, qu’elle qu’en soit la modalité, vise avant tout à l’analgésie temporaire permettant la réalisation d’un acte potentiellement douloureux. L’anesthésie peut être locale, locorégionale ou générale (les patients disent volontiers anesthésie totale).

Annonce : les maladies graves et les « dommages associés aux soins » dont un patient a été victime doivent être annoncés de manière protocolaire. Pour le cancer, le diagnostic est annoncé par le médecin qui l’a posé. Ce diagnostic et tout ce qui en découle seront ensuite détaillés lors d’une consultation infirmière spécialisée, appelée « consultation d’annonce ».

Auscultation : contrairement à un usage fautif très répandu, ausculter n’est pas

synonyme d’examiner. L’auscultation consiste à écouter, à l’aide d’un stéthoscope, les bruits générés par le fonctionnement de certains organes comme le cœur ou les poumons.

B

Bénin/Malin : s’oppose à malin quand on parle d’une tumeur, malin étant synonyme de cancéreux. Attention au féminin : bénigne, maligne.

Bilan d’extension : ensemble des examens, essentiellement d’imagerie médicale, qui permettent de connaître le stade clinique d’un cancer avant d’entreprendre son traitement.

Biopsie : prélèvement d’un fragment d’une lésion en vue d’un diagnostic anatomo-pathologique.

C

Cancéreux : atteint du cancer quand il s’agit d’un patient ; qui est un cancer, quand on parle d’une lésion. Les patients confondent souvent cancéreux et cancérigène qui signifie susceptible de provoquer le cancer ; le tabac est cancérigène (ou cancérogène).

Carcinologie : synonyme de cancérologie.

Chimiothérapie : abréviation de chimiothérapie anticancéreuse. Ce terme désigne l’ensemble des médicaments destinés à lutter contre le cancer.

Chronique : s’oppose à aigu. Une maladie peut être chronique d’emblée, comme le cancer, ou succéder à une maladie aiguë qui n’a pas guéri, comme l’hépatite virale. On parle alors de passage à la chronicité. Certaines maladies chroniques, comme le cancer, peuvent guérir, d’autres pas, comme le diabète.

CHU/CHRU : Centre hospitalier universitaire. Il s’agit d’hôpitaux implantés dans des métropoles régionales (CHRU), adossés  à une faculté de médecine.

Cœlioscopie : Voie d’abord dite mini-invasive, permettant de réaliser des interventions abdominales avec de petits trous, dont l’un pour la caméra. Ce terme est à réserver à la chirurgie de la cavité péritonéale (la cavité cœliaque).

Colectomie cœlioscopique: résection du côlon par voie cœlioscopique. La colectomie pour cancer doit respecter les règles de la chirurgie dite carcinologique.

Coloscopie : examen du côlon réalisé à l’aide d’un endoscope souple, le coloscope. Souvent abrégé en « colo ».

Compérage : entente illégale entre deux médecins pour tirer bénéfice de l’adressage d’un patient de l’un à l’autre.

Complication : évènement non prévu (mais néanmoins prévisible) survenant en cours d’intervention, ou à son décours, dont on sait qu’il peut survenir, et que l’on cherche absolument à éviter. Ce terme s’emploie également pour les formes sévères de certaines affections (appendicite compliquée d’une péritonite par exemple).

Confrère : membre d’une confrérie professionnelle. Les médecins sont tous confrères entre eux, mais ne le sont pas des pharmaciens, par exemple. Ils doivent respecter entre eux la confraternité, telle qu’elle est définie par le Code de déontologie. Une femme médecin est un confrère, ou une consœur  si l’on tient à la féminisation des fonctions.

Consentement éclairé : document que l’on fait signer à un patient pour attester, en cas de besoin, qu’il a accepté l’acte qui lui a été proposé en toute connaissance des bénéfices attendus et des risques encourus. Le consentement est « éclairé » par les explications données par le médecin, que ces explications soit orales, écrites, ou les deux à la fois.

Conversion : transformation peropératoire d’une cœlioscopie en laparotomie, en raison d’une difficulté imprévue qui rendrait dangereuse la poursuite du geste en cœlioscopie.

Correspondant : notion qui fonctionne dans les deux sens : le spécialiste à qui un généraliste adresse un patient est le correspondant du généraliste ; tous les généralistes qui adressent des patients à un spécialiste sont les correspondants de ce dernier.

D

Déni : le déni de réalité consiste à ne pas vouloir, de manière non consciente, admettre un diagnostic ou une situation. Le déni fait également partie des phases du deuil. Le plus spectaculaire des dénis est le déni de grossesse.

Dépassement (ou complément) d’honoraires : les médecins exerçant dans le secteur dit à honoraires libres de la Convention médicale (secteur 2) sont autorisés à demander à leurs patients des honoraires en plus de ceux prévus et remboursés par l’Assurance maladie. Ils en fixent librement le montant, qui doit être connu à l’avance par le patient (affichage en salle d’attente).

Dépistage : vise à faire le diagnostic le plus précoce possible d’une maladie existante. On distingue le dépistage de masse, qui s’adresse à tous les sujets à risque, et le dépistage individuel, pour les patients qui ont des antécédents familiaux de la maladie en question. Ne pas confondre avec prévention (prophylaxie), qui consiste à essayer d’empêcher l’apparition d’une maladie.

Dessous de table : pratique illégale, et pas seulement en médecine, qui consiste à demander une partie des honoraires en liquide, pour échapper à l’impôt.

Diagnostic : le diagnostic est à la fois une démarche médicale, visant à identifier la maladie dont souffre un patient, et le résultat de cette démarche. On diagnostique des maladies, mais pas des malades. Dire, comme on l’entend souvent, « on l’a diagnostiqué autiste » est une expression inadéquate. « On lui a diagnostiqué un autisme » est la bonne formulation.

L’adjectif relié est diagnostique, au masculin comme au féminin.

Dysplasie : en histologie, la dysplasie est une altération acquise d’un tissu à renouvellement rapide, qui peut évoluer vers le cancer.

E

Endoscopie : exploration du versant interne du tube digestif à l’aide d’un fibroscope. Les deux modalités essentielles sont la gastroscopie (endoscopie haute) et la coloscopie (endoscopie basse).

Epistémologie : branche de la philosophie qui s’intéresse aux sciences. 

Expert : le mot est employé ici dans son sens courant de personne qui détient une expertise, un savoir. Il ne s’agit pas du titulaire d’un diplôme d’expertise médicale.

G

Gastro-entérologue : spécialiste des maladies digestives. Souvent abrégé en « gastro », diminutif également utilisé pour la gastro-entérite (la gastro).

Gazier : surnom familier des anesthésistes, qui manipulent des gaz médicaux.

Guérison : une des modalités évolutives d’une maladie. Par convention, pour le cancer, on ne parle de guérison que cinq ans après le dernier évènement lié au cancer. Avant cinq ans, s’il n’y a pas de trace de maladie, on parle de rémission.

H

Hémorroïdes : les hémorroïdes sont des organes normaux, situés dans le canal anal, source fréquente de symptômes divers. Hémorroïdes est, avec ganglion,  un des seuls mots du vocabulaire médical qui désigne à la fois un organe normal et la maladie de cette organe.

Héréditaire vs congénital : est héréditaire ce qui est transmis par les gènes. Est congénital ce qui existe à la naissance. Les maladies congénitales sont souvent héréditaires, mais pas nécessairement.

Histologie : étude des tissus au microscope, alors que la cytologie est l’étude des cellules. Histologie et cytologie font partie de l’anatomie pathologique, encore appelée anatomo-pathologie. Abrégé : l’histo.

Hypnose : activation, à l’aide d’une « transe », de la conscience virtuelle, utilisée à des fins médicales dans l’hypnose éricksonienne (du nom de son promoteur, l’américain Milton Erickson). La conscience virtuelle s’oppose à la conscience critique.

Hypochondrie : l’hypocondrie, ou trouble hypocondriaque, est un syndrome qui amène le patient qui en souffre à se croire gravement malade au moindre symptôme. Molière l’a très bien décrit dans son Malade imaginaire.

I

Imagerie médicale : nom actuel de la radiologie. Mais les spécialistes d’imagerie médicale restent des radiologues.

L

Laparotomie : ouverture de l’abdomen en vue de réaliser une intervention chirurgicale.

Libéral : un médecin libéral est payé à l’acte, contrairement à un médecin hospitalier, salarié de l’hôpital dans lequel il exerce.

M

Médecines alternatives : une des dénominations possibles des médecines non conventionnelles. On parle également de médecines complémentaires, de médecines douces, ou encore de médecines parallèles.

Mutuelle : on dit également « complémentaire santé ». Il s’agit d’organismes auxquels on cotise volontairement, pour améliorer le remboursement des soins de santé.

P

Polype : formation développée dans la lumière d’un organe creux, à partir de sa muqueuse. Les polypes du côlon et du rectum font le lit du cancer colorectal. Les polypes sont le plus souvent pédiculés (ils possèdent un pies), sinon ils sont sessiles (à large base d’implantation).

Polypectomie endoscopique : résection d’un polype lors d’une coloscopie. Quand le polype ne possède pas de pied, mais une base d’implantation large, il s’agit d’une mucosectomie endoscopique.

Préparation colique : Technique qui consiste à laver l’ensemble du côlon pour que le gastro-entérologue puisse travailler sur un côlon propre, de manière à ne pas passer à côté d’une lésion. Elle peut se faire à l’aide de purges et/ou de lavements.

Professeur : spécialiste qui a une double casquette, hospitalière et universitaire. Professeur est un titre, que l’on garde pendant le reste de sa vie. Le nom actuel est PU-PH (professeur des universités-praticien hospitalier).

Pronostic : contrairement au diagnostic, le pronostic est une prévision (mais pas une prédiction) sur l’évolution d’une maladie ou d’un patient. On entend souvent l’expression consacrée « le pronostic vital est engagé », quand un patient est en danger de mort.

Prophylaxie : synonyme de prévention. La chimiothérapie prophylactique a l’ambition de limiter le risque de métastases après le traitement chirurgical d’une tumeur maligne.

R

Récidive : réapparition de la même maladie après un « intervalle libre ».

A différencier des métastases. Autre terme technique, peu employé : « rédux ».

Rectorragie : présence de sang rouge dans les selles, témoignant a priori d’une hémorragie digestive de cause « basse », c’est-à-dire colique ou rectale.

Régime sans résidus : Régime qui met le côlon au repas en ne fabriquant qu’un minimum de selles, autrement dit le moins de résidus possible.

Résection : synonyme d’ablation, ou encore d’exérèse.

Rétablissement de continuité : après résection d’un segment du tube digestif, le chirurgien se retrouve avec deux extrémités qu’il va devoir raccorder par une anastomose, ce qui rétablit la continuité de l’organe opéré. Dans certaines circonstances, cette anastomose va être protégée par l’abouchement  à la peau d’un segment intestinal sus-jacent, qui court-circuite provisoirement la suture digestive.

Réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) : Réunion régulière des différents acteurs de la cancérologie clinique pour discuter des dossiers de patients cancéreux et proposer des plans thérapeutiques. Le passage d’un dossier de patient cancéreux en RCP est une obligation médico-légale. 

Risque/Chance : en statistiques, un risque est la probabilité qu’un évènement prévisible survienne. Si cet évènement est bénéfique, le risque peut être appelé « chance ».

S

Scanner corps entier : le scanner est un examen d’imagerie médicale qui utilise les rayons X. On peut faire des scanners ciblés sur une partie de l’organisme (scanner cérébral), ou de l’ensemble du corps (scanner corps entier).

Score ASA : score universellement utilisé par les anesthésistes pour quantifier le risque anesthésique d’un patient. ASA signifie American Society of Anesthesiology.

Secteur privé : les praticiens hospitaliers peuvent bénéficier, sous certaines conditions d’utilisation, d’un secteur privé, dans lequel ils reçoivent des honoraires de leurs patients. Certains dépassements d’honoraires de secteur privé hospitalier sont nettement plus élevés que ceux qui sont pratiqués par les praticiens libéraux exerçant en clinique privée.

Sens clinique : capacité d’un médecin à relier entre eux les symptômes du patient pour aboutir à un diagnostic. On pourrait rapprocher cette qualité de l’intuition.

Société savante : chaque spécialité médicale dispose d’une société savante, destinée, entre autres, à organiser des congrès dans la spécialité en question ou à édicter des règles de bonne pratique. Une des plus connues est la SFAR, Société française d’anesthésie-réanimation, qui rédige et diffuse tous les protocoles d’antibioprophylaxie en chirurgie.

Soins palliatifs : palliatif est l’antonyme de curatif. Les soins palliatifs commencent donc là où les soins à prétention curative s’arrêtent. Les soins palliatifs ont pour but de rendre le moins inconfortable possible la fin de vie, d’où le nom de « soins de confort » qu’on leur donne également.

Stade : pour le cancer, il peut s’agir d’un stade clinique (localisé, locorégional ou généralisé), ou d’un stade histologique (classification TNM). Le pronostic, et donc les modalités thérapeutiques, dépendent du stade de la maladie. Pour le cancer, le principal critère de pronostic est la présence d’un envahissement ganglionnaire (stade histologique).

Stomie de décharge/Poche : abouchement à la peau d’un segment digestif sus-jacent à une anastomose, pour que celle-ci puisse cicatriser dans les meilleures conditions possibles. Les patients parlent volontiers de « poche ».

Symptôme/Syndrome : un symptôme, ou signe, peut être objectif, constaté par le patient et confirmé par le médecin (une rectorragie), ou subjectif, ressenti par le patient (une douleur). Un ensemble cohérent de symptômes est un syndrome.

T

Terminologie : ensemble des termes techniques employés dans une discipline technique ou scientifique. La terminologie médicale est l’une des plus complexes. Les termes techniques médicaux sont destinés à être employés par les médecins pour les médecins, mais le commun des mortels y est confronté par nécessité.

Terrain : synonyme d’état général, ou encore de morbidité.

Ticket modérateur : part des honoraires médicaux ou du prix d’un médicament qui  reste à la charge du patient, ou de sa complémentaire santé s’il en a une. On parle également de « reste à charge ». Pour une consultation médicale, le ticket modérateur est de 30% du prix de la consultation. Il n’y a pas de ticket modérateur pour les actes techniques, comme l’endoscopie ou la chirurgie, pris en charge intégralement par l’Assurance maladie.

Tumeur : terme assez générique qui s’applique aussi bien à une lésion bénigne comme un polype qu’à une lésion maligne comme un cancer. Cependant, le mot tumeur est souvent employé comme synonyme de cancer, comme c’est le cas ici.